Retour vers la recherche
Congrès de la Société suisse de recherche en éducation 2000
Atelier formation des enseignants
Recherche en sciences de l’éducation et formation d'enseignants: quelles tensions, quelles synergies?

ATELIER 2.13

Recherche en sciences de l’éducation et formation d'enseignants: quelles tensions, quelles synergies?
Bildungsforschung und Lehrerbildung: welche Spannungsfelder, welche Möglichkeiten des Zusammenwirkens?
Ricerca in scienze dell’educazione e formazione degli insegnanti: quali tensioni, quali sinergie?
Educational research and teacher training: what sources of tension and of synergy?
 

En Suisse et ailleurs en Europe, la professionnalisation du métier d’enseignant a passé et passe encore par de nouvelles articulations entre formation et recherche. Quelle que soit l’option institutionnelle retenue (licence universitaire, Haute école pédagogique, etc.), la question souvent posée est celle du rôle des Sciences de l’éducation en général, et de la recherche en particulier, dans le pilotage de la formation et la construction de compétences professionnelles. Mais si le travail théorique peut étayer ou alimenter le travail de formation, il peut aussi en tirer profit sous la forme de nouvelles questions, de nouvelles problématiques, de nouveaux champs ou le développement de méthodes et de dispositifs d’investigation. Cette dialectique recherche-formation ne va pas sans interrogations. Dans quelle mesure, par exemple, la recherche en Sciences de l’éducation peut-elle prétendre fonder ou simplement orienter la formation des maîtres ? Quels sont les objets, les démarches, les méthodologies et les postures scientifiques propices au développement de l’intelligence professionnelle des enseignants ? Comment passer de la compréhension rigoureuse des situations, des problématiques et des gestes, à la construction de compétences débouchant sur des prises de décision ? Comment articuler le dégagement propre au travail de recherche et l’engagement nécessaire à l’action pédagogique ? Comment, au bout du compte, assumer les tensions et imaginer des synergies entre formation des enseignants et analyse scientifique des situations et des interactions éducatives?

Die Professionnalisierung des Lehrerberufs hat sowohl in der Schweiz als auch im Rest Europas die Notwendigkeit neuer Bezüge zwischen Forschung und Praxis aufgezeigt. Welche auch die endgültige institutionelle Entscheidung (Universitätsdiplom, pädagogische Hochschule, usw.) sein mag, eine zentrale Fragestellung wird auch weiterhin die Rolle der Erziehungswissenschaften und insbesondere die Rolle der Forschung bleiben, vor allem in der gegenwärtigen Diskussion die Neudefinition von Ausbildung und der damit verbundenen notwendigen Berufskompetenzen. Wenn im Theoriebereich Grundlagen für die konkrete Arbeit im Ausbildungsbereich geschaffen werden, so kann dieser seinerseits ebenfalls aus den Erfahrungen der Praxis profitieren, dadurch dass diese neue Frage- und Problemstellungen aufwirft und ihren Methodenbedarf offenlegt.
Die neue Dialektik zwischen Forschung und Ausbildung wirft aber auch eine Reihe neuer Fragen auf, z.B. : In welchem Masse kann die Forschung im Bereich der Erziehungswissenschaften tatsächlich die Zielsetzungen der Lehrerbildung bestimmen bzw. beeinflussen? Welche wissenschaftlichen Forschungsobjekte, -methoden, -ausrichtungen tragen effektiv zum besseren professionellen Selbstverständnis der Lehrerschaft bei? Wie kommt man von einer systematischen Untersuchung der Berufsrealitäten, -probleme und -gesten zu einer klaren Konstruktion der Berufskompetenzen und folglich zu klaren Entscheidungsgrundlagen? Wie können die notwendige Distanzierung im Forschungsprozess und die notwendige Praxisnähe im Bereich des pädagogischen Handelns miteinander in Einklang gebracht werden? Wie können schlussendlich die unvermeidlichen Spannungen positiv genutzt werden, und damit Synergien zwischen Lehrerbildung und Schulforschung geschaffen werden?
(Uebersetzung Monica Gather Thurler)
 

