2009

Médecine humanitaire - L’UNIGE crée la première chaire de médecine humanitaire en Suisse grâce au soutien de la Fondation Edmond J. Safra

Depuis le début de l’année, les commémorations du 450e anniversaire de l’Université de Genève (UNIGE) sont l’occasion de rappeler les valeurs humanistes et la vocation internationale qui animent l’institution genevoise. Aujourd’hui, la création de la Chaire Edmond J. Safra de médecine humanitaire au sein de la Faculté de médecine, première du genre en Suisse, témoigne à nouveau de ces valeurs. Financée par la Fondation Philanthropique Edmond J. Safra, cette Chaire vise en priorité à promouvoir la formation et la qualité des soins dans les pays en voie de développement. Désireuse de pallier le déficit d’assistance sanitaire dans ces pays, elle contribuera à l’aide au développement via la formation de spécialistes locaux à l’UNIGE et d’interventions cliniques dans des domaines hautement spécialisés comme la chirurgie pédiatrique et plastique, la radiologie, etc. Cette Chaire constitue en outre la première étape vers la naissance, à l’UNIGE, d’un Institut de médecine humanitaire à vocation internationale.

La médecine humanitaire a longtemps été considérée comme le synonyme de soins aux personnes défavorisées dans les pays frappés par la guerre ou la pauvreté. Cependant, au fil des dernières décennies, son champ s’est considérablement élargi pour couvrir toutes les situations cliniques caractérisées par un déficit d’accès aux soins de base pour une portion considérable de la population mondiale ou par un risque de violation des droits de l’individu, et ceci que ce soit dans le cadre d’un conflit ethnique, d’une mission à caractère humanitaire, d’une période de détention, ou encore dans la pratique quotidienne auprès de patients hospitalisés ou de requérants d’asile.

Une première helvétique
Cette diversification des problèmes relevant de la médecine humanitaire tient notamment à l’augmentation alarmante des violations des droits de la personne humaine ainsi qu’à la multiplication croissante des acteurs impliqués dans les domaines médicaux et bioéthiques.

Face à l’ampleur de ces nouveaux besoins et à la complexité des défis qui leur sont sous-jacents, l’UNIGE crée donc aujourd’hui la Chaire Edmond J. Safra de médecine humanitaire, une structure unique en Suisse, dont le futur titulaire aura à charge de promouvoir la formation et la qualité des soins dans les pays en voie de développement.

Soutenue de façon pérenne par la Fondation Edmond J. Safra, cette Chaire s’inscrit dans la tradition philanthropique initiée par le célèbre banquier qui lui donne son nom. «Je suis fière que la Fondation philanthropique Edmond J. Safra mise sur la relation qu’elle entretient depuis longtemps avec la Faculté de médecine à l’Université de Genève et je suis enchantée par la création de la Chaire Edmond J. Safra de médecine humanitaire, qui s’attachera à compléter les missions d’aides humanitaires internationales de l’Université», déclare Lily Safra, Présidente de la Fondation Edmond J. Safra. «Cette Chaire, qui deviendra bientôt un Institut universitaire à part entière, représente un nouvel espoir pour les familles qui, dans le monde, ont besoin d’une aide médicale. Il n’y a pas d’acteurs plus appropriés que l’Université et la ville de Genève, qui ont beaucoup œuvré pour l’humanitaire à travers leur histoire, pour s’investir dans ces missions. C’est un honneur de contribuer à la célébration du 450e anniversaire de l’Université en aidant à perpétuer cette tradition.»

La Fondation Philanthropique Edmond J. Safra
Edmond J. Safra, un des banquiers les plus reconnus du 2oe siècle et philanthrope engagé, a créé une importante fondation philanthropique afin de s'assurer que les personnes les plus démunies et les associations caritatives continuent de bénéficier de son aide et de ses encouragements pendant de nombreuses années. La Fondation Philanthropique Edmond J. Safra, présidée par sa femme Lily, aspire à poursuivre l’action inspirée de la vie et des valeurs de son fondateur.

Elle soutient des associations à Genève (une des villes préférées de M. Safra), ainsi que dans d’autres villes du monde, dans quatre domaines principaux: l'éducation, la science et la médecine, la religion et l'aide humanitaire, la culture et la protection sociale. En plus de l’Hôpital cantonal et de l’Université de Genève, la Fondation a apporté son soutien généreux au Grand Théâtre de Genève, à la Synagogue Beth Yaacov (dédiée par M. Safra à la mémoire de son père), à «Children Action», à l’Ecole Girsa, à la Fondation Suisse de Cardiologie, au Comité international de la Croix-Rouge, et au Musée d’art moderne et contemporain (Mamco) de Genève, parmi de nombreuses autres associations dans le canton de Genève.

L’UNIGE, terre d’accueil privilégiée
Pour le prof. Jean-Louis Carpentier, doyen de la Faculté de médecine de l’UNIGE, «la création d’une telle chaire à Genève était une nécessité, dans le sens où elle répond à une demande croissante émanant des organismes à vocation humanitaire, des organisations internationales, mais aussi des étudiants de l’Université. Qui plus est, avec la présence sur le sol genevois, de nombreux organismes et de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, l’investissement de longue date de la Faculté de médecine et des Hôpitaux universitaires de Genève dans le développement de missions humanitaires, le Programme interfacultaire en action humanitaire de l’UNIGE et les collaborations soutenues avec la DDC, MSF ou le CICR, l’UNIGE était l’institution toute désignée pour abriter la première structure suisse de ce type.»

Sur le plan de la formation, cette chaire présidera à la mise en place de trois nouveaux modules d’enseignement prégradué, mais aussi postgradué, traitant de médecine en situation de catastrophe, une médecine liée aux pays en voie de développement, qui englobe les questions touchant à la santé internationale et aux droits de l'homme, la médecine tropicale et l’épidémiologie ainsi que la médecine pratiquée en milieu carcéral.

Vers un Institut en médecine humanitaire
Enfin, la Chaire Edmond J. Safra de médecine humanitaire se transformera bientôt, sous l’égide de son titulaire, en un Institut, qui fédérera toutes les forces relatives aux problématiques humanitaires présentes à la Faculté de médecine. Cette structure à vocation internationale réunira notamment les recherches du prof. Philippe Chastonay, concernant la santé publique dans les pays du Tiers-monde et les épidémies comme le choléra, du prof. Louis Loutan, sur l’identification et le traitement des maladies tropicales et des maladies négligées, ainsi que les travaux de la prof. Bernice Elger, traitant de l’application du droit humanitaire et de la qualité des soins pour les personnes en détention.

A ces différents volets, l’Institut pourrait ajouter, en fonction des initiatives et des compétences de son futur directeur, le développement de l’évaluation quantitative de la coopération, l’efficacité des stratégies et les facteurs prédictifs de succès. Autant de nouvelles perspectives qui concourront à l’amélioration des soins et une meilleure compréhension des besoins dans le cadre de la médecine humanitaire.

Contacts: le prof. Jean-Louis Carpentier au 022 379 50 01

23 juin 2009
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