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Un spectacle de marionnettes

Sabine Fauriel

Narration

Projet : monter un spectacle de marionnettes en inventant complètement l'histoire et en créant les marionnettes, avec une classe de 2E, que l'enseignante avait déjà l'année passée.

Vue des trois protagonistes :

Elèves :

Ont déjà été mis au courant du projet en mai &endash; juin de l'année scolaire précédente.

Etaient très enthousiastes et motivés (en effet, ils ont vu plusieurs fois un spectacle monté par les deux enseignantes travaillant en commun, mais jamais ils n'ont pu jouer avec les marionnettes).

A la rentrée, les élèves donnaient tous l'impression d'avoir envie de faire une marionnette et de pouvoir jouer avec.

Lors du choix du lieu du déroulement de l'histoire, les élèves étaient peu sûrs d'eux et donnaient divers lieux sans se fixer sur un seul. L'histoire se déroulera dans ces différents lieux (forêt, mer, ferme, château, …)

Ensuite, les élèves ont choisi leur personnage en fonction des lieux de l'histoire. Certains élèves y avaient déjà réfléchis et étaient sûrs de leur choix. Trois copines ont choisi le même personnage (princesses). D'autres élèves ont profité des occasions : par exemple, un élève souhaitait jouer un cavalier, je demande alors s'il a un cheval et si un élève voulait jouer ce rôle. Pour les prénoms des personnages, j'ai rencontré la même situation. Certains l'avaient donné en même temps que lors du choix de leur personnage (par exemple, un voyageur se nommant Passeport) et d'autres y ont réfléchi plus tard. Certains ont attendu que d'autres élèves leur fassent des propositions.

Pour le récit de l'histoire, il s'agit d'une dictée à l'adulte. Seuls les élèves dont le personnage était présent à ce moment de l'histoire parlaient ou sinon les élèves essayaient d'introduire leur personnage, sans lien avec l'histoire commencée. Les élèves n'arrivent pas à avoir de recul par rapport à l'histoire (une histoire en commun, où toutes les marionnettes ont un rôle).

Enseignante :

Etait un peu soucieuse au mois de mai : les élèves ont tendance à raconter des histoires banales et peu intéressantes (maman est allée faire des courses,…). Elle a décidé de continuer plus abondamment de leur jouer des petites pièces avec l'enseignante d'à côté, pour donner des idées et inspirer les élèves.

Elle s'est beaucoup investi et a profité et profite encore du projet (elle avait une vision à long terme)

Elle y a rattaché plein d'activités, des ateliers, …

Elle a beaucoup d'expérience dans l'enseignement, mais aussi dans le domaine des marionnettes.

A été très contente et est enthousiaste pour un projet en début d'année (j'y suis allée à la rentrée), même s'il y a beaucoup d'autres choses à faire, car les élèves travaillent en coopération et se soudent.

Stagiaire :

Très bonne entente avec la formatrice, mais la difficulté principale était sur la gestion de la taille du projet : j'avais la vision d'un projet plus petit, négociable en 2 semaines et la formatrice, voulant profiter du projet, avait une vision à long terme.

Son expérience a fait qu'elle a quelques idées arrêtées sur le sujet. Cela m'a permis de voir autrement, j'en ai discuté avec l'enseignante. Nos discussions étaient très enrichissantes. Nous nous sommes mises d'accord sur certains points : nous avons changé quelque peu sa façon de dicter à l'adulte qui me semblait en demander trop aux élèves qui ne pouvaient pas se concentrer sur l'histoire ; les marionnettes ont été faites de manière plus solide (demandant évidemment plus de temps) pour que les élèves puissent les utiliser toute l'année et les garder en bon état à la maison ; …

Chacune a fait des concessions et le projet a été mené à bien, dans une bonne ambiance.

Je suis très content de mon stage. J'ai vu plein d'activités autour de ce projet, auxquelles je n'avais pas pensé en le préparant. Un projet permet de toucher à tous les domaines, en donnant un sens au savoir (domaines touchés : français : lecture, écriture, expression orale ; arts plastiques : confection des marionnettes ; motricité : déplacement, mouvement de la main ; …).

