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Les cultures, les identités et la question des femmes à l'ère de la mondialisation

Il s'agit, dans cette communication, de montrer comment la mondialisation marchande et la standardisation planétaire des modes de vie qui en est le corollaire ont provoqué une redéfinition de la notion de frontière et du couple culture/identité. Si l'uniformisation du monde par la globalisation est un phénomène majoritairement accepté sur tous les continents, les sociétés y réagissent par une double posture apparemment contradictoire : séduites d'un côté par leur accès à la consommation marchande, elles y opposent de l'autre des formes de résistance en élaborant des discours inédits sur leurs spécificités supposées. Au Nord comme au Sud du monde et dans un contexte marqué par le recours au religieux, les frontières deviennent identitaires et culturelles depuis qu'elles n'arrêtent plus les biens ni les marchandises mais qu'elles sont sommées de ne plus laisser passer les humains. Dans ces nouvelles configurations de la notion d'identité, les femmes tiennent une place majeure. Sommées depuis toujours de porter le signe identitaire de leur société, elles doivent aujourd'hui assumer cette charge dans un contexte nouveau. En un moment historique où les batailles pour l'égalité sont à l'ordre du jour, il leur faut résister aux injonctions identitaires des ordres patriarcaux et porter un discours de l'universel s'opposant à la fois à la confessionnalisation des identités et à leur instrumentalisation par les canons de l'ordre marchand. C'est en échappant à cette double adversité qu'elles peuvent forger dans le monde actuel les outils de leur liberté.


Sophie Bessis est agrégée d’histoire, chercheuse associée à l’IRIS, spécialiste des relations Nord/Sud, des questions africaines et du Maghreb.

Elle a occupé le poste de rédactrice en chef dans plusieurs magazines et revues (Jeune Afrique, Vivre Autrement, Le Courrier de l’Unesco…) avant de devenir consultante auprès d’organisations internationales dans plusieurs pays africains. Elle a enseigné à l’INALCO et au département de Sciences politiques de l’Université Paris I. Elle fut membre du Haut Conseil pour la Coopération internationale (HCCI) entre 2000 et 2001.  Elle a écrit une douzaine d’ouvrages traitant des questions de développement, du Maghreb et du monde arabe, ainsi que de la condition des femmes dans ces deux régions.

 

6 juin 2018
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