Un nouveau test pour mieux prendre en charge les accidents vasculaires cérébraux

Pour espérer soigner un accident vasculaire cérébral d’origine ischémique, les médecins disposent d’un médicament puissant. Mais pour être efficace, celui-ci doit être administré au maximum 4h30 après l’AVC. Or nombre de patients subissent ces attaques durant leur sommeil et ignorent dès lors quand elles se sont produites. Grâce au travail d’une équipe de la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE), un test pourrait désormais voir le jour qui permettrait de renseigner le corps médical sur l’opportunité d’administrer le médicament au patient. Cette étude, publiée dans la revue PLoS ONE, conforte un brevet pris par l’UNIGE et cédé sous forme de licence à une entreprise britannique qui finance depuis ces travaux essentiels.

Si l’étude du génome a acquis ses lettres de noblesse dans les années 1990 et 2000, elle doit désormais partager la vedette avec celle du protéome, soit l’ensemble des protéines fabriquées grâce aux gènes.

La science protéomique sert de nombreux objectifs. Certains sont médicaux comme l’illustre le professeur Jean-Charles Sanchez. «Nombre de pathologies induisent un changement local du fonctionnement de certains gènes. Ce changement peut se traduire par une modification du niveau de présence d’une protéine, autrement dit le produit d’un gène, dans le sang. Si on peut établir avec certitude que cette protéine et son taux de présence est lié à une pathologie, elle devient alors un biomarqueur, soit un outil précieux dans le cadre d’un diagnostic."

Dissoudre le bouchon à temps

Avec son équipe de la Faculté de médecine de l’UNIGE, Jean-Charles Sanchez travaille depuis plusieurs années à l’identification de biomarqueurs liés à des pathologies cérébrales dont l’accident vasculaire cérébral d’origine ischémique qui compte pour 80% des AVC. Ces découvertes se sont révélées tellement prometteuses qu’elles ont permis au service de transfert de technologie de l’UNIGE de prendre un brevet sur la base duquel une licence a été accordée à la société britannique Proteome Sciences qui, depuis, finance une grande partie des travaux du laboratoire dans l’attente d’une percée décisive et commercialisable

Ce point pourrait avoir été atteint si l’on en croit la dernière publication des recherches de Jean-Charles Sanchez. «Nous disposons désormais d’un biomarqueur suffisamment fiable pour que nous puissions estimer avec précision le moment où un patient a été victime d’un AVC d’origine ischémique.» Le personnel médical n’administre le traitement trombolytique - qui permet de dissoudre le bouchon présent dans l’artère – que s’il est convaincu que l’accident a eu lieu pendant les 4h30 qui ont précédé l’hospitalisation. Or comme nombre de patients ont des accidents lors de leur phase de sommeil, beaucoup ignorent l’heure de survenue de leur AVC.

«Grâce à ce biomarqueur et à ce test, les équipes médicales pourront prendre en charge de façon beaucoup plus efficace les victimes d’AVC, multipliant ainsi les chances de guérison de ces personnes» se réjouit Jean-Charles Sanchez.

La société Proteome Sciences a désormais délivré une sous-licence d’exploitation à une entreprise tierce, Randox, qui entend mettre au point un kit de test commercialisable d’ici 2013.

Contact

Tél. 022 379 54 86

  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Partager sur Google+

24 septembre 2012

Année 2012

separation line
L’Ecole de pharmacie Genève-Lausanne reçoit une accréditation pour ses filières d'études en sciences pharmaceutiques
Le rôle de la porte d'entrée cellulaire de l'anthrax est identifié
Un moteur de transformation des polypes du colon est identifié
La physique joue aux dés durant le développement embryonnaire
Un pas de plus vers la compréhension de la sclérose en plaque
Vers une cartographie génétique du monde vivant microscopique
La Semaine de l'Entrepreneuriat 2012
Le monde quantique est bizarre et c'est prouvé
Vers la création d’une encyclopédie des variations génétiques
Observer les rouages de l’horloge biologique dans les cellules vivantes
Les chercheurs vont au-delà du temps et de l’espace pour expliquer la mécanique quantique
Des chercheurs décryptent le mécanisme de fission des membranes cellulaires
Les astronomes découvrent - presque - la planète d'Avatar
Un satellite suisse chasseur de planètes sélectionné par l’agence spatiale européenne
La microstructure du cerveau humain a enfin son atlas
Un nouveau test pour mieux prendre en charge les accidents vasculaires cérébraux
Les hommes et les femmes différents face aux prédispositions génétiques
Une gigantesque encyclopédie de l’ADN décrypte les séquences non-codantes
Nouvelle découverte sur le rôle de la régulation génétique dans l’origine de maladies communes
Comment la température Corporelle remet-elle les pendules biologiques à l’heure?
Inspirée par la génétique, la chimie tient enfin son code
Harcèlement et sévices sexuels: quand la génétique s’en mêle
Des chercheurs font le point sur la fonte des glaciers et les ressources en eau en Asie centrale
Des traces de géographie dans l’ADN des Suisses
Un pas de plus vers la lutte contre le diabète
Les Amériques peuplées en trois vagues successives
Le secret des isolants conducteurs d’électricité enfin révélé
Un nouvel outil pour les architectes moléculaires
Les chercheurs mettent au point "une bombe à retardement" contre les maladies cardiovasculaires
La pompe à essence des cellules enfin identifiée
Les secrets d’une maladie orpheline dévoilés
Lumières sur les neurones en train d'apprendre
Comment notre cerveau apprend malgré l’inconstance des neurones
Les glaciers himalayens moins malades que prévu
Le secret de la souplesse cellulaire dévoilé
Les cylcones tropicaux deviennent-ils de plus en plus meurtriers?
Un pas de plus vers le graal de la supraconductivité
Nos articulations sous toutes les coutures
Un espoir de vaccination contre le gliome
Qu'a-t-on en commun avec les gorilles?
Deux cristaux mariés sous les liens quantiques
L'UNIGE en quête d'un traitement personnalisé pour le diabète
Quand la réflexion urbaine s'invite dans nos quartiers
Ces protéines qui protègent notre génome
Quand nos défenses antivirales mettent le turbo
Ordinateur quantique: Une théorie genevoise validée par une expérience allemande
La génétique et la génomique genevoises réunies sous la bannière d'iGE3
Un nouveau regard sur l'électronique nanométrique
Les oxydes préparent leur révolution électronique
La maltraitance dans l'enfance modifie la régulation des gènes impliqués dans la gestion du stress
L'innocuité des sels d'aluminium sur les cellules mammaires contestée
top