2011

Pauvreté à Genève: formes et territoires - Le Centre d’analyse territoriale des inégalités de l’UNIGE (CATI-GE) publie une synthèse des données existant

En 2010, via son Laboratoire d’économie appliquée (LEA), l’Université de Genève (UNIGE) s’est dotée d’un Centre d’analyse territoriale des inégalités (CATI-GE). Sous cette appellation, des chercheurs ont réalisé une étude synthétisant le maximum de données relatives aux poches d’inégalité sociale. Il en ressort un document précis. Le Conseil d’Etat, à l’origine du mandat donné à l’UNIGE pour constituer ce centre, dispose désormais d’un outil pour agir selon une cartographie thématique affinée au niveau des quartiers et sous-secteurs, ceci pour chacune des communes du canton, dont une dizaine sont à considérer comme concernées par la précarité.

Au cours des dernières décennies, le canton de Genève a connu un développement très rapide, raison pour laquelle l’Etat veut pouvoir déterminer ses axes d’action en se basant sur une connaissance précise des caractéristiques cantonales, et notamment sociales. C’est dans cette optique qu’a été créé le Centre d’analyse territoriale des inégalités (CATI-GE), à l’UNIGE, au début 2010. Les administrations disposent toutes d’informations, nombreuses et disparates, sur la population ; pour les rendre plus éloquentes et disponibles aux interprétations, il s’agissait d’en réaliser l’harmonisation. C’est aujourd’hui chose faite : le CATI signe son premier rapport, un document qui vient d’être rendu public et qui dresse une cartographie fine de la pauvreté, de ses signes ou de ses corollaires.

Du diagnostic à l’évaluation des actions
La diversité constitutive du CATI-GE se reflète dans les indicateurs sur lesquels reposent les analyses. Des indicateurs que les chercheurs pourront à l’avenir interpréter et affiner. Au regard de données relatives à des domaines dont les connexions n’apparaissent pas nécessairement, comme la desserte des lieux, le chômage, l’exposition au bruit, les effectifs scolaires, le revenu, la carie dentaire, le surpoids, le logement, toutes données fiables et nourries, une dizaine de communes sont particulièrement concernées par les inégalités sociales : Vernier, Onex, Chêne-Bourg, Genève, Carouge, Meyrin, Versoix, Lancy, Thônex et le Grand-Saconnex.Si des lacunes statistiques persistent ou que des informations peuvent être déjà datées (certaines remontent à 2004), une carte détaillée existe désormais pour chaque indicateur pris en compte. L’ensemble représente autant d’outils nécessaires aux instances décisionnelles. Sur le plan académique, des études plus fouillées pourront être élaborées, dans le cadre d’une véritable politique de la ville.

Croiser, compiler et harmoniser les données
Repérer la précarité, en saisir les facteurs pour en suivre l’évolution et tenter d’enrayer son installation dans les quartiers et sous-quartiers concernés, voici l’objectif que les concepteurs et acteurs du CATI-GE se sont fixé. Tripartite, la structure du Centre repose sur un comité de pilotage, un groupe opérationnel et un groupe d’accompagnement. Le premier réunit les Conseillers d’Etat Charles Beer et David Hiler, le professeur et vice-recteur de l’UNIGE Yves Flückiger, des chercheurs en sciences sociales et économie appliquée, le directeur de l’Office cantonal de la statistique Dominique Frei, des représentants des Départements de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP), des constructions et des technologies de l'information (DCTI), ainsi que du Service de la recherche en éducation (SRED). Il faut ajouter au second un représentant de l’Office du logement (rattaché au DCTI), de la Police genevoise (Service des études stratégiques), des HUG (Unité d’épidémiologie populationnelle) et des Hautes écoles spécialisées (en gestion et travail social). Enfin, le groupe d’accompagnement panache divers responsables publics (DIP, dont des représentants des Directions générales de l’enseignement primaire, du cycle d’orientation ; Office cantonal de l’économie, Direction générale de la santé, Direction générale de l’action sociale, Hospice général, Office de la jeunesse, Ville de Genève, etc.), des professionnels et associatifs chargés de mettre en œuvre la politique sociale et des acteurs de terrain. Cette pluralité garantit une richesse et une précision des données que les chercheurs de l’UNIGE ont déjà pu récolter et assure le succès de la transmission de leurs interprétations auprès des décideurs.
A l’avenir, ceux-ci comptent effectuer des recherches portant sur les interactions entre les différentes dimensions constitutives de la précarité et leurs dynamiques. Ceci dans une perspective d’analyse des trajectoires menant à des situations de pauvreté.

Retrouvez l’intégralité du rapport en cliquant sur: CATI

Contacts:
Giovanni Ferro-Luzzi Tél. +41 22 379 82 66
Pierre Kempeneers Tél. : +41 22 379 82 65

1 décembre 2011
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