2012

Un nouveau test pour mieux prendre en charge les accidents vasculaires cérébraux

Pour espérer soigner un accident vasculaire cérébral d’origine ischémique, les médecins disposent d’un médicament puissant. Mais pour être efficace, celui-ci doit être administré au maximum 4h30 après l’AVC. Or nombre de patients subissent ces attaques durant leur sommeil et ignorent dès lors quand elles se sont produites. Grâce au travail d’une équipe de la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE), un test pourrait désormais voir le jour qui permettrait de renseigner le corps médical sur l’opportunité d’administrer le médicament au patient. Cette étude, publiée dans la revue PLoS ONE, conforte un brevet pris par l’UNIGE et cédé sous forme de licence à une entreprise britannique qui finance depuis ces travaux essentiels.

Si l’étude du génome a acquis ses lettres de noblesse dans les années 1990 et 2000, elle doit désormais partager la vedette avec celle du protéome, soit l’ensemble des protéines fabriquées grâce aux gènes.

La science protéomique sert de nombreux objectifs. Certains sont médicaux comme l’illustre le professeur Jean-Charles Sanchez. «Nombre de pathologies induisent un changement local du fonctionnement de certains gènes. Ce changement peut se traduire par une modification du niveau de présence d’une protéine, autrement dit le produit d’un gène, dans le sang. Si on peut établir avec certitude que cette protéine et son taux de présence est lié à une pathologie, elle devient alors un biomarqueur, soit un outil précieux dans le cadre d’un diagnostic."

Dissoudre le bouchon à temps

Avec son équipe de la Faculté de médecine de l’UNIGE, Jean-Charles Sanchez travaille depuis plusieurs années à l’identification de biomarqueurs liés à des pathologies cérébrales dont l’accident vasculaire cérébral d’origine ischémique qui compte pour 80% des AVC. Ces découvertes se sont révélées tellement prometteuses qu’elles ont permis au service de transfert de technologie de l’UNIGE de prendre un brevet sur la base duquel une licence a été accordée à la société britannique Proteome Sciences qui, depuis, finance une grande partie des travaux du laboratoire dans l’attente d’une percée décisive et commercialisable

Ce point pourrait avoir été atteint si l’on en croit la dernière publication des recherches de Jean-Charles Sanchez. «Nous disposons désormais d’un biomarqueur suffisamment fiable pour que nous puissions estimer avec précision le moment où un patient a été victime d’un AVC d’origine ischémique.» Le personnel médical n’administre le traitement trombolytique - qui permet de dissoudre le bouchon présent dans l’artère – que s’il est convaincu que l’accident a eu lieu pendant les 4h30 qui ont précédé l’hospitalisation. Or comme nombre de patients ont des accidents lors de leur phase de sommeil, beaucoup ignorent l’heure de survenue de leur AVC.

«Grâce à ce biomarqueur et à ce test, les équipes médicales pourront prendre en charge de façon beaucoup plus efficace les victimes d’AVC, multipliant ainsi les chances de guérison de ces personnes» se réjouit Jean-Charles Sanchez.

La société Proteome Sciences a désormais délivré une sous-licence d’exploitation à une entreprise tierce, Randox, qui entend mettre au point un kit de test commercialisable d’ici 2013.

Contact

Jean-Charles Sanchez Tél. 022 379 54 86

24 septembre 2012
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