2015

Publié dans The Lancet : mieux vaut déclencher le travail d’accouchement des fœtus dont le poids excède la moyenne

Une équipe du département de gynécologie et obstétrique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) publie les résultats d’une étude dans la prestigieuse revue médicale anglaise The Lancet. Conduite par le professeur Michel Boulvain, cette recherche menée en France, en Suisse et en Belgique, auprès de 825 femmes, s’intéresse à l’accouchement des fœtus dont le poids est supérieur à la moyenne. Elle est la première à souligner les avantages du déclenchement du travail à 37-38 semaines de grossesse dans ce cas particulier.

La publication d’une étude dans The Lancet est une reconnaissance scientifique importante qui couronne un travail particulièrement intéressant. The Lancet est considérée comme l’une des publications médicales les plus prestigieuses de la planète.

L’étude conduite par le professeur Michel Boulvain, médecin adjoint responsable d’unité agrégé au service d’Obstétrique des HUG et professeur associé à l’UNIGE, part de la constatation que les fœtus, dont on estime qu’ils ont un poids supérieur à la moyenne en fin de grossesse (macrosomes), présentent un risque de traumatisme néonatal. Celui-ci est lié à ce que l’on nomme une dystocie des épaules, autrement dit la difficulté d’engagement des épaules après l’expulsion de la tête. En cas de macrosomie, le risque d’accouchement par césarienne et de lésions périnéales est aussi plus élevé. L’objectif de l’étude a été d’évaluer l’efficacité du déclenchement du travail pour réduire ces risques.

Elle a été conduite dans 19 hôpitaux suisses, français et belges entre 2002 et 2010 auprès de 825 femmes en fin de grossesse dont le fœtus présentait un poids sensiblement supérieur à la moyenne (percentile 95). La moitié de ces femmes ont eu un déclenchement du travail entre la 37e et la 38e semaine (groupe 1), tandis que l’autre moitié a été accompagnée jusqu’au début spontané du travail d’accouchement (groupe 2). Les bébés dont la naissance a été déclenchée ont eu un poids moyen de 3,8 kilos, tandis qu’il était de 4.1 kg pour ceux du groupe 2.

Avantages du déclenchement du travail

Les résultats ont montré que le déclenchement du travail à 37-38 semaines, quand le poids estimé du fœtus est élevé, diminue le risque de dystocie d’épaule ou de fracture de la clavicule. D’autre part, il n’augmente pas le risque de césarienne et réduit le risque d’intervention lors de l’accouchement. Les complications néonatales se sont avérées équivalentes entre les groupes, à l’exception des « jaunisses » du nourrisson, traitées par photothérapie, qui se sont avérées plus fréquentes chez les bébés dont la naissance à été déclenchée à 37-38 semaines.

L’étude intitulée «Induction of labour versus expectant management for large-for-date fetuses : a randomised controlled trial» a été publiée en ligne sur www.thelancet.com le 9 avril 2015. Elle porte la signature de 19 auteurs issus des hôpitaux suisses, français et belges qui ont participé à cette recherche. Parmi eux, on trouve également celle du professeur Olivier Irion, responsable du département de gynécologie et obstétrique des HUG. Le financement a été assuré par le Dépar- tement de Gynécologie et d’Obstétrique de la faculté de Médecine de l’Université de Genève (UNIGE) et par Assistance Publique – Hôpitaux de Paris.

A propos de l’auteur principal

Michel Boulvain est né en 1957. Il a obtenu son diplôme de médecin à l’Université libre de Bruxelles (Belgique) et un doctorat en épidémiologie à l’Université de Laval (Canada). Il a poursuivi sa formation en gynécologie et obstétrique en Belgique et au Canada. Il arrive à Genève en 1997, est engagé successivement médecin assistant, chef de clinique puis médecin adjoint agré- gé, responsable de l’Unité de développement en obstétrique au Département de gynécologie et obstétrique des Hôpitaux universitaires de Genève. Privat-docent, professeur associé de la Faculté de médecine, Michel Boulvain est un chercheur de renommée internationale. Ses travaux de recherche concernent principalement le domaine de l’épidémiologie en obstétrique.

Contact:
Relations médias des HUG, tél. +41 22 372 60 06

21 avril 2015
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