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A very deliberate effort is required to retrieve adult education’s ethical and democratic impulse.’

(Michael Collins (1991) Adult Education as Vocation, Routledge)

 

La formation des adultes a connu une transformation, ou au moins une réorientation, profonde ces trente dernières années. Ne serait-ce que le changement d’appellation : l’éducation des adultes est devenue la formation des adultes, une modification qui n’est pas anodine. D’aucuns prétendent que ce changement de nom témoigne d’un éloignement des apprentissages à l’âge adulte de l’éducation scolaire, d’autres soupçonnent une adaptation aux besoins économiques et politiques néolibérales qui exigent une approche plus utilitariste et « objective », un renforcement de la rationalité technique et des formes de vocationalisme basées sur les demandes de l’économie. Ces changements interrogent le rôle de l’université en tant que lieu de production de savoir scientifique, mais également en termes d’engagement dans la Cité. Ils posent également la question de sa capacité à fournir des espaces de développement de l’esprit critique, analytique et réflexif des étudiants. Si le débat comporte une dimension épistémologique – quelle articulation entre ‘science’ et valeurs, entre posture de chercheur et posture d’acteur ; comment conjuguer neutralité/objectivité scientifique avec engagement et valeurs – il nécessite également une réflexion axiologique et éthique : quels modèles de société sont promus implicitement et explicitement par les activités de recherche et d’enseignement dans le domaine de la formation/éducation des adultes à l’Université, sur les terrains d’intervention ou dans les organisations ?

Christopher Parson proposera quelques éléments de réflexion personnelle sur ces questions, qui l’ont traversé pendant les douze dernières années passées au sein du Secteur Formation des Adultes de la FPSE et qui ont été présentes dans ses enseignements. Dans le domaine de la formation des adultes d’aujourd’hui, quelle est la place de l’éducation populaire et communautaire, quelle continuité peut-on revendiquer avec la longue tradition de l’éducation des adultes au service de la démocratie et de la justice sociale ? Entre acquisition de compétences utiles à l’insertion économique et développement de l’autonomie personnelle et collective, comment se positionner sur ce champ sans pour autant prôner la pédagogisation des problèmes sociaux et économiques ?

 

Le conférencier

Depuis septembre 2006, Christopher Parson travaille en tant que chargé d’enseignement au sein du secteur Formation des Adultes de Faculté des Sciences de l’éducation de l’Université de Genève. Responsable des enseignements dans le domaine de la formation de base des adultes, la littératie et les enjeux sociopolitiques de la formation continue, il est également président de la Coordination Romande pour la Formation de Base des Adultes (CRFBA), membre de la Commission romande de la Fédération Suisse pour la Formation Continue (FSEA) et membre du comité de la Conférence Romande pour la Formation Continue (CRFC). 

Actif dans les milieux associatifs en Suisse romande, il participe activement à plusieurs réseaux de recherche européens dans le domaine de la formation/éducation des adultes et de l’éducation populaire et communautaire.


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25 avril 2018
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