2007-2008

Dies academicus 2008 - La créativité et la diversité des savoirs à l’honneur

A l’Université de Genève (UNIGE), le Dies academicus écrit chaque année une page de l’histoire de la reconnaissance des travaux scientifiques d’envergure. A ce titre, cette journée constitue l’occasion de célébrer l’audace et la détermination de celles et ceux qui contribuent, par la qualité et l’exigence de leurs recherches, à l’édification d’une société plus libre et responsable. En décernant, le 23 mai prochain, ses doctorats honoris causa à des personnalités de la scène nationale et internationale, telles que Daniel Roche, historien émérite de la France des Lumières, Michael Tushman, spécialiste à Harvard de l’influence des changements technologiques sur les organisations, ou Martin Kay, pionnier de la linguistique computationnelle et de la traduction automatique, l’UNIGE salue des contributions qui ont fait reculer les limites de la connaissance. Rythmée par des intermèdes musicaux, la cérémonie de vendredi sera aussi ponctuée par les allocutions de Jean-Dominique Vassalli, Recteur de l’UNIGE, et de Charles Beer, Conseiller d’Etat en charge de l’instruction publique du canton.

L’UNIGE compte un grand nombre de personnalités de renommée internationale au palmarès des récipiendaires de ses doctorats honoris causa: Carl Vogt, Emile Jaques-Dalcroze, Woodrow Wilson, Carl-Gustav Jung, Charles-Edouard Le Corbusier, Edgar Morin, Sadako Ogata, Kofi Annan, etc. Pour son édition 2008, l’alma mater genevoise ne déroge pas à la règle. Vendredi, elle récompensera en effet certaines des chercheuses et des chercheurs les plus méritants de la scène académique mondiale.

Des parcours d’exception
Parmi ces personnalités, l’économiste Michael Tushman. Professeur à la Harvard Business School, Michael Tushman est reconnu internationalement pour ses travaux sur les relations entre les changements technologiques, les changements de direction et l'adaptation des organisations. Pionnier dans la recherche de «Punctuated equilibrium model», il est aujourd’hui considéré comme une référence pour sa théorie des organisations ambidextres, une conception qui suggère que les entreprises doivent suivre deux stratégies différentes afin d’assurer leur pérennité: l’exploitation et l’exploration.

Mondialement connu pour ses travaux en linguistique computationnelle et en traduction automatique, domaines dans lesquels il est considéré comme pionnier, Martin Kay se verra remettre un doctorat honoris causa par l’Ecole de traduction et d’interprétation (ETI) de l’UNIGE. Le prof. Kay a consacré ses recherches à l’étude de la linguistique théorique. Cependant, afin de modéliser les langues, il emploie rapidement des méthodes venues de l’informatique. Partant du principe que la traduction automatique est le meilleur cadre pour étudier les problèmes linguistiques, il s’intéresse de près au rôle que joue l’informatique dans la profession de traducteur. Ses travaux se situent au niveau de la formalisation et de l’algorithmique et servent aujourd’hui de base à plusieurs développements dans le domaine de l’informatique comme du traitement de la langue. Par ailleurs, il a joué un rôle-clé dans la reconnaissance de l’unification comme opération de base pour les grammaires et dans le développement des algorithmes pour réaliser les implémentations informatiques.

Historien spécialiste du siècle des Lumières, Daniel Roche recevra un doctorat honoris causa de la Faculté des lettres. Figure de grande notoriété dans le domaine des études sociales et culturelles du XVIIIe siècle français et européen, Daniel Roche est Professeur honoraire au Collège de France. Ses travaux donnent à l’histoire sociale la fonction de passerelle vers l’histoire des idées, vers l’histoire culturelle de la vie matérielle et intellectuelle, autour de thèmes comme la ville, la consommation, les sociabilités, le travail, les vêtements ou le logement. Il vient en outre d’ajouter à son imposante bibliographie une somme sur l’histoire culturelle des voyages et de la mobilité à l’époque moderne, où il montre les liens, à la Renaissance, entre déplacements spatiaux et autonomisation des mentalités, entre circulation des personnes et modernisation des sociétés européennes.

Enfin, une fois n’est pas coutume, l’Université remettra, par la voix de sa Faculté de médecine, un doctorat honoris causa à l’un de ses plus illustres chercheurs: le prof. Lelio Orci. Professeur à l’UNIGE depuis 1972, il est élu au Sénat de l’Académie suisse des Sciences médicales en 1998. Que ce soit dans le cadre des développements techniques de l’autoradiographie, de son analyse des membranes cellulaires par cryodécapage ou encore de ses travaux relatifs à la structure et à la vascularisation pancréatiques, l’impressionnante activité du prof. Orci a attiré à l’UNIGE de nombreux chercheurs venus de tous les continents pour travailler dans son laboratoire. Elle lui a aussi valu la reconnaissance internationale et notamment celle de la National Academy of Sciences des Etats-Unise en 1998, de l’Academia Europea en 1999, de l’Académie Royale de Médecine de Belgique en 2001 et de la prestigieuse Academia dei Lincei.

Prix et médaille
Rythmée par des intermèdes musicaux, cette cérémonie du Dies sera ponctuée par les interventions de Jean-Dominique Vassalli, Recteur de l’UNIGE, de Roger Mayou, Président du Conseil de l’UNIGE, de Charles Beer, Conseiller d’Etat en charge du Département de l’instruction publique (DIP) du canton et d’un représentant du corps estudiantin.

En outre, l’UNIGE témoignera toute sa reconnaissance au prof. Jacques Weber, ancien doyen de la Faculté des sciences et Recteur ad interim de l’alma mater genevoise en 2006-2007, en lui remettant la Médaille de l’Université 2008. Quant au Prix mondial Nessim Habif, il ira cette année au collectionneur des arts primitif et occidental, Jean-Paul Barbier-Mueller. Egalement grand connaisseur de la poésie du XVIe siècle, M. Barbier-Mueller a mis à disposition des chercheurs un fonds de livres rares, qui compte désormais parmi les collections d’ouvrages italiens de la Renaissance les plus importantes au monde (comme celles des bibliothèques de Florence, de Londres ou de Harvard).

Contact: Sylvie Délèze au 022 379 73 98

22 mai 2008
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