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Dans la plupart des organisations, la formation est aujourd’hui soumise à des contraintes utilitaristes, la sommant de faire la preuve de son efficacité en terme de transfert d’apprentissage et de sa contribution à l’amélioration des performances individuelles et collectives. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi et, intuitivement, les formateurs sont les premiers à savoir que la formation remplit bien d’autres fonctions presque inavouables aujourd’hui : espace de récupération et de récréation, lieu de socialisation et de networking, signe de reconnaissance et récompense symbolique. Et si ces fonctions avaient elles aussi une réelle valeur ajoutée pour les organisations, suffisante pour assurer le fameux retour sur investissement attendu de la formation ?

La théorie de l’échange social, cadre de référence majeur des sciences sociales, sera utilisée pour jeter un regard neuf sur ces fonctions peu reconnues la formation. Elle permet en effet d’analyser la formation comme une pratique participant à la construction d’un contrat psychologique plus large et réciproque entre employés et employeurs, fruit de dons et de contre-dons tant tangibles que symboliques, décisif dans le développement d’une relation d’emploi durable et bénéfique pour les deux parties. Cette relecture de la formation permettra en particulier d’éclairer différemment deux champs d’action communs des formateurs. D’une part, nous examinerons la dynamique à l’œuvre dans les programmes d’intégration de jeunes recrues, moments privilégiés de construction de cette relation d’échange social. D’autre part, nous reposerons à travers ce prisme la question de l’évaluation des indicateurs et des facteurs d’efficacité des formations, en élargissant l’approche classique du transfert d’apprentissage.

La conférencière
Nathalie Delobbe, titulaire d’un doctorat en psychologie et sciences de l’éducation de l’Université catholique de Louvain, a été professeure de comportement organisationnel et de gestion des ressources humaines à la Louvain School of Management, en Belgique. Elle a rejoint cet été 2017 l’Université de Genève pour reprendre la Chaire en Formation des Adultes et Apprentissage dans les Organisations, au sein du laboratoire RIFT dont elle assure à présent la coordination. Ses champs d’intérêts scientifiques et travaux de recherche, menés jusqu’à présent dans des organisations belges de secteurs diversifiés, ont trait à la construction de la relation d’emploi et à la socialisation organisationnelle, à la gestion et au développement des compétences dans les organisations et aux déterminants et effets organisationnels de l’apprentissage et du développement des individus au travail. Ses travaux ont fait l’objet de publications dans des ouvrages, congrès et revues scientifiques internationales et de conférences à destination des professionnels de la GRH et de la formation.


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9 avril 2018
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