Module 3 - Electronique versus papier,
les enjeux de la diffusion électronique pour l'édition savante

 

3.1. Un modèle universitaire...

- pour l'archivage

On comprend mieux, maintenant, que la diffusion électronique des documents scientifiques doit se faire à l'intérieur d'un cadre qui repose sur des normes, et que ces normes doivent être comprises par l'ensemble des acteurs du monde de la recherche. L'application de ces normes correspondent à un projet stabilisé qui dépasse l'individu, le chercheur, pour englober l'ensemble de la communauté scientifique.

Cela facilitera l'échange de documents, à partir d'un archivage obéissant à des règles admises par tous. Seule l'institution académique a la capacité d'archiver, de signaler et de diffuser l'ensemble de ces travaux dans un cadre normalisé qui dépassent les frontières institutionnelles ou scientifiques.

- pour la diffusion

A la lumière des expériences menées en France et en Amérique, nous pouvons avancer les faits suivants.

Le signalement sur les réseaux, à destination des communautés de recherche est ramené actuellement d'un an et demi, en moyenne, à 1à 2 mois. Il est possible d'être très rapidement, informé de l'état d'avancement de la recherche. Cela permet une réaction de la communauté concernée dans des délais qui créent les conditions d'un réel échange scientifique. La mise à disposition, grâce à la diffusion, du document lui-même nécessite des délais de l'ordre de 3 à 5 mois au lieu de 2 ans en moyenne, auparavant.

Le public concerné est sensiblement élargi puisqu'il n'y a plus de limites géographique ou institutionnelle. Tout chercheur qui a accès au réseau peut "consulter" le document dès sa mise en ligne et sans contrainte d'accessibilité "horaire". La consultation, et c'est là que réside une grande partie de la valeur ajoutée des traitements informatiques, est beaucoup plus fonctionnelle. L'objectif n'est pas de permettre la lecture en ligne ; se limiter à ce service reviendrait à minorer la qualité du service offert. Ce qui compte, c'est de pouvoir interroger le document structuré comme une base de données pour en retirer les informations qui intéressent le nouveau chercheur.

 

3.2. Vers un nouveau statut du document scientifique

A partir de ce nouveau type de recherche à l'intérieur de la structure du document, le chercheur pourra se constituer son propre corpus d'informations qui l'aideront dans sa propre démarche scientifique.

Le document devient partie intégrante d'un nouveau processus de recherche. Il justifie ainsi son véritable statut de document scientifique et d'outil pour la recherche. La diffusion sur les réseaux électroniques permet une accessibilité sans contrainte temporelle ou géographique ce qui est fondamental pour le chercheur. D'autre part, l'archivage et la mise en ligne dans le cadre des institutions scientifiques et de recherche, est le meilleur garant du respect des droits de l'auteur et de l'intégrité du document mis en ligne.

Les métadonnées qui décrivent le document structuré selon des règles normalisées permettent de constituer des bases de données de signalement qui facilitent la recherche de documents selon des critères de sélection diversifiés : discipline, thème de recherche, période, auteur. Elles permettent également de créer des listes de liens de signalement de documents quelle que soit leur localisation propre.

 

3.3. Un nouveau mode de partage des connaissances et un nouveau mode de diffusion de la recherche

Enfin, il faut prendre conscience des économies qui sont réalisées par rapport aux techniques d'archivage, d'impression/reproduction en vigueur actuellement. Cela s'explique par le fait que la reproduction d'un document numérique n'engendre que des coûts marginaux. La valorisation de l'auteur en est également grandement facilitée.

Lorsqu'une majorité d'auteurs scientifiques se seront engagés dans la voie de la diffusion électronique académique de leurs travaux de recherche, il sera alors possible de constituer une bibliothèque de recherche numérique accessible et partageable avec l'ensemble de la communauté mondiale. L'échange scientifique ouvre ainsi la voie à une nouvelle économie politique du savoir et de la connaissance.