Pluralité linguistique et culturelle à l'école - RECHERCHE EOLE


 

 

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EVEIL AU LANGAGE ET OUVERTURE AUX LANGUES (EOLE)
D'après le texte sur EOLE, site de la CIIP, rubrique "Activités"

QU'EST-CE QUE "L'EVEIL AU LANGAGE ET L'OUVERTURE AUX LANGUES" ?
Développées en Angleterre dans les années 80 par Eric Hawkins sous le nom de Language Awareness, pour favoriser chez les écoliers anglais a) la décentration et le développement d'habiletés métalinguistiques favorables à l'entrée dans l'écrit, b) le passage de la langue maternelle à l'apprentissage d'une langue étrangère, et c) la reconnaissance et l'enseignement des langues des élèves issus des minorités linguistiques, ces approches ont été reprises dans le monde francophone en particulier par L. Dabène et son équipe du Laboratoire de linguistique appliquée de l'université de Grenoble. En Suisse, E. Roulet avait élaboré, dès les années 80, un cadre théorique dans le but de rapprocher les pédagogies des langues maternelle et secondes, l'allemand en particulier, et de permettre aux élèves de mieux comprendre, à travers la diversité des langues, le fonctionnement du langage (E. Roulet 1980).

Les objectifs généraux des approches didactiques EOLE concernent la construction des attitudes et des aptitudes nécessaires pour que les apprentissages langagiers se déroulent dans de bonnes conditions, tant on sait que des conditions d'apprentissage et de la prise en compte du sujet apprenant, de ses représentations et de ses connaissances, vont dépendre, en partie au moins, son investissement cognitif et affectif dans l'abord des langues.


PLUS PARTICULIEREMENT, LES OBJECTIFS GENERAUX DE EOLE SONT :

  • l'accueil et légitimation des langues de tous les élèves,
  • la prise de conscience du rôle social et identitaire du français / langue commune,
  • le développement d'une prise de conscience du plurilinguisme de l'environnement proche ou lointain,
  • la structuration des connaissances linguistiques des élèves par la prise en compte de diverses langues présentes ou non dans la classe; développement de la réflexion sur le langage et les langues et d'habiletés métalinguistiques; développement d'une perspective comparative, fondée sur " l'altérité linguistique " et qui permet de mieux connaître une langue (par exemple le français) en en connaissant d'autres,
  • le développement de la curiosité des élèves dans la découverte du fonctionnement d'autres langues (et de la / des sienne(s)), de leur capacité d'écoute et d'attention pour reconnaître des langues peu familières, de leurs capacités de discrimination auditive et visuelle, de comparaison, etc.,
  • l'apprentissage d'une méthodologie de recherche concernant la compréhension du fonctionnement des langues, de leur rôle, de leur évolution et de leur histoire,
  • le développement de stratégies pour la compréhension des langues de mêmes familles,
  • le développement d'une socialisation plurilingue,
  • développement d'une " culture langagière ".


GENESE DU MANDAT
En 1990, le Département de l'instruction publique et des affaires culturelles (DIPAC) de Neuchâtel mandate un groupe de réflexion (groupe L1/L2) avec pour but de promouvoir une meilleure intégration des enseignements de langues dans les classes neuchâteloises ; en bref, de mieux intégrer les pédagogies du français - langue maternelle - et de l'allemand (prolongement des travaux de E. Roulet dans les années 80), au moment où l'allemand était introduit en 4ème. Cet objectif s'est ensuite élargi aux autres langues de la migration.

En 1993, des activités de type " Eveil au langage " sont testées dans 6 classes primaires neuchâteloises (rapport en 1995). Sans constituer une méthode d'apprentissage, EOLE apparaît bien comme un complément indispensable qui devrait contribuer à donner plus de sens à ces apprentissages et à améliorer le climat dans lequel ils se déroulent.

A cette période, le groupe neuchâtelois intensifie ses contacts avec l'équipe de l'Université de Genève de Christiane Perregaux et le Service pour les enfants non-francophones (SENOF) de la Direction genevoise de l'enseignement primaire. Ces derniers s'intéressent en effet à promouvoir des projets dans différentes classes, à introduire des cours de formation continue pour les enseignants et à familiariser les étudiants en formation initiale à ces nouvelles approches.

