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 Le bisou de la sorcière ou les histoires " qui font peur "

Ben Huberman  

NARRATION DU PROJET

 Pour le stage complexité et " gestion de projet ", je me suis intégré dans la classe que j'ai suivie lors des stages dans le cadre de l'EAT 1. En effet, compte tenu du bon déroulement et de la bonne entente ressentie, j'ai souhaité continuer de travailler avec ma formatrice de terrain ainsi qu'avec toute l'équipe enseignante. Cette école se trouve en périphérie de la ville de Genève et accueille des élèves du premier cycle (1ère enfantine- 2ème primaire). Mon intervention s'est réalisée dans le cadre d'un projet d'école visant à favoriser son " ambiance " en proposant aux élèves du sous-cycle B (1-2P) de mener un projet pour leurs camarades des degrés inférieurs.

L'équipe enseignante et moi-même nous étions rencontrés au préalable afin de discuter de la nature du projet. A la suite d'un consensus, nous avons décidé de profiter d'Halloween en fin octobre pour organiser une fête où les grands " feraient peur " aux petits. Il importe toutefois de souligner que les élèves ont eux-mêmes relever l'importance de " ne pas faire trop peur " à leurs camarades, afin de ne pas gâcher la fête. La concrétisation du projet se devait donc de se dérouler dans le secret afin de préserver l'élément de surprise. En effet, nous comptions sur ce dernier pour " émerveiller " les élèves et ainsi leur faire sortir, le temps d'une demi-journée, de leur cadre scolaire. Chacune des 4 classes du sous-cycle B a alors organisé les activités en se rapportant au thème d'Halloween.

Dans ma classe d'accueil, la formatrice de terrain a présenté le projet en demandant aux élèves ce qu'ils souhaitaient faire. Après avoir brièvement discuté de l'historique d'Halloween et de son impact culturel, les élèves ont proposé de nombreuses idées gravitant autour de la décoration, de la nourriture et du spectacle. A la lumière de leurs propositions, nous avons décidé de nous organiser en 3 groupes ; un travaillant sur les histoires et les contes d' " épouvantes ", un avec le Kamishibai (théâtre d'images japonais) et un autre sur un spectacle de marionnettes. En parallèle, toute la classe travaillait sur la décoration en faisant des bricolages, des dessins et d'autres constructions " plastiques ".

Pour ma part, j'ai animé le groupe qui devait monter un spectacle de marionnettes. Nous sommes partis de l'histoire pour enfants, " le bisou de la sorcière ", et avons également crée des décors pour accompagner notre mise en scène. Ma formatrice de terrain a accompagné le groupe de lecture, et la GNT a pris en charge le groupe " Kamishibaï ".

Réflexion

Premier volet : la démarche de projet

Je pense que ce projet fut une bonne occasion pour l'émergence de savoirs " transversaux ", qui accompagneront les élèves au long de leur parcours de formation scolaire. En effet, dès lors que la dévolution du travail fut accomplie et que les élèves eurent approprié le projet, nous avons pu remarquer une quantité de savoirs et de savoir-faire qui allaient de pair avec l'avancée du projet et de la mise en place des activités. Les élèves étaient souvent en posture d'acteurs, constamment concernés par la coordination et le développement de leur projet commun. Ils se sont responsabilisés en s'appropriant véritablement de leurs apprentissages, toujours avec le souci de mener à bien leurs idées.

Par ailleurs, je pense que ce projet fut une bonne occasion pour les élèves de mettre de côté, ne serait-ce que pour un instant, leur " chapeau " d'écolier. De cette manière, nous avons pensé que les élèves qui éprouvaient le plus de difficultés dans les matières scolaires pourraient ainsi être davantage valorisés dans leur travail. Ils ont pu s'exprimer librement et participer sans contrainte évaluative. Les enfants ont écrit, lu, calculé, chanté, et même lancés des avions en papier (!). Cette diversité autour du projet a permis, à mon avis, au maximum d'élèves de trouver leur " place " dans la classe sans (trop) se soucier du regard " critique " de leurs pairs et leur enseignante. De cette manière, le projet a clairement profité aux élèves qui pourraient se sentir " peser " par le poids de l'évaluation.

Deuxième volet : le processus d'intégration

En ce qui concerne l'intégration des savoirs, je pense qu'il faudra attendre la fête d'école, quoi aura lieu cette semaine pour rendre compte de l'impact du projet sur la classe, dans un premier temps, mais également sur l'école, les enseignants et les personnes externes à l'école (parents, amis) qui accompagnent de près ou de loin l'éducation des enfants. Pour ma part, j'estime avoir œuvrer de manière assez minimale dans la coordination du projet pour plutôt me mettre dans les " baskets " des élèves et ainsi mettre de côté la charge du projet, qui fut néanmoins conduit avec une grande maîtrise par ma formatrice et toute l'équipe enseignant. J'ai pris beaucoup de plaisir à participer au projet, mais me rends aujourd'hui compte que je n'ai pas contrôlé grand chose… Toutefois, le projet fut pour moi une réussite car le plaisir était quasiment tout le temps au centre des activités, malgré le thème un peu lourd, et je suis persuadé que les élèves ont réussi à intégrer des outils nécessaires pour leur développement (inter-) personnel.