2010

Pleins feux sur la révolution quantique - A l’occasion du Colloque Wright 2010, l’UNIGE accueille cinq spécialistes, dont deux lauréats du Prix Nobel, pour dévoiler les secrets de la mécanique quantique

Du 15 au 19 novembre prochains, l’Université de Genève (UNIGE) reçoit dans ses murs cinq des plus grands spécialistes mondiaux dans le champ de la physique quantique, dont deux récipiendaires du Prix Nobel. Domaine peu connu du public, la physique quantique a pourtant révolutionné tout le XXe siècle, en rendant entre autres possibles des événements aussi déterminants que l’essor de l’informatique, la mise au point du téléphone portable, de l’IRM ou du GPS. Et c’est précisément parce que cette révolution va encore à coup sûr bouleverser en profondeur le XXIe siècle que les organisateurs du 14e Colloque Wright pour la science ont décidé de consacrer ce dernier à cette thématique d’avenir. Placé sous la direction scientifique du prof. Thierry Giamarchi, cette édition sera notamment l’occasion de s’interroger sur les potentialités des ordinateurs quantiques, sur des propriétés inédites de la matière et les nouveaux horizons qu’elles laissent entrevoir, sur la relation entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, ainsi que sur les manifestations quotidiennes qui procèdent de la physique quantique.

Fondés par le Dr H. Dudley Wright en 1984, les Colloques Wright ont pour vocation de rendre les progrès les plus récents de la science accessibles au public. C’est dans cette perspective que le directeur de leur 14e édition, le prof. Thierry Giamarchi, du Département de physique de la matière condensée de l’UNIGE, a choisi de dédier celle-ci à la «révolution quantique», c’est-à-dire aux conséquences du fait que notre univers n’est pas invariable, mais régi par le hasard, constamment traversé par des ondes de matières. En effet, si les recherches en physique quantique ont d’ores et déjà débouché sur des applications aussi décisives que le développement de l’électronique moderne, via la mise au point des transistors, ou l’invention du téléphone portable, il y a fort à parier que, à l'aube du XXIe siècle, cette «quantique» n’ait rien perdu de son pouvoir d’innovation et de sidération.

Saisir la révolution quantique
Pour Thierry Giamarchi, le choix de cette thématique s’est imposé «parce qu’au moment où l’on parle de la transmission du résultat des élections à Genève par cryptographie quantique ou que le dernier James Bond s’intitule «Quantum of Solace», il est indispensable de comprendre de quoi on parle et donc de vulgariser ce sujet». Ainsi, du 15 au 19 novembre prochain, le colloque Wright va donc être l’occasion d’explorer, chaque jour, dès 18h30, à Uni Dufour, en compagnie de cinq grands spécialistes internationaux, quelques-unes des facettes les plus fascinantes et les plus prometteuses de ce champ de recherche.

Rainer Blatt, de l’Université d’Innsbruck, montrera par exemple avec quelle efficacité la physique des quantas est capable de décrire notre monde, tandis que David Gross, Prix Nobel de physique 2004 et professeur à l’Université de Californie, à Santa Barbara, abordera la question de ses limites lorsque celle-ci se voit confrontée à l'infiniment petit, notamment lors d’expériences menées au CERN, ainsi qu’à l'infiniment grand des espaces intersidéraux. En outre, les conférenciers permettront également de constater de quelle manière la mécanique quantique a déjà profondément changé notre vie de tous les jours, et comment de nouveaux domaines tels que l'information quantique ou les ordinateurs quantiques seront susceptibles de modifier en profondeur notre vie de demain.

Une vision qui a changé le quotidien
«Bien que la mécanique quantique ait été découverte il y a près d’un siècle, l’immense majorité des gens ne réalise pas combien elle a déjà changé notre quotidien, s’exclame Thierry Giamarchi. Aucun téléphone portable ni GPS ou IRM n’aurait vu le jour sans la compréhension de la mécanique quantique.»

En effet, après la découverte des principes de la mécanique quantique, il n’a plus été possible de voir le monde de la même manière, celui-ci devait désormais être décrit sous la forme d’ondes qui se propagent. «On quitte la physique newtonienne qui permet par exemple de calculer la position et la vitesse d’une planète, de dire qu’elle est bien là, pour entrer dans une vision probabiliste de l’univers. Cette nouvelle façon de voir les phénomènes naturels a révolutionné la société, explique le prof. Giamarchi, elle a même choqué Einstein à l’époque, qui a affirmé que «Dieu ne joue pas aux dés», même s’il reconnaissait que cette théorie était un moyen redoutablement efficace pour décrire le monde.»

L’autre intérêt de la thématique, selon le directeur du Colloque, se trouve dans le fait que la recherche fondamentale est malheureusement trop souvent séparée de la recherche appliquée. «Et dans le cas de la quantique, les applications d’aujourd’hui sont le résultat direct de recherches purement fondamentales. » Un autre enjeu qui devrait alimenter les réflexions de ce Colloque Wright, tout dévolu qu’il se veut à une révolution quantique située à la charnière entre aujourd’hui et demain.

Contacts: prof. Thierry Giamarchi tel. 022 379 63 63 ; 022 379 65 11

9 novembre 2010
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