2011

La chasse aux exoplanètes 2.0 - Les astrophysiciens de l’UNIGE s’apprêtent à conquérir le ciel du Nord grâce au lancement de Harps-N

Un nouveau chapitre significatif est en train de s’écrire dans l’histoire de la chasse aux planètes situées hors de notre système solaire. L'Observatoire astronomique de l'Université de Genève (UNIGE) vient en effet de signer un accord qui marque le lancement officiel du projet Harps-N. L’objectif de cet accord est de doter rapidement Harps, l'instrument le plus performant pour la recherche d'exoplanètes depuis le sol, d’un frère jumeau dans l'hémisphère nord, qui permettra donc d’explorer toute cette partie de l’espace. Fruit d’un partenariat avec l'INAF (Institut national d'astrophysique, Italie), ce projet préside donc à la création d’un nouvel instrument de précision, qui sera installé au foyer du TNG (Telescopio nazionale galileo) : le télescope de 3,6m de l'INAF aux Iles Canaries.

« Nous avons réussi à monter une collaboration prometteuse entre plusieurs instituts afin de construire une copie de Harps dans l'hémisphère nord », annonce Francesco Pepe, chercheur à l'Observatoire astronomique de l'UNIGE et responsable scientifique du projet Harps-N. « Nous espérons que cet instrument sera au moins aussi performant que son jumeau du Sud. »

Pour Tommaso Maccaro, président de l'INAF, « cet accord va permettre à la communauté astronomique italienne d'accéder à un outil de haute précision et essentiel dans le domaine de la recherche d’exoplanètes. De plus, le Telescopio nazionale galileo de l'INAF va permettre aux astrophysiciens italiens de jouer désormais un rôle décisif dans cet important domaine de recherche. »

Harps, phase 2.0
Pour mémoire, les instruments Harps (High accuracy radial velocity planet searcher) sont des spectrographes de précision, conçus dans le but de détecter et de caractériser des exoplanètes semblables à la Terre, du point de vue de la masse comme de la structure. Ils permettent également de faire des études astérosismologiques. Le premier Harps, opérant sur le télescope de 3,6m de l'ESO à La Silla, dans les Andes chiliennes, a déjà permis de découvrir une centaine de nouvelles planètes, dont les plus légères découvertes à ce jour.

Grâce à sa localisation au-dessus de l'équateur, Harps-N aura une position privilégiée pour observer la région du Cygne et de la Lyre. Dans le domaine des exoplanètes, c'est un avantage certain : le satellite Kepler, lancé par la NASA en mars 2009 et dédié à la recherche d'exo-Terres, a détecté plus de mille candidats potentiels dans cette région du ciel. Afin de mesurer leur masse et de s'assurer qu'il s'agisse réellement de planètes, les astronomes doivent pouvoir étudier le mouvement des étoiles concernées et analyser les petites perturbations dues à l'effet gravitationnel de corps en orbite autour de ces étoiles. Cela nécessite un suivi de ces étoiles sur le long terme, par des mesures de haute précision depuis le sol. Harps-N, de par ses spécificités, pourrait ainsi devenir le partenaire privilégié de Kepler dans la quête de nouveaux mondes hors du système solaire.

Partenariat entre Kepler et Harps-N
« Les capacités uniques de Kepler et de Harps-N vont pouvoir se combiner pour nous donner une compréhension nouvelle quant à la nature des exoplanètes » explique Dave Latham, co-responsable du projet et représentant des partenaires américains (le Smithsonian Astrophsyical Observatory, le Harvard College Observatory et la Harvard University Origins of Life Initiative).

Il faut encore signaler que le projet Harps-N s’inscrit dans une collaboration de plus longue date, un consortium international mené par l'Observatoire astronomique de l'UNIGE et composé en outre de l'INAF (Italie), du Harvard Smithsonian Astrophysical Observatory, du Harvard College Observatory et du Harvard University Origins of Life Initiative (Etats-Unis), de l'Université de St Andrews and Edinburgh, ainsi que de la Queens University de Belfast (Royaume-Uni).

Les partenaires du projet bénéficieront de 80 nuits d'observation, garanties par année, sur Harps-N et sur le TNG. Le nouveau joyau des astrophysiciens l’UNIGE est en cours de construction à l'Observatoire genevois. Sa mise en service est programmée pour début avril 2012.

Contact: Francesco Pepe, tél. 022 379 23 96

14 février 2011
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