Modération: Olivier Maulini, Université de Genève, Section des Sciences de l'Education

Intervenants: Christian Brühwiler, Danièle Périsset Bagnoud, Jean Rouiller

 

Lehrerbildung als Gegenstand empirischer Forschung
La formation des enseignants comme objet de recherche empirique

Christian Brühwiler, Forschungsstelle der Pädagogischen Hochschule St. Gallen

Mit der aktuellen Strukturreform der Lehrerbildung in der Schweiz ist der Anspruch verbunden, dass sich die Institutionen vermehrt an Wissenschaft und Forschung ausrichten. Ob der Diskussion um die Wissenschaftsorientierung, die sich vorwiegend um die Art der Forschung an den entstehenden Pädagogischen Hochschulen dreht, darf die Forschung über die Lehrerbildung nicht vergessen werden. Bisher ist nämlich die Lehrerbildung selbst kaum Gegenstand empirischer Forschung geworden. Die vorliegenden Arbeiten zur Lehrerbildung beschränken sich meist auf konzeptionelle Fragen.
Das Defizit an empirischer Lehrerbildungsforschung kann sicherlich auf die mangelnde Forschungstradition zurückgeführt werden. Da in der Schweiz der überwiegende Teil der Lehrerausbildung nicht-universitär erfolgt und einen hohen Berufsfeldbezug aufweist, sind in der Lehrerbildung zu einem grossen Teil erfahrene Berufspraktiker tätig. Diese sind im Allgemeinen wenig an empirischer Lehrerbildungsforschung interessiert und könnten aufgrund der mangelnden wissenschaftlichen Qualifikationen eine solche auch nicht fundiert durchführen. Häufig sind in der Vergangenheit Wirkungen der Lehrerbildung behauptet worden, ohne diese kritisch zu hinterfragen oder empirisch zu überprüfen.
Ein erster Versuch, das Defizit an systematischer Lehrerbildungsforschung in der Schweiz zu beheben, wurde mit dem Nationalfondsprojekt zur "Wirksamkeit der Lehrerbildungssysteme in der Schweiz" (unter der Leitung von Jürgen Oelkers und Fritz Oser) unternommen. Erstmals sind vergleichende Daten zur Lehrerbildung in der deutschsprachigen Schweiz erfasst worden. Die Ergebnisse zeigen beispielsweise, dass mit der Tertialisierung der Lehrerbildung ein positiver Effekt auf die Motivation der angehenden Lehrpersonen zu erwarten ist.
Die Schaffung eigener Forschungsstellen an den Pädagogischen Hochschulen bietet nun die Chance, die Lehrerbildung selbst vermehrt zu einem Thema empirischer Forschung zu machen, und so die im Nationalfondsprojekt begonnene Arbeit systematischer Lehrerbildungsforschung fortzuführen. Schliesslich müssten gerade die Lehrerbildungsstätten ein immanentes Interesse an wissenschaftlich gesicherten Ergebnissen zu Effekten in der Ausbildung von Lehrpersonen haben.
 

Des écoles normales aux Hautes écoles pédagogiques : histoire d’une transformation structurelle
Der Seminarien zur Pädagogischen Hochschulen. Die Geschichte einer strukturallen Veränderung

