2009

Une exoplanète encore plus légère - Les astronomes de l'UNIGE prennent dans leur filet une planète extrasolaire de très faible masse

L’arrivée de la prof. Rajna Gibson à l'Université de Genève (UNIGE), à la rentrée 2008, a donné un nouvel élan à la recherche genevoise en finance. Avec la création de son Finance Research Institute, l’UNIGE franchit aujourd’hui une étape décisive dans sa volonté de réaliser un pôle d’excellence sur le thème «finance et société». Parrainé par «Genève Place financière», cet institut fait aussi bien écho à l’importance de la place financière genevoise, qu’à la crise que traverse le domaine à l’échelle internationale. De conception pluridisciplinaire, l’Institut de l’UNIGE entend se développer sur deux axes prioritaires: la gestion de portefeuille et la gouvernance d’entreprise et réglementation.

En créant son Finance Research Institute, l’UNIGE met aujourd’hui sur pied une structure pluridisciplinaire entièrement dédiée à la recherche et à la formation approfondie sur les questions de «finance et société». Soutenu par «Genève Place financière», cet Institut concrétise le dessein du rectorat de donner un élan nouveau à la recherche en finance, essor qui aura notamment été rendu possible par l’arrivée à l’UNIGE, en septembre 2008, de la prof. Rajna Gibson, sommité internationale dans le domaine de l’analyse des risques financiers et directrice du Pôle de recherche national en finance FINRISK.

Un pôle d’excellence en finance
Le Finance Research Institute nouvellement créé a pour objectif prioritaire de devenir un centre de recherche et de formation de référence, spécialisé dans deux domaines: la gestion de portefeuille (portfolio management) et la gouvernance d’entreprise. Ce faisant, il entend tenir compte des spécificités de la place financière genevoise, d’une part, et des préoccupations de la société pour les questions financières, d’autre part.

«En fonction de ces axes, nous allons nous intéresser à un large spectre de questions, explique la prof. Rajna Gibson, directrice de l’Institut. Elles toucheront notamment la gestion de patrimoine, l’évaluation des actifs financiers, les produits alternatifs, la finance expérimentale et comportementale ou la microstructure des marchés financiers et leur réglementation. On pourra par exemple se demander si la rémunération des dirigeants sous forme de stock options ou d’actions produit des effets indirects sur la collectivité. Si l’honnêteté des dirigeants peut affecter significativement la gouvernance d’entreprise? Ou quelles sont les limites de nos modèles de gestion des risques au vu de la crise financière actuelle et comment peut-on les améliorer?»

Attirer les talents
Le développement de l’Institut va notamment s’appuyer sur une politique de recrutement très sélective. «Pour conférer une stature internationale à notre Institut, il nous faut recruter des chercheurs de haut niveau, précise le prof. Yves Flückiger. Or, grâce à nos réseaux de collaboration ainsi qu’au soutien de Genève Place financière, l’Institut va pouvoir attirer des personnalités de renom dans le domaine de la finance. D’ici trois à cinq ans, notre objectif en termes d’effectifs serait ainsi de passer de douze à au moins seize professeurs.»

Selon Steve Bernard, directeur de «Genève Place financière», «le rectorat de l'Université se montre déterminé à faire de la finance une des filières stratégiques de son développement ; nous ne pouvons que le soutenir et accueillir avec enthousiasme cette manifestation d'une intention si longtemps espérée, qui permettra de renforcer les liens entre l'Académie et la cité.»

En outre, l’Institut va également intensifier ses collaborations avec le monde académique international de la finance, la place financière genevoise et les institutions suisses actives dans la formation et la recherche en finance avec, en particulier, le Pôle de recherche FINRISK et le Swiss Finance Institute (SFI). Au plan de la formation, il représentera la branche genevoise du master en finance proposé conjointement par les universités de Genève, Lausanne et Neuchâtel. Quant à la formation doctorale, il misera sur ses synergies avec le SFI en participant au programme que ce dernier chapeaute au niveau national.

Au carrefour des savoirs
Structurellement interfacultaire, l’Institut se situe à la croisée entre les facultés de sciences économiques et sociales, droit, psychologie et sciences de l’éducation. A ce titre, il comptera sur l’apport précieux des chercheurs issus du Centre de droit bancaire et financier de l’UNIGE et du Pôle de recherche national en Sciences affectives.

L’Institut se veut enfin le véhicule privilégié de transfert de connaissances en matière de finance à destination de la cité. A ce titre, il ambitionne d’organiser des séminaires, des conférences, des débats et toutes autres activités susceptibles de promouvoir le fruit de ses recherches. Qui plus est, pour Steve Bernard, «la présence d’un tel Institut à Genève est aussi réjouissante pour l'avenir des métiers liés à l'économie et la finance que pour leurs enseignements.»

