2009

La Mer Noire sous haute surveillance - L'UNIGE et le PNUE décrochent le pilotage d'un projet européen pour observer ce bassin hydrologique vulnérable

Pour optimiser « enviroGRIDS », les scientifiques de l’UNIGE se sont alliés aux experts du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE), en collaboration avec d’autres organismes internationaux. Doté d’un budget de 8 millions d’Euros, ce projet, prêt à être démarré, doit mettre en œuvre les dernières technologies d’observation et d’analyse de notre environnement. Il vise par là une meilleure information des instances décisionnelles et des populations du bassin de la Mer Noire. Cette zone, qui s’étend sur 2 millions de km2 et compte 160 millions de personnes réparties entre 23 pays, devra, en effet, relever, au cours des prochaines décennies, d’importants défis sociaux, économiques et environnementaux.

L’Université de Genève (UNIGE), associée au Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE), achève ces jours des négociations avec la Commission Européenne, afin que voie le jour enviroGRIDS, vaste projet de recherche centré sur le bassin hydrologique de la Mer Noire. La vulnérabilité de ce milieu aux bouleversements climatiques, démographiques et économiques qui l’attendent, a motivé cette collaboration, dont le lancement officiel, impliquant 27 prestigieux partenaires, se fera à l’UNIGE, du 27 au 30 avril prochain.

De l’importance des partenariats
Grâce au partenariat établi depuis plus de 12 ans entre l’UNIGE, l’Office fédéral de l’environnement et le PNUE, enviroGRIDS va bénéficier d’une grande expertise dans la gestion de projets internationaux et dans la communication efficace des résultats obtenus. Entre autres partenaires, le projet compte l’Institut pour l’éducation à l’hydrologie de l’UNESCO (Pays-Bas), ainsi que les instituts d’hydrologie de Belgique, Bulgarie, Hongrie, Italie, Roumanie, Suisse et Ukraine. La dimension internationale du projet s’exprime aussi par un partenariat avec le CERN, qui facilitera l’accès à la plus grande grille («grid», en anglais) d’ordinateurs ; celle-ci sera sollicitée pour les calculs et les modélisations environnementales du projet et le nom d’enviroGRIDS évoque cette dernière collaboration.

La technologie de pointe au service de l’environnement
Anthony Lehmann et Nicolas Ray, chercheurs à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UNIGE, dirigeront enviroGRIDS, projet budgeté à 8 millions d’Euros, dont 6,2 proviennent de l’Union européenne, qui vise, via les meilleures technologies d’observation et de mesure actuelles, une information optimale des instances décisionnelles et, partant, des populations du bassin de la Mer Noire.

Au cours des prochaines décennies, ces dernières seront confrontées à des problématiques sociales, économiques et environnementales complexes. Pollution des eaux, activités industrielles soutenues, pratiques en cours dans l’agriculture, marées noires, le nombre et la nature de ces pressions n’échappe ni au PNUE ni aux Commissions internationales pour la protection du Danube (ICPDR) et de la Mer Noire (BSC), tous trois partenaires d’enviroGRIDS. Christophe Bouvier, directeur et représentant régional du PNUE pour l’Europe, souligne aussi l’importance de lancer une telle entreprise en Roumanie et Bulgarie, qui ont dernièrement rejoint l’Union européenne.

Pour une documentation la plus complète possible
Un des principaux volets du projet consiste en l’apport de nouvelles données au système d’observation de notre planète appelé GEO (Group on earth observation), dont le secrétariat international se trouve à Genève et qui cherche à faciliter l’échange et l’utilisation de données sur l’état passé, présent et futur de notre environnement.

Les partenaires du projet ont été choisis pour leurs compétences scientifiques et techniques ; tous sont auteurs de projets pilotes sur les 9 thèmes soutenus par le GEO que sont l’analyse des risques, la santé, l’énergie, le climat, la météorologie, l’eau, les écosystèmes, la biodiversité et l’agriculture.

Des synergies d’enviroGRIDS avec le projet européen ACQWA, récemment obtenu par le prof. Martin Beniston à l’UNIGE, sont attendues. ACQWA tend à une appréhension plus précise de l’impact des changements climatiques sur les régions de montagne. Ces deux projets européens viennent saluer la volonté de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UNIGE de jouer un rôle de plate-forme internationale de recherche.

Contact:
Anthony Lehmann, au +41 79 815 46 17

Nicolas Ray, au +41 78 909 65 32

Nick Nuttall, au +41 79 596 57 37

24 avril 2009
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