FICHE DE LECTURE
Par Djamila Dorner, Jérôme Pillet et Isabel Rojas
Introduction
La recherche a interrogé 73 professeurs en formation au sujet de leurs attitudes face à l’aspect multiculturel de l’enseignement (transmission d’information et manière d’étudier)
Les auteurs recommandent un programme d’entraînement théorique et pratique de l’éducation interculturelle car les étudiants ne sont pas sûrs que leurs études leur ont appris à améliorer leurs capacités à enseigner avec des élèves de cultures différentes
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Le concept de l’éducation interculturelle a évolué
ces 20 dernières années. Au départ l’intérêt
était posé sur les droits et les besoins spéciaux
des minorités. Le concept a par la suite évolué en
s’intéressant et en se focalisant sur la diversité culturelle,
l’égalité des chances et l’interdépendance.
NCATE (conseil national pour l’accréditation de l’enseignement des professeurs) a défini que le curriculum pour les études de professeur doivent incorporer des perspectives globales et multiculturelles.
Les résolutions ne suffisent pas : les enseignants doivent avoir les connaissances adéquates sur les diverses cultures et sur les manières d’interagir avec les élèves et les parents qui ne possèdent pas le même background culturel.
Une ancienne étude
Les futurs profs ont été entraîné sur 1
année. Puis au cours d’une semaine interculturelle ils ont été
interrogé : les résultats furent décevants.
è la majorité des étudiants voie le pluralisme culturel comme un droit pour les minorités et non pas comme un problème d’ensemble
Pourquoi ? Réponse simple : Peu de cours sont donnés sur cet aspect, les étudiants ne " subissent " qu’une simple sensibilisation. Car bien sûr, un seul cours ne suffit largement pas. Les effets d’un seul cours semblent plus négatifs que positifs.
Une autre étude a trouvé des corrélations signifiantes entre le fait d’étudier ailleurs que dans son département d’origine et les attitudes positives envers l’éducation interculturelle.
La plupart des cours ont un effet positif sur les connaissances en éducation interculturelle mais pas sur les pratiques
RECHERCHE
Examine les attitudes des étudiants-prof sur la conscience des aspects multiculturels de l’enseignement.
6 questions de recherche
+ Le problème avec l’éducation interculturelle est : ?
Méthode
N = 70
97 % Blanc, 96 % female, 48 % 1er année, 49 % senior
3 sections (selon les cours suivis)
A = 30,1 %
B = 31,5 %
C = 38, 4 %
Questionnaire, 43 questions (ABCDE è de je suis totalement d’accord à je ne suis pas du tout d’accord, C étant je ne suis indécis)
+ 2 questions libres sur la diversité culturelle en éducation (les questions ont été regroupées en 2 catégories)
Les items 1-3 répondent à la première question. Les items 4-14 à la question 2. Les items 15-18 à la question 3. Les items 19-22 à la question 4. Les items 23-28 à la question 5 et les items 29-43 à la question 6.
Résultats
Question 1 Est-ce que les étudiants en formation sont conscients des problèmes multiculturels dans l’éducation ?
Les sujets démontrent un intérêt poussé pour la question.
Question 2 Est-ce que les étudiants croient que leurs études les préparent à affronter les approches multiculturelles de l’éducation ?
Les étudiants sont moins d’accord avec les items concernant
La majorité des réponses exprime un intérêt à recevoir plus de cours dans le sens de comment enseigner aux élèves de différentes nationalités, comment amener d’autres cultures dans la classe, comment évaluer les progrès de divers étudiants de diverses cultures…
Question 4 Est-ce que les représentations des étudiants sur les pratiques de l’éducation interculturelle correspondent à la pratique et à la recherche ?
Les réponses montrent que les élèves ont peu de connaissance sur les recherches.
Question 5 Est-ce que les étudiants ont prévu le problème multiculturel dans leur classe ?
Les étudiants prévoient d’avoir des élèves minoritaires, des étudiants de culture religieuse différente.
Question 6 Est-ce que les étudiants ont des attitudes personnelles qui les empêche de mettre en action les approches interculturelles ?
La plupart des réponses sont d’accord avec le fait que les étudiants doivent connaître d’autres cultures que la leur.