Le groupe L1/L2 de Neuchâtel reçoit ensuite un mandat transitoire de l'Office de Documentation et de Recherche Pédagogique (ODRP) pour formuler des propositions concrètes dans le domaine de l'éveil au langage et de la pédagogie intégrée (nouveau rapport en 1996). Une de ses propositions sera précisément d'élaborer un recueil d'activités dans le domaine de EOLE.

Les conférences de chefs de service primaire (CS1) et secondaire (CS2) donnent leur aval à cette dernière proposition et acceptent, au début 1997, qu'un avant-projet soit rédigé. Le Bureau de COROME donne suite à ces préavis favorables en constituant un groupe d'étude pour préparer cet avant-projet qui comprendra une description détaillée générale des supports à produire, ainsi que quelques activités-modèles. Le groupe d'étude a travaillé activement à cet avant-projet d'août 1997 à juillet 1998, date à laquelle il a remis son rapport au Bureau de COROME. Les activités- modèles ont également été utilisées dans une vingtaine de classes romandes au début de 1998 ; cette expérience s'est révélée très positive et encourageante. L'avant-projet a ensuite été mis en consultation auprès des cantons romands à l'automne 1998. Le groupe d’étude a ensuite synthétisé les remarques principales des cantons et pris position à leur sujet dans un rapport de consultation. Le Bureau de COROME s’est prononcé sur les résultats de la consultation et sur le rapport du groupe d’étude le 25 novembre 1998 ; les Conférences de chefs de services de l’enseignement primaire et secondaire ont fait de même lors de leur séance commune du 10 décembre 1998. Enfin, la séance plénière de COROME a traité de cet avant-projet le 15 décembre 1998. Pendant ce temps, une procédure ouverte d’appel d’offres a été lancée entre fin novembre et fin décembre pour rechercher des éditeurs privés, intéressés à participer à la réalisation de ce futur moyen d’enseignement EOLE.

Bien que la thématique d’Eveil au langage / ouverture aux langues ne soit pas remise en cause dans son principe, les discussions sur cet avant-projet ont mis en relief un certain nombre de difficultés liées à la mise en oeuvre et faisabilité de ce futur moyen (cf. intégration de ces activités dans les grilles horaires et les plans d’études, application de ces activités sur l’ensemble de la scolarité, des degrés -2 à +9, etc) ont été relevées. Dans ces conditions, il a été décidé de privilégier, dans un premier temps, une « implantation sectorielle » d’activités EOLE dans les cantons romands et de redimensionner quelque peu le projet initial.


ETAT DES TRAVAUX - SORTIE DES OUVRAGES
Au printemps 2000, six auteures et quatre directeurs/trices de collection ont été engagés pour rédiger une trentaine d'activités destinées aux degrés -2 à +6. Les manuscrits ont été remis au Secrétariat général à l'été 2001. Une phase de consultation et d'adoption a suivi à l'automne 2001. Ce moyen est actuellement en cours de réalisation et devrait sortir au début 2003

S'agissant des degrés secondaires, la pertinence et faisabilité de proposer des activités EOLE aussi à ce niveau ont fait l'objet de la réflexion d'un groupe de travail qui s'est réunit à cinq reprises entre septembre 2000 et mai 2001. Les conclusions et propositions de ce groupe, réunies sous forme de rapport, ont été soumises à l'appréciation des cantons et des instances concernées à l'automne 2001. Le rapport de consultation fait actuellement encore l'objet de discussions.

Les moyens d'enseignement Education et ouverture aux langues à l'école (EOLE) sont disponibles depuis le 29 janvier 2003. Ils comportent:

  • deux ouvrages (première enfantine - deuxième primaire / 3ème année primaire - 6ème année) comprenant chacun entre 16 et 19 activités
  • des documents reproductibles pour l'enseignant et les élèves
  • deux CD par ouvrage
  • une brochure comprenant un glossaire des 69 langues utilisées dans les activités et un lexique plurilingue (les 21 langues prises en compte représentent les langues les plus parlées de Suisse romande)

Ils peuvent être obtenus à la CIIP


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mars 2005