La fameuse posture reflexive!

La pédagogie de projet vue par Célestin Freinet

Quels sont les apports de Freinet pour la pédagogie de projet?

Le postulat de Célestin Freinet est le suivant : Les enfants ont envie de travailler. Alors pourquoi ne mettent-ils pas l'énergie qu'ils ont dans les apprentissages essentiels pour leur avenir?

  • Une pédagogie révolutionnée

L'hypothèse de départ dit que si les élèves ne sont pas motivés, c'est parce que les maîtres travaillent à leur place et les élèves ont un rôle unique, celui d'écouter.
Pour Freinet, il faut faire entrer les élèves dans des tâches qui ont du sens, car le vrai travail est une motivation et s'il a du sens, il donne aux élèves l'envie de s'investir davantage.
Il est donc du rôle de l'enseignant de faire naître le désir chez l'élève en créant des situations qui le pousse à se questionner, sans attendre que l'élève prenne lui-même l'initiative d'apprendre.
"Enseigner pour Freinet: L'art de faire émerger les questions et d'accompagner les élèves dans la recherche des réponses."(p.11)

Dans une démarche comme nous la propose Célestin Freinet, les connaissances scolaires ne sont pas une fin en soi, mais elles sont des nécessités internes de la tâche à accomplir. Elles prennent donc sens, car elles sont intégrées dans un projet global.

Le "vrai travail" comme le nomme Freinet a pour source des situations de la vie réelle extra-scolaire. Le destinataire est également modifié. Les élèves n'écrivent pas uniquement pour le maître, mais bien pour des destinataires extérieurs à la classe qui peuvent varier selon le projet mis en place.
En mettant les élèves dans des situations de la vie extra-scolaire, le maîte donne ainsi du sens aux activités.
Nous avons vécu cette situation dans le groupe des méta-chroniqueuses. Au début, nous avions dans l'idée d'écrire le journal pour les élèves de notre volée uniquement. Lorsque nous avons éclairci le(s) destinataire(s) de note journal et les objectifs qui vont avec, cela a changé notre manière de travailler. La perspective d'un journal "ouvert au monde" a donné plus de sens à notre travail et aux recherches faites autour de la démarche de projet.

  • Le travail collectif et ses dangers

Freinet relève deux dangers principaux du travail en collectivité.

D'une part, le danger du "qui va faire quoi". Est-ce qu'un élève bon dans un domaine où il a déjà certaines connaissances ne va pas uniquement se spécialiser dans ce domaine et "laisser tomber" le reste des apprentissages? Dans le même sens, est-ce qu'un élève moins doué ne va pas simplement s'exclure du projet et attendre qu'il se finisse sans rien faire? "Ne pas écarter les moins compétents au nom de la qualité du projet."(p.15)
Le problème de la spécialisation ou de l'exclusion peut être résolu avec ce que Freinet appelle: Les brevets individuels, c'est-à-dire des brevets obligatoires dont la préparation est individuelle. En fonction de leurs besoins différents, les élèves ont un plan de travail adapté qu'ils doivent effectuer seul. L'enseignant doit donc donner du sens au travail collectif tout en faisant attention aux progrès de chacun. Il y a des savoirs exigés pour tous et des savoirs de spécialisation propres à chacun.

D'autre part, il y a le danger de l'articulation entre la finalisation du projet et les apprentissages individuels. Comment faire pour ne pas être obnubilé par le projet et en oublier alors les apprentissages essentiels?
Freinet nous propose deux solutions:

    • La juxtaposition:

Elle est de la responsabilité du maître. Ce dernier juge lorsqu'il est nécessaire de passer à une activité individuelle s'il voit que le projet prend trop d'ampleur, dérive trop dans la logique de production et vice et versa.
Le maître fait varier les activités en fonction de la "réception" des élèves. Si ces derniers semblent se lasser ou au contraire s'emballer dans telle ou telle tâche, l'enseignant prend la décision de changer d'activité pour recadrer les élèves dans leur travail. Pour cela, il est nécessaire d'être vigilent afin de pourvoir "récupérer le moment où le travail de groupe bascule vers la dérive productive pour introduire alors des temps de travail individuels, et aussi identifier le moment où les travaux individuels s'engluent dans le formalisme et perdent toute référence à ce qui peut leur donner sens..." (p.17)

    • L'objectif-obstacle

Le maître se pose d'abord la question de ce qui doit être acquis. En fonction de ses objectifs, il va proposer des tâches aux élèves. La particularité de ces tâches est qu'elles contiennent des obstacles dépassables par les élèves correspondant aux objectifs.
L'objectif que le maître a en tête, est pour les élèves "l'obstacle" qu'ils doivent franchir pour pouvoir réaliser la tâche demandée.
"Concevoir des situations motivantes qui permettent de rencontrer les obstacles grâce auxquels on devra apprendre."(p.18)

Dans une activité collective, il est nécessaire que chacun rencontre un obstacle à sa mesure. (c.f. zone proximale de développement de Vygotsky).


Bibliographie:
  • Par Phlippe Merieu (2001).Célestin Freinet: Comment susciter le désir d'apprendre: PEMF
  • Vygotsky, L. S. (1934/1978). Mind in society : The development of higher psychological processes Editeur à trouver

Laetitia Mauri












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