Les sujets ne sont pas d’accord avec le fait que les profs non concernés par des élèves minoritaires ne doivent pas utiliser du matériel multiculturel et le fait que les élèves d’élémentaire trouvent les histoires et les chants d’autres cultures ennuyeux.
Réponses libres
1. Nous avons besoin de la diversité culturelle en éducation parce que :
34 % des réponses disent parce que la société est diverse
25,6 % les élèves doivent connaître les autres cultures
23,1 % l’éducation peut éliminer les préjudices et peut accroître la compréhension
…
2. Le problème avec l’éducation interculturelle est : ?
25,4 % difficile de changer les préjugés
22,4 % difficulté d’enseigner toutes les cultures et les difficultés à enseigner effectivement à des élèves de cultures différentes
19,4 % elle n’est pas assez enseignée
RESULTATS ET DISCUSSION
La plus grande proportion des étudiants sont d’accord sur le fait que la diversité culturelle en éducation est importante parce que selon eux, la société est diverse et de ce fait, ils ne peuvent être productifs dans une société diverse s’ils ne reconnaissent pas et ne travaille pas avec cette diversité.
Par contre, ils ne se sentent pas sûrs de leurs formations. En somme tout semble parfait sur le besoin de formation mais la mise en pratique semble causer souci.
Tout cela suggère qu’il semble plus facile d’étudier le matériel plutôt que les interactions humaines.
La demande en formation est forte car les étudiants manquent de confiance en leurs capacités. (auront-ils un jour confiance en leurs capacité ?). Cependant dans leurs réponses libres, seulement 14 % des étudiants répondent à la question " le problème avec la diversité en éducation c’est " : le manque de préparation. Donc, nous notons l’ambiguïté des attentes des étudiants, ils veulent plus de formation mais ne pense pas que la formation soit à l’origine des problèmes culturels en éducation.
Les connaissances des étudiants sur les résultats des recherches sont minimales. Nous pouvons en déduire à nouveau que les demandes des étudiants sont contradictoires : demande de formation mais les étudiants ne s’intéressent pas aux recherches (ils pourraient le faire en dehors de leur cours si ceux-ci ne sont pas assez axé sur la recherche)
Problème important : la majorité des étudiants n’était pas consciente du fait que la culture scolaire ne reflète pas la culture de la communauté dans des districts avec de large population minoritaire. La formation semble donc nécessaire sur ce point général.
Dans les réponses à la première question libre, les étudiants semblent conscients du fait qu’ils devront enseigner à des élèves de cultures diverses. Mais d’un autre côté une partie des étudiants (23 %) voit l’éducation multiculturelle en terme instrumental è qui permet d’éliminer les préjugés en vue d’un changement social. Ceci au contraire d’une autre étude faite dans l’Ohio où la majorité des personnes interrogées pensait que l’éducation multiculturelle pouvait améliorer les contacts entre " race " à l’école.
Dans les réponses à la deuxième question, les étudiants pensent qu’ils ne pourront pas être équitables avec tous les groupes ethniques à cause de leur manque de connaissance.
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EN CONCLUSION + RECOMMANDATIONS
LES ETUDIANTS EXPRIMENT LE BESOIN DE PLUS D’ETUDES MAIS ILS NE SONT PAS CLAIRS SUR LES BUTS DE L’EDUCATION MULTICULTURELLE ET COMMENT CELLE-CI VA INFLUENCER LEUR PRATIQUE.
L’aspect positif à noter ici est la conscience du problème, il y a là donc un terrain propice à l’éducation multiculturelle.
Leur manque de confiance peut refléter ici le manque de connaissance spécifique en interculturel qui leur permettrait de convertir de vagues attitudes en manière d’enseigner dans une société culturellement diverse.
Un seul cours ne suffit pas, l’éducation multiculturelle doit se faire sur le long terme, plus de recherches, plus d’expérience en laboratoire, plus de cours de méthodologie, plus de séminaire avec professeurs et parents.
Concernant la méthodologie :
De plus une question couvrait le problème de la formation. Les étudiants en demandant toujours plus, notre question est de savoir si un jour la formation couvrira les angoisses des étudiants. A notre avis, cela est impossible, à formation plus pointue, les angoisses vont également évoluer. Une formation où les étudiants n’auraient plus peur et par là-même ne se poseraient plus de question serait une mauvaise formation qui donnerait très certainement des réponses toutes faites, trop générales.
BIBLIOGRAPHIE
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