Université de Genève
Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation

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Sabrina Carrozzini, Carlyne Hostettler & Monia Rahai

soutiendront leur mémoire de licence en sciences de l'éducation

Noël dans l'école laïque ?
Dilemmes et choix pédagogiques et didactiques des enseignants

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Mardi 3 juillet 2007, 14h15-16h15

Uni Mail, 40 Bd du Pont d'Arve, Genève
Salle 4389

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Jury : Olivier Maulini (directeur), Christiane Perregaux, Anne Perréard Vité

La séance est publique.

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Résumé du mémoire :

L’école publique est à la fois laïque et ancrée dans un territoire historiquement et culturellement structuré. Les traditions, les coutumes, les cycles temporels, les fêtes du calendrier sont en général l’héritage de croyances et de rites qui ne sont pas neutres religieusement, mais qui rythment et conditionnent la vie collective, hors et dans les murs de l’école bien souvent. Dans une société démocratique, pluraliste, multiculturelle, le rapport entre habitudes locales et visées d’universalité peut se trouver particulièrement problématisé. L’école et les enseignants sont alors aux prises avec un dilemme, au moins potentiel : comment mener les élèves à comprendre le monde dans lequel ils vivent, sans ignorer la variable religieuse, ni imposer aux jeunes consciences une idéologie et des valeurs incompatibles avec le postulat de laïcité ?

Cette recherche pose cette question en s’intéressant à la façon dont des enseignants de l’école élémentaire (élèves de 4 à 8 ans) abordent ou non la fête de Noël avec leurs élèves. Elle s’appuie sur deux semaines d’observations et d’entretiens avec les enseignants dans cinq classes socialement et culturellement hétérogènes de l’école genevoise. Les diverses pratiques sont analysées et comparées de manière à comprendre comment l’école compose avec les attentes sociales et tisse ou non des liens entre la vie des gens et les apprentissages scolaires..

Suite à l’analyse, trois constats évidents ont émergé. Premièrement, les enseignantes observées ne remettent pas en question leur pratique, tant que des questions ou protestations de parents ou d’élèves concernant la question religieuse n’apparaissent pas. Deuxièmement, la fête de Noël est clairement utilisée à des fins didactiques dans diverses disciplines. Les enseignantes évoquent souvent le caractère « motivant » de ces activités liées à la fête de Noël. Enfin, les enseignantes adoptent de manière générale une laïcité d’abstention/d’incompétence, en évitant tout sujet religieux en classe. Elles affichent une certaine prudence vis-à-vis de la question religieuse, par sentiment de manque de compétences, et mettent en place des stratégies d’évitement. Ainsi, les élèves reçoivent peu d’explications à propos des symboles qu’ils peuvent voir circuler dans ou hors de l’école durant cette période. Finalement, on remarque un écart entre les propos et les pratiques de ces enseignantes : la revendication d’une laïcité d’abstention/d’incompétence ne sécularise pas complètement des pratiques qui peuvent faire référence aux croyances religieuses sans les mettre explicitement en question.

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