Partenariat entre le terrain et l'université

Le compagnonnage

 

Chaque étudiant-e travaille durant les semaines de terrain avec le même formateur ou la même formatrice de terrain. Ce travail s’effectue en liaison avec l’équipe universitaire, en particulier les chargé-e-s d’enseignement responsables. Le contenu des semaines de terrain est négocié et des tâches bien spécifiées sont réalisées par les étudiant-e-s. En ce qui concerne l’évaluation, les formatrices et formateurs de terrain interviennent constamment dans une posture formative. Dans la démarche avec les étudiant-e-s deux aspects sont plus particulièrement privilégiés :

• un compagnonnage pendant lequel la formatrice ou le formateur de terrain associe l’étudiant-e à tous les aspects transversaux de la vie de la classe et de l’établissement ; cette association fait l'objet d'un contrat, assorti d’un itinéraire de compagnonnage ;

• un accompagnement des travaux à réaliser par l’étudiant-e (discussions, propositions, analyses).

L’étudiant-e accompagne la formatrice ou le formateur de terrain dans l’exercice de son métier. Il ou elle le voit travailler, enseigner agir, prendre des décisions, collaborer avec d’autres enseignant-e-s, L’étudiant-e peut être à ses côtés, et aussi faire avec ou même faire tout seul, mais toujours avec quelqu’un qui, à son tour regarde, écoute, assiste à ses commencements, accueille ses incertitudes.

Cette rencontre quotidienne, faite d’expérience commune et de paroles échangées, permet au savoir de se construire, de se transmettre.

L’enseignant-e n’est pas forcément un modèle, mais cette personne est amenée à accepter d’être parfois un pôle identificatoire pour l’étudiant-e. On apprend aussi en imitant, en faisant comme, puis en modulant selon son propre registre. Un-e enseignant-e ne peut fonctionner comme norme, mais il ou elle participe à la construction plurielle de la pratique de la personne qui apprend le métier. Un-e étudiant-e peut ainsi ressentir, agir, comprendre, se familiariser, poser des questions, se surprendre dans l’imprévu de l’action. Il lui faut passer par des phases où d’un «ça paraît simple» il ou elle fait le deuil d’une réponse souhaitée parfois magique, il ou elle se met en position d’apprendre à construire dans la diversité et la complexité. Cet apprentissage à même le terrain - apprendre en travaillant, travailler en regardant - est essentiel. Ce qui s’apprend dans la théorie trouve ici à se vivre dans l’action avec toutes les nuances qu’il s’agit d’apporter.

La posture de la formatrice ou du formateur de terrain revient en quelque sorte à montrer, accompagner, parler, tenter de comprendre ce qui fait la spécificité de certains gestes, etc. L’enseignant-e doit tour à tour rassurer, inquiéter, faire prendre des risques, faire confiance. Les actions qui favorisent, c’est «faire ensemble, laisser faire même jusqu’à l’échec pour pouvoir en parler, débattre, conseiller, échanger». Si cela marche, alors chacun apprend de l’autre, évidemment pas les mêmes choses, ce qui ne peut parfois pas être mesuré immédiatement, mais seulement après coup.

Il existe des gestes professionnels qui ne peuvent s’apprendre que sur le terrain, la formatrice ou le formateur peut les repérer et les transmettre. Il est d’autres savoirs qui sont à chaque fois contextualisés : «je fais cela en cet instant», mais «je fais autre chose à un autre instant». Cet apprentissage du temps, de la différence, de l’importance du moment est nodal et ne peut être appris qu’en le vivant. Le compagnonnage est donc une façon, sur le terrain, dans les situations singulières, de construire et transmettre des savoirs de l’expérience, mais aussi du matériel. Il vise à une meilleure compréhension des gestes du métier. Cela est exigeant, et demande à chaque fois que l’on réfléchisse ensemble.

Cela demande aussi que l'étudiant-e soit actif ou active dans la classe, qu'il ou elle vive des expériences pratiques, qu'il ou elle intervienne auprès des élèves, ou travaille par moments aux côtés de la formatrice ou du formateur de terrain. Toutes les occasions qui confrontent les étudiant-e-s subjectivement aux enjeux abordés dans le module sont bonnes à saisir: préparer une activité, donner une leçon, rédiger un document pour les élèves, travailler avec un groupe, corriger un exercice, lire ou raconter une histoire, organiser un jeu, écrire au tableau noir, participer à un entretien avec des parents, collaborer avec des collègues, participer à des réunions d'établissement, de réseaux ou de régions, etc.

