2014

Gesteme - 4 saisons en mouvement

Le projet GESTÈME étudie la nature des gestes musicaux qui, à travers l'expressivité du musicien, participent à communiquer l’émotion musicale. Les collaborateurs de GESTÈME ont étudié l'implication du corps, du mouvement et du geste dans la genèse d'une œuvre musicale, dans le jeu des musiciens qui l'interprètent et dans les descriptions métaphoriques des personnes qui l'écoutent.

Le projet est une collaboration entre l’orchestre et le département Musique et théorie de la Haute école de musique de Genève, la section contemporaine du département danse du Conservatoire national supérieur Musique et Danse de Lyon et le CISA - Centre interfacultaire des sciences affectives - de l’Université de Genève.

Les représentations du spectacle  GESTÈME – QUATRE SAISONS EN MOUVEMENT des 1er et 2 février sont partie intégrantes du projet scientifique car les données récoltées à cette occasion par les chercheurs du CISA seront utilisées pour le projet de recherche.

Les synchronisations ou désynchronisations subtiles des mouvements et des gestes musicaux des musiciens permettront de caractériser les dynamiques complexes entre les musiciens eux-mêmes mais également entre les différents corps de l’orchestre ainsi que leurs relations avec les gestes du chef d’orchestre. Ces questions sont au centre de la problématique de nos capacités comme humain à s’adapter finement à des modulations expressives au sein d’un groupe social ; que ces modulations soient initiées par le chef d’orchestre ou les musiciens eux-mêmes. 

Le lien entre le geste musical et le ressenti de l'auditeur est également au cœur d'une question scientifique centrale dans les modèles de genèse émotionnelle. En effet, certains auteurs partent du principe que l'implication du corps dans la perception est centrale (théoriciens de l'embodiment) alors que d'autres théoriciens, plus axés sur des réseaux sémantiques, présument que cette implication n’est pas nécessaire. Ainsi, l'écoute d'une production musicale expressive sur le plan émotionnel pourrait impliquer de manière plus ou moins importante des représentations corporelles et/ou de mouvements liés à des métaphores gestuelles.

Cette question peut être investiguée grâce à différentes méthodes impliquant des mesures permettant la quantification du mouvement, d'activations musculaires et des mesures d'activations cérébrales dans des régions connues pour leurs fonctions de planification et de préparation motrice ou même de commande motrice. De ce fait, l'étude des soubassements neuronaux des métaphores gestuelles ainsi que l'étude des processus psychologiques liés aux émotions qu'elles suscitent et véhiculent aideront à mieux caractériser les niveaux de représentations, particulièrement motrices ou sémantiques, impliqués dans les processus d’interprétation et de perception de l’œuvre musicale. Différentes méthodes d'investigations pourront être utilisées comprenant des méthodes comportementales, d'imagerie à résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et d'électroencéphalographie (EEG).

Une adaptation du modèle en lentille proposé par Brunswick (1955) fera l’objet d’une attention toute particulière dans ce projet afin de mieux comprendre la communication émotionnelle au sein d’une performance musicale. Ce modèle permet l’analyse complète du processus créatif musical, allant de l’encodage (c.-à-d. le compositeur et/ou le musicien) au décodage (c.-à-d. l'auditoire) impliqués dans la transmission d'états ou de processus émotionnels. Un des nombreux avantages de ce modèle est qu’il offre la possibilité d’étudier à la fois une entité unique (p.ex. la réaction émotionnelle des auditeurs à l’écoute de l’œuvre musicale) mais également les interactions existant entre les différentes entités du processus (p. ex. l’investigation des éléments musicaux présents dans la partition [niveau compositeur] et leurs interprétations [niveau musicien] ayant un impact sur la réaction émotionnelle des auditeurs).

Contacts

Didier Grandjean, tél. 022 379 92 13

24 janvier 2014
  2014