Réflexion

Premier volet

Une question restée en suspens est la suivante :

Quelle proportion du temps scolaire consacrer au projet ?

En effet, notre projet était à réaliser en deux semaines, à environ 50% du temps scolaire. Mais le projet semblait présent dans toutes les activités. Consacrer certains moments seulement au projet et l'oublier à d'autres : est-ce possible pour les élèves ? et pour l'enseignant ? Des liens sont souvent possibles. Mais les élèves ont-ils toujours le même intérêt si le projet dure en longueur ?

L'expérience faite en classe m'a apporté quelques éléments de réponse : tout dépend des élèves et de l'enseignant !

Certains élèves ont complètement investi le projet et y réfléchissaient à la maison (apporter des idées, des livres en rapport avec les marionnettes, apporter une marionnette à fil).

Certes élèves jouaient à la récréation en étant leur personnage de l'histoire.

Il est vrai que la plupart des élèves s'identifiait complètement à leur personnage. C'est important pour qu'il puisse ensuite jouer avec leur marionnette.

Mais doit-on pour autant, proposer que des activités en lien avec le spectacle de marionnettes ?

A ce propos, cette question me permet de faire le lien avec l'intégration des savoirs, car j'ai découvert l'exploitation de cette activité.

Deuxime volet

Sur l'intégration de savoirs, savoir-faire, savoir-être

J'ai bien sûr acquis différents savoirs, touchant à plusieurs domaines, en fréquentant l'enseignante et sa classe, mais je ne pense pas pouvoir prétendre avoir intégré des savoir-faire et / ou des savoirs-être en l'espace de si peu de temps (deux semaines, donc huit jours scolaires). Par contre, je fais tout de même quelques constats plutôt positifs.

Le premier me concerne : Comme cité ci-dessus, j'ai pu me rendre compte de l'importance que peut une activité et de tous les liens possibles, avec beaucoup de domaine. Grâce au travail de l'enseignante, nous n'avons presque jamais quitté le projet même si nous n'avancions pas directement le projet à proprement parler. A titre d'exemple, je vous parlerai de la salle de jeux : les élèves ont pris chacun une marionnette et se déplaçaient de la salle en leur parlant : cet exercice développe non seulement l'orientation et le déplacement dans l'espace, le positionnement par rapport à d'autre, mais aussi la prise en compte des parties de son corps et de l'importance de parler en regardant son interlocuteur (en l'occurrence sa marionnette), comportement très important pour pouvoir ensuite bien jouer dans le théâtre. Chaque projet est exploitable et devient plus intéressant. Mais je retrouve ainsi ma question de départ : jusqu'où aller avant l'overdose ?

Un deuxième constat touche plutôt les élèves : il me semble possible d'affirmer qu'une prise de conscience du groupe-classe comme un tout a été faite (un début de prise de conscience). Une prise de conscience permet d'aller plus loin et par conséquent d'intégrer des savoirs.

Les élèves ont été intégrés au groupe lors de différentes situations : le récit de l'histoire avec l'apparition de tous les personnages, jouer avec sa marionnette tout en parlant à d'autres marionnettes et donc à d'autres enfants, … Un atelier proposait de mettre deux cartes ensemble : les prénoms des élèves représentaient le premier tas et sur les cartes du second étaient inscrit les noms des marionnettes : reconnaissance des autres enfants ainsi que de leur personnage.

Ce travail en équipe, sur un projet commun, permet de souder une classe et de créer d'autres liens entre les élèves. Deux nouveaux élèves sont arrivés en début d'année : ce projet leur a permis de s'intégrer dans la classe.

Ce constat s'est confirmé par l'avis de la GNT qui est venue à la fin de la deuxième semaine. En effet, elle a trouvé l'ambiance de classe très sympathique et une bonne connaissance entre les élèves. Chacun a une place.

Un autre petit fait a traduit cette prise de conscience des autres : les élèves devaient apporter un bout de tissu pour la robe de leur marionnette et plusieurs d'entre eux ont aussi apporté des petits accessoires, mais pas seulement pour leur personnage. Ce geste prouve que les élèves connaissent les autres personnages présents dans l'histoire et que le projet est commun (chacun sa marionnette, mais pour jouer à plusieurs).