Le compagnonnage du module est un des lieux dans la formation - pas le seul - où ce type de transmission est possible. Il s’articule ici à d’autres dispositifs, et traverse toutes les semaines de terrain. Les questions et les thèmes de travail peuvent varier d'un lieu à l’autre, mais ils devraient être sélectionné de façon à :

• couvrir ensemble les cinq facettes principales du module;

• rendre le travail des étudiant-e-s compatible avec ce qui se passe spontanément en classe, étant entendu que l’étudiant-e stagiaire ne peut influencer que marginalement la marche de la classe ; il importe donc de choisir des phénomènes susceptibles d’être observés presque n’importe quand dans n’importe quelle classe;

• permettre une approche interdisciplinaire, nécessitant des éclairages en provenance de différentes sciences humaines;

• constituer des apports de formation mutuelle pour les autres étudiant-e-s;

• permettre une observation participante intensive, mais sans instrumentation de recherche contraignante.


 

Le contrat de compagnonnage

Un contrat est négocié durant les premiers contacts avec le terrain. L'étudiant-e et sa formatrice ou formateur définissent ensemble des objectifs et des modalités de travail pour chacune des cinq unités de formation. Ils répondent à ces trois questions :

1. Qu'allons-nous observer ou essayer d'observer ?

2. Qu'allons-nous essayer de comprendre, expliquer, discuter ?

3. Qu'allons-nous exercer ?

Ce contrat s'incarne dans le document Itinéraire de compagnonnage, qui tient lieu de guide. Il est réactualisé ou transformé régulièrement. Tout ne peut pas être planifié. Mais il est possible de fixer à l'avance des moments où l'étudiant-e assumera concrètement certaines responsabilités, de manière à vivre des expériences formatrices, à développer des compétences, à tirer parti des observations et des discussions avec la formatrice ou le formateur de terrain.

L'étudiant-e a la responsabilité de la classe pendant deux journées de co-formation du module et la formatrice ou formateur, peut lui confier par ailleurs la gestion de certaines activités. Cependant la responsabilité de la tenue de classe n'est pas l'objectif prioritaire des semaines de terrain. L'étudiant-e agit comme un "observateur-participant" dans un cadre de compagnonnage où la négociation joue un rôle essentiel. Ainsi, les contacts avec les parents ou d'autres professionnels sont concertés avec le formateur, la formatrice de terrain et/ou l'équipe responsable.

Ce document à déposer dans le portfolio :

Le compte rendu de compagnonnage à deux volets, rédigé à la fin du module et signé par les parties.

La collaboration entre le terrain et l'université

Les chargé-e-s d’enseignement sont les interlocuteurs privilégiés des formatrices et formateurs de terrain attribués aux étudiant-e-s formant leur groupe de base. Des rencontres ont lieu régulièrement, sous des modalités différentes, pour traiter des aspects pédagogiques de la formation, des objectifs et démarches de formation, de l’itinéraire de compagnonnage, des travaux des étudiant-e-s.

Les modalités de rencontres entre les formateurs de terrain et les formateurs universitaires :

Présentation des objectifs du module, du dispositif et du rôle des formatrices et formateurs de terrain. Cette rencontre est destinée en priorité à celles et ceux qui débutent cette année dans le module, mais elle est bien évidemment ouverte aux "plus anciens" qui le souhaitent.

• Une rencontre tripartite entre étudiant-e-s, formatrices et formateurs du terrain et universitaires

Prise de contact, préparation des semaines de terrain, explicitation des démarches, du contrat-cadre, de l'itinéraire de compagnonnage, questions/réponses.

Une journée de rencontre et de Co-formation

Cette journée est commune aux formatrices et formateurs de terrain et de l’université, centrées sur des problématiques du module. Elle aborde chaque année un thème différent. La responsabilité de la classe est assurée par l’étudiant-e, après concertation avec la formatrice ou le formateur de terrain. Chaque étudiant-e assume ainsi un jour de tenue de classe, ce qui permet aux formatrices et formateurs de terrain de participer à la journée de Co-formation. Des informations détaillées sont diffusées par le biais de la Traversée, bulletin de liaison du module.

• Un événement extra muros

Il s'agit d'un événement de la vie culturelle et/ou sociale, en fonction de l'actualité (film, exposition, débat, conférence, ...), réunissant formatrices et formateurs et étudiant-e-s pour une sortie-débat sur une thématique transversale. La date de ces événements est annoncée sur nos pages extra muros.

• Une rencontre tripartite facultative dans la classe

La date de cette rencontre est fixée d’entente entre les trois partenaires mais ce sont les personnes sur le terrain qui en prennent l’initiative (étudiant-e-s et/ou formatrice ou formateur de terrain).

• Participation aux ateliers et matinées thématiques du module

Les formatrices et formateurs de terrain qui souhaitent participer à l'un ou l'autre des ateliers (ou matinées thématiques), destinés en priorité aux étudiant-e-s, devront auparavant en informer Andreea Capitanescu Benetti, coordinatrice du module. Les horaires détaillés et les salles de travail des différentes journées sont disponibles sur le site et la page calendrier.

Modalités d'organisation sur le terrain scolaire

- Pour les étudiant(e)s-stagiaire (etu) : veuillez cliquer ici

- Pour les formateurs et formatrices de terrain (FT) : veuillez cliquez ici.

 

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