2010

La recherche avance dans la compréhension des mécanismes d’invasion par les parasites - Une investigation effectuée à l’UNIGE décrit ces processus en détails pour la malaria et la toxoplasmose

Comment une infection s’établit-elle ? Quel est le chemin qui permet à un parasite de pénétrer, de survivre et de se multiplier dans une cellule de l’hôte? A la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE), ces questions, fondamentales, occupent la professeure Dominique Soldati-Favre, qui signe, dans le dernier numéro de la revue Science, une étude révélant le couplage des mécanismes d’invasion et de réplication des parasites au sein de la cellule infectée. La compréhension du processus d’invasion constitue un point crucial pour la mise en place de stratégies préventives et thérapeutiques efficaces contre des maladies infectieuses comme la malaria, qui continuent de tuer un grand nombre de personnes dans le monde.

Un parasite, le toxoplasme infecte tous les mammifères -et aussi les oiseaux-, et peut mener à des complications sérieuses en cas d'infections congénitales, voire à la toxoplasmose cérébrale, une pathologie mortelle chez des individus dont le système immunitaire est affaibli. Une maladie comme la malaria -ou paludisme- dérive, elle, d’une infection transmise à l’homme par des piqûres de moustiques qui ont été infectés par des parasites relevant de l’espèce du plasmodium. La forme de malaria due au Plasmodium falciparum est la plus courante et la plus grave, causant, chaque année, plus d’un million de décès, surtout parmi les enfants de moins de cinq ans, et cela dans les pays les moins favorisés du monde. A l’origine de ces deux maladies, on trouve des parasites appartenant à la famille des apicomplexes. Ces derniers ont une particularité commune, qui les fait franchir les barrières biologiques, pénétrer dans les cellules hôtes et en ressortir selon un mode unique et conservé.

Cinq minutes pour infecter
De la même manière qu’il faut des antibiotiques spécifiques pour cibler les infections bactériennes, il est nécessaire de recourir à des molécules spécifiques pour vaincre les parasites, ces pathogènes de type eucaryote. Elaborer de telles molécules implique une connaissance intime des mécanismes conduisant à l’infection. Les apicomplexes se trouvent précisément au cœur des recherches menées par la professeure Dominique Soldati-Favre et son équipe, au Département de microbiologie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine de l’UNIGE. Depuis plusieurs années, le laboratoire se consacre à l’étude des mécanismes de pénétration des parasites dans la cellule hôte, sachant que la survie de ceux-ci dépend de l’efficacité qu’ils mettront à entrer dans celle-là. Concernant les parasites intracellulaires obligatoires, qui sont incapables de survivre et de se répliquer en dehors de la cellule hôte, ils ne disposent que de très peu de temps et ont par conséquent développé des stratégies moléculaires permettant une invasion très rapide de la cellule hôte.

Une observation de premier ordre
Les derniers résultats de recherche obtenus par l’équipe que dirige Dominique Soldati-Favre portent précisément sur cette machinerie d’invasion parasitaire. Peu aisée à observer, elle s’est révélée fascinante dans sa complexité. Ainsi, les agents infectieux apicomplexes, qui se meuvent en glissant, vont véritablement jusqu’à se propulser dans la cellule hôte. A leur pénétration s’ajoute, simultanément, la production d’un signal, que les scientifiques sont parvenus à identifier et qui déclenche immédiatement la prolifération des parasites à l’intérieur de l’hôte. Les chercheurs, qui viennent d’effectuer cette dissection moléculaire du système de motilité parasitaire, doublée de l’étude de la régulation, dans le temps et l’espace, de ce système, signent plusieurs publications idoines, qui paraissent dans les revues Cell Host & Microbe (octobre 2010), PloS Pathogens (octobre 2010) et Science (décembre 2010). A terme, les recherches développées par l’équipe de Dominique Soldati-Favre visent l’inhibition du système d’invasion de la cellule hôte et donc l’enraiement de l’infection.

Contact: pour obtenir de plus amples informations, n’hésitez pas à contacter la prof. Dominique Soldati-Favre, aux tél. : + 41 22 379 56 72 et +41 22 379 57 71

21 décembre 2010
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