Au plan administratif, outre sa direction, l’Institut comprend un Conseil composé au minimum de huit membres, dont quatre externes à l’UNIGE. Il a pour but de superviser le bon développement des activités de recherche et d’enseignement et de s’assurer que celles-ci sont conformes aux exigences de qualité que l’Institut s’est fixées. Parmi les personnalités qui ont d’ores et déjà annoncé leur participation à ce Conseil figurent notamment Claudio Loderer, de l’Université de Berne, et Josef Zechnerer, de l’Université de Vienne.

Contacts: La prof. Rajna Gibson au 022 379 89 83 ; prof. Yves Flückiger au 022 379 75 22; prof. Luc Thévenoz au 022 379 86 54; M. Steve Bernard au 022 849 19 19

Le prof. Michel Mayor et ses collègues viennent de repérer la planète extrasolaire la plus légère jamais identifiée. Celle qui s’appelle « Gliese 581 e » a une masse qui avoisine deux fois celle de la Terre. Les chercheurs ont aussi affiné le calcul de la trajectoire orbitale de « Gliese 581 d » : ils peuvent à présent situer avec certitude cette autre exoplanète à l’intérieur de la zone habitable de son étoile-hôte, c’est-à-dire dans la région où l’eau peut exister à l’état liquide. Plus de cinq années passées à scruter les cieux, au moyen du détecteur d’exoplanètes de faibles masses les plus précis qui soit, débouchent sur ces découvertes, effectuées au Chili, à l’Observatoire européen austral (ESO).

« Le Saint-Graal des chasseurs d’exoplanètes, c’est une planète rocheuse, d’une masse avoisinant celle de la Terre, qui se trouverait dans la "zone habitable" de l’étoile autour de laquelle elle tourne, soit dans le périmètre de l’étoile-hôte où les conditions permettent la présence d’eau liquide à la surface de la planète », déclare le prof. Michel Mayor de l’Université de Genève (UNIGE), qui a mené les astronomes européens à réaliser ces dernières percées astronomiques.

Un premier pas est franchi avec « Gliese 581 e », qui orbite autour de son étoile-hôte en 3,15 jours et présente une masse équivalant à 1,9 fois seulement celle de la Planète bleue. De plus, la moins massive des exoplanètes jamais détectée à ce jour est très probablement une planète rocheuse.

Une planète-océan ?

Jusqu’à aujourd’hui, les astronomes avaient observé trois planètes dans le système « Gliese 581 ». La masse de la première se rapproche de celle de Neptune, tandis que les deux autres sont considérées comme des « super-Terres », avec, respectivement, des masses de 5 et 7 fois la masse terrestre. Avec la découverte de « Gliese 581 e », quatre planètes sont désormais recensées dans cet ensemble situé à 20,5 années-lumières, dans la constellation de la Balance.

Des quatre planètes répertoriées, « Gliese 581 d » orbite, quant à elle, le plus loin de l’étoile-hôte du système, avec une période de 66,8 jours. Les dernières observations menées par les scientifiques de l’UNIGE et leurs collègues portugais et français révèlent que « d » se trouve dans la zone habitable de l’étoile-hôte, une petite étoile 3 fois moins lumineuse que notre soleil : « Il n’y a pas assez de matériel rocheux dans le système pour que cette planète en soit essentiellement constituée. On doit probablement trouver de la glace et une atmosphère importante sur "d", dont la surface pourrait être recouverte d’eau. Ce qui fait d’elle une excellente candidate au titre de planète-océan », explique le prof. Stéphane Udry.

Le long affût de chasseurs patients

Les progrès réalisés dans la chasse aux exoplanètes ces 14 dernières années sont impressionnants : les astronomes spécialisés dans ce domaine suivent les planètes à la trace. Ils traquent les perturbations que génèrent, chez l’étoile-hôte, les planètes qui gravitent autour d’elle. Les moyens technologiques et les connaissances des chasseurs d’aujourd’hui sont tels qu’une planète de très faible masse, qui ne modifie la vitesse de déplacement de son étoile-hôte que de 7 km/heures, ne saurait leur échapper !

« Depuis 1995, année d’identification de "51 Pegasi b", planète extrasolaire qui fut la première connue, on parvient aujourd’hui à repérer des corps planétaires d’une masse 80 fois inférieure à la sienne », constate, confiant, Michel Mayor, pour qui « la chasse continue ».

Contacts: Stéphane Udry au +41 22 379 24 67

21 avril 2009
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