2013

Gestion de l'eau: le projet européen ACQWA dévoile ses résultats

Lancé en 2008, le projet européen ACQWA (Assessing climate impacts on the quantity and quality of water) dévoile, dès demain, les conclusions de ses cinq années de recherche dans le domaine de la gestion de ressources en eau et de ses impacts climatiques potentiels dans les régions de montagne. Les partenaires du programme présenteront, au siège de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) à Genève, les défis posés par les changements climatiques pour l’hydrologie, l’agriculture et la gestion des risques dans certaines régions modèles, comme le bassin du Po en Italie, la vallée du Rhône en Suisse ou la cordillère des Andes au Chili. Vendredi 6 septembre, les autorités valaisannes seront conviées à Viège pour prendre connaissance des scénarios élaborés par ACQWA sur le présent et le futur de la vallée du Rhône et des Alpes valaisannes. Lors de ces deux événements, des recommandations seront délivrées aux décideurs locaux et aux collectivités publiques pour faire face à l’évolution probable de ces régions d’ici à 2050.

ACQWA est l’un des plus grands projets européens coordonnés par la Suisse dans le contexte du 7e Programme-cadre de l’UE pour la recherche et le développement. Le projet ACQWA a été initié et coordonné à l’Université de Genève (UNIGE) par le professeur Martin Beniston et son équipe, depuis l’automne 2008. Doté d’un budget d’environ 11 millions de francs suisses, et regroupant plus de 100 chercheurs au sein de 37 institutions dans 8 pays européens, ainsi qu’au Chili, en Argentine et au Kyrgyzstan, le projet ACQWA vise à mieux comprendre les impacts climatiques potentiels sur les ressources en eau dans les régions de montagnes, source d’environ 60% des eaux de surface au niveau planétaire. Le projet a ciblé en particulier des régions comme les Alpes, les Andes, ou l’Asie Centrale, où la raréfaction de la neige et de la glace ont déjà – et auront de plus en plus – des conséquences non négligeables sur la quantité et le caractère saisonnier du débit des fleuves prenant leur source dans ces régions montagneuses.

Transformer les connaissances scientifiques en outils de gouvernance

L’amélioration des connaissances scientifiques à propos des changements climatiques sur l’eau n’est qu’un des volets d’ACQWA. Le projet a pour objectif de transférer les résultats obtenus par les chercheurs en autant de données utiles à la gestion des ressources hydrologiques par les entités qui en ont la charge. Les scientifiques partenaires ont ainsi évalué les incidences des changements actuels et à venir pour de nombreux secteurs économiques (hydro-énergie; agriculture; tourisme, par exemple) et environnementaux - notamment la neige et les glaciers, les forêts ou encore les catastrophes naturelles - , non seulement dans les régions-source mais aussi en aval, dans des zones de plaine peuplées qui dépendent en large partie de l’eau des montagnes pour de nombreuses activités économiques.

A ce titre, ACQWA propose aujourd’hui des pistes de réflexion pour alimenter des stratégies d’adaptation et améliorer la gouvernance et l’allocation des ressources en eau pour les différents acteurs économiques concernés. Ces recommandations sont destinées non seulement aux autorités locales, telles que par exemple le Canton du Valais ou les gestionnaires des ressources en eau du bassin de l’Aconcagua au Chili, mais aussi et surtout à la Commission européenne. En effet, celle-ci doit réviser d’ici 2015 la Directive-cadre sur l’eau pour l’ensemble des membres de l’UE, en se basant sur les dernières conclusions de la recherche formulées par des projets de grande envergure tels que ACQWA.

En ce qui concerne la Suisse, les projections des chercheurs tablent par exemple sur une hausse des températures importante (+2° à Viège d’ici à 2050) qui devrait générer un impact considérable sur l’agriculture locale et l’alimentation des cours d’eau. Cette hausse devrait conduire à une augmentation des besoins en irrigation que les ressources alimentées par les glaciers ne suffiront pas à compenser. D’autres données, concernant l’impact des changements climatiques sur les capacités hydroélectriques ou la couverture neige-glace dans les Alpes, ont également été passées en revue par les chercheurs et seront dévoilées lors des deux événements clôturant le projet ACQWA qui se tiendront cette semaine. Un rapport de 100 pages, contenant les résultats les plus importants du projet, est à disposition sur demande. Par ailleurs, un résumé de 12 pages (« Summary for Policy Makers ») des conclusions principales est également accessible sur le site web du projet : www.acqwa.ch.

Contacts

Martin Beniston, tél. 079 314 80 28

Markus Stoffel, tél. 079 340 39 89

3 septembre 2013
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