2007-2008

Vaincre l'obésité par le muscle-Des chercheurs de l'UNIGE identifient un régulateur de poids inattendu chez l'etre humain

Augmentation pathologique de la masse graisseuse, l’obésité se caractérise par un surpoids qui engendre d’autres complications. Ce mal, moderne par excellence, conduit la recherche médicale à explorer le tissu adipeux. Dont il existe deux variétés : le blanc, qui joue le rôle de réserve énergétique du corps mammifère, et le brun, connu chez les rongeurs pour contribuer à réguler la prise de poids. Ce dernier existe au départ chez l’être humain, mais disparaît peu après la naissance. Or, des équipes des Facultés de médecine de l’Université de Genève (UNIGE) et de l’Université de Pittsburgh (Etats-Unis) viennent de repérer, au cœur du muscle squelettique humain, un réservoir cellulaire susceptible de générer des adipocytes bruns. Publiés dans la revue Stem Cells, ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques pour traiter l’obésité.

Conséquence d’une accumulation excessive de graisse dans les tissus adipeux, l’obésité est aujourd’hui un problème de grande envergure, qui touche toutes les sociétés développées et industrialisées. Dans ce contexte, les équipes de l’UNIGE et de l’Université de Pittsburgh ont identifié une réserve cellulaire, nichée dans le muscle, qui pourrait servir au développement de nouvelles voies thérapeutiques.

Adipeux blanc versus adipeux brun
Chez les mammifères, le tissu adipeux blanc, ou tissu gras, est responsable du stockage des graisses dans le corps, sous la forme de triglycérides. Il constitue ainsi la principale «réserve énergétique». Bien connu des scientifiques et présent chez les rongeurs, le tissu adipeux brun joue, lui, un rôle très actif dans la dépense d’énergie, car il utilise les acides gras comme générateurs de chaleur. Il permet aux souris de se réchauffer en période de froid et de griller l’excédent calorique dû à une suralimentation, prévenant ainsi la prise de poids. Or, chez l’homme, cet agent régulateur de la masse grasse disparaît peu après la naissance.

Une réserve au repos dans les muscles
Les scientifiques pensaient que les adipocytes blancs et bruns avaient la même origine. Mais cette hypothèse a été contredite récemment. En réalité, il s’avère que ces derniers sont produits à partir des mêmes cellules que celles à l’origine du tissu musculaire. Or, c’est précisément dans le muscle squelettique humain, que les équipes genevoise et américaine ont trouvé des précurseurs «endormis» d’adipocytes bruns.

In vitro, les spécialistes ont effet mis en évidence la capacité des cellules souches du muscle à se différencier en adipocytes bruns, brûleurs de graisse.

Récemment commentés dans les revues de référence Nature et Science, ces travaux inaugurent des pistes thérapeutiques inexplorées pour contrer l’obésité par la dissipation d’énergie. Ils font du muscle une nouvelle cible pour des traitements à venir.

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22 octobre 2008
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