Danièle Périsset Bagnoud, Ecole normale du Valais romand, Sion

Mon insertion institutionnelle et mon objet de recherche (thèse de doctorat, soutenue au printemps 2000) sont les écoles normales du Valais romand. Ces institutions ont fonctionné en tant que telle de l‘été 1846 à juin 2000. Elles laissent alors la place à une HEP selon les thèses de la CDIP.
L‘histoire politique et sociale sur la longue durée de l‘institution "école normale" nous apprend que, loin de n‘être qu‘un lifting conjoncturel ou opportuniste, cette transformation du mode de fonctionnement de la formation des enseignants valaisans est structurellement liée à une transformation sociale profonde, irréversible.
Les tensions et synergies à chercher (et à trouver !) entre la recherche en sciences de l‘éducation et la formation des enseignants en HEP, en Valais mais sans doute aussi dans les autres cantons, sont bel et bien à construire, et le chemin peut se révéler ardu.
Ainsi, les écoles normales, bien qu‘ayant remarquablement évolué et s‘étant admirablement ajustées aux besoins modernes de la formation, restent issues d‘un projet politique, en Suisse comme ailleurs. Du 19e siècle qui a vu leur création au 20e, témoin de leur fermeture quasi concomitante, leur temps, politique et idéologique s‘est écoulé, définitivement.
Indéniablement, les HEP se trouveront à l‘interface de la recherche, des sciences de l‘éducation, du travail conceptuel propre à toute institution du tertiaire et des réalités quotidiennes, des relations avec des acteurs de la pratique formés par l‘ancienne institution, que tant la méconnaissance que la réalité qui, entêtée, résiste encore et toujours, a rendu parfois méfiants (qu‘on le veuille ou non) face aux discours „théoriques“.
A partir de l‘histoire des écoles normales et de leurs contenus de formation, cette intervention tentera de cerner quelques points importants hérités de l‘ancienne institution et de poser quelques questions, à défaut de pouvoir asseoir aucune certitude, pour dépasser les querelles stériles entre recherche universitaire et pratique de l‘enseignement et bâtir des synergies sur les tensions inhérentes à la cohabitation de ces deux mondes différents mais appelés à œuvrer en commun.
 

Chercheurs en sciences de l’éducation et formateurs d’enseignants : un dialogue difficile mais prometteur!
Forscherinnen/Forscher im Bildungsbereich und Lehrerbildnerinnen und Lehrerbildner: ein schwieriger, aber vielversprechender Dialog!

Jean Rouiller, Université de Fribourg, Département des Sciences de l’éducation

Un dialogue difficile …
Confiant une double mission aux instituts de formation en enseignement, la dialectique recherche-formation constitue un défi ambitieux. Recommandée dans le cadre de la formation des enseignants, cette ouverture à la recherche semble cependant se situer vaguement entre une sensibilisation aux pratiques de recherche et une conduite de recherches. L’aspect réducteur d’une telle conception peut être dépassé par une articulation des postures réciproques des chercheurs et des praticiens. Bien qu’elles soient encore souvent composées de défiances, de tensions, voire de conflits, les interactions entre chercheurs et praticiens doivent conduire à une recherche en éducation contribuant à professionnaliser le métier d’enseignant.
Contraints de faire de nombreux deuils face à la complexité des situations, les chercheurs opèrent une sélection drastique afin de délimiter leur champ d’étude et de circonscrire une problématique de recherche. Ce tri déçoit souvent les formateurs confrontés quotidiennement à la complexité et à l’urgence des situations. Ainsi plongés dans une logique téléologique, appuyée sur une pratique réflexive devant conduire à l’élaboration de solutions à leurs propres difficultés, les formateurs se méfient de la logique causale, noosphérique, propre aux chercheurs. Le praticien doit se décentrer de l’action immédiate en gardant à l’esprit le fait que la théorie est source de concepts, d’hypothèses et cadre d’interprétations ; tandis que le chercheur doit relever le défi de l’action par la validation et l’interrogation de ses outils d’analyse …
… mais prometteur : une formation à la recherche par la recherche!
Le concept de recherche collaborative développé par Desgagné de l’Université Laval (Québec) peut être aisément mis en œuvre car moins utopique que le statut d’enseignant-chercheur devant assumer un double rôle de chercheur à distance et de formateur impliqué dans la situation. L’approche collaborative sollicite le partenariat et promeut à la fois la production de connaissances et le développement professionnel des enseignants, tout en relevant le défi de la dialectique théorie-pratique. Cette collaboration entre chercheurs et praticiens permet la co-construction de savoirs liés à la pratique enseignante par un rapprochement des sphères de la théorisation et de la praxis.