Co-formation des formateurs de terrain (FT) et formateurs de l'université (FU)

 

Cette année, le module transversal EAT1 invite les formatrices et formateurs de terrain à un moment de partage à l'occasion de la journée de co-formation suivante :

 

Faut-il (un peu) rêver pour bien (se) former ?
L’avenir de l’enseignement entre idéalisme et réalisme

Jeudi 30 novembre 2017

 

Une étudiante interpelle sa formatrice : elle ne comprend pas pourquoi la formation ignore des idées aussi novatrices que l’éducation bienveillante, la discipline positive, la méditation de pleine conscience, la neuropédagogie, le fablab ou la classe inversée ; sont-elles trop futuristes pour que l’école et l’Université daignent s’y intéresser dès maintenant ? Une camarade lui répond qu’elle préférerait des études ayant les pieds sur terre, ancrées dans les pratiques ordinaires plutôt que dans des propositions didactiques et pédagogiques qu’elle ne trouve pas conservatrices, mais au contraire (et déjà) « utopistes » et « inapplicables » à leur niveau. L’une voudrait davantage d’imagination, l’autre d’assurance. « Qui ne risque rien n’a rien » ou « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » ? La sagesse populaire leur donne à toutes les deux raison…

Former un enseignant, c’est forcément se placer entre deux perspectives : d’une part celle du métier réel, tel qu’il s’opère ici et maintenant ; d’autre part celle du métier espéré, imaginé, plus ou moins idéal et idéalisé, tel que nous le projetons. Se vouloir très « réaliste » ou au contraire « volontariste » peut changer le degré de la contrainte, pas sa nature. Comme il est impossible d’agir sans anticiper un à-venir, on voit mal comment guider un novice sur le chemin de l’apprentissage sans lui montrer un point à l’horizon. L’enseignement explicite, la pédagogie différenciée, la didactique coordonnée ou l’école connectée peuvent servir de référence provisoire ou définitive à nos prises de position, y compris et même d’autant plus si nous les valorisons inconsciemment. Si nous voulons débattre des lendemains qui nous chantent, nous avons intérêt à les mettre en mots explicitement.

Tout candidat à l’enseignement a un rapport plus ou moins conservateur ou prospectif, discipliné ou critique, modeste ou ambitieux, aux compétences à acquérir. Tout directeur d’établissement a des attentes plus ou moins grandes vis-à-vis de la relève et de la profession qu’elle vient, de son point de vue, intégrer, renouveler ou carrément bousculer par la fraîcheur de ses attitudes et de ses idées. Et au-delà de la hiérarchie de proximité, l’autorité scolaire, la classe politique, les parents d’élèves, la presse et la population peuvent tous avoir une opinion de ce que l’école, respectivement fait et devrait faire dans un contexte donné. Parfois, les enseignants trouvent qu’on les met sous pression. Parfois qu’on sous-estime leurs capacités. Trop ou pas assez attendre de l’institution sont deux manières opposées de la négliger, qui peuvent malheureusement s’additionner. Mais si les ambitions éducatives divergent – si les volontaristes traitent les réalistes de « fatalistes », et que les réalistes prennent les volontaristes pour des « rêveurs » – comment savoir où placer (idéalement ou avec réalisme !) le curseur du progrès envisagé… ?

Notre journée de co-formation abordera cette question sous ses deux angles principaux : d’une part celui du curriculum formel, des objectifs et des contenus des unités du module, de leur façon d’anticiper ou non (à brève et longue échéance ) les évolutions du lien éducatif, du métier d’élève, de la diversité culturelle, des relations familles-école, de l’organisation du travail scolaire ; d’autre part celui du curriculum réel, des interactions entre formateurs et étudiants sur le terrain et à l’Université, dans une division du rapport entre idées de l’avenir et réalités du présent que nos rencontres doivent justement interroger.

Pour le groupe de préparation :

Olivier Maulini, Zakaria Serir, Carole Veuthey & Valérie Vincent,

Université de Genève, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation

 

Programme détaillé de la journée de coformation : La Traversée n°58.pdf.

 

**********************************************************************************************************************************

Liste des co-formations depuis 1997 :

24 avril 1997 : Analyse de situations éducatives complexes

25 avril 1997 : Les compétences professionnelles transversales : observer, comprendre, agir

5 mai ou 25 mai 1998 : La gestion de classe : quelle(s) conception(s), quelles compétences ?

8 mai ou jeudi 28 mai 1998 : Le compagnonnage : comment apprend-on de l’autre ?

4 mai ou 20 mai 1999 : Apprendre, conserver, oublier, se souvenir. Le rôle de la mémoire dans l’éducation et la formation

7 mai ou 25 mai 1999 : La diversité culturelle : enjeux et ressources pédagogiques

9 mai 2000 : Je me questionne, je te questionne : la circulation du questionnement dans la relation formateur-étudiant

6 mai 2000 : Gestion du travail scolaire et hétérogénéité des élèves

8 mai 2001 : Le travail invisible de l’enseignant

28 mai 2001 : La classe

30 avril 2002 : Vivre et travailler ensemble à l’école

30 mai 2002 : Université-terrain et besoins de co-formation

6 mai 2003 : Formation de terrain : éthique d’un accompagnement

2 juin 2003 : Le travail biographique en formation

26 avril 2004 : Le compagnonnage : état des lieux et propositions

25 mai 2004 : Espace privé, espace public : quelles relations entre les familles et l’école ?

25 avril 2005 : Le contrat de compagnonnage

24 mai 2005 : Quatre regards sur le métier

25 avril 2006 : Le "transversal" aujourd'hui dans EAT1 ?

29 mai 2006 : Entrer dans la formation par le transversal : simple rocade ou vrai changement ?

14 décembre 2006 : L'acteur et le système. Etudier, enseigner, former en période d'incertitude

18 janvier 2007 : Se former et former aux enjeux de la diversité dans l'école et la société

4 décembre 2007 : Critiquer sans disqualifier ? Enjeu de formation

6 novembre 2007 : Ecole et la cité

4 décembre 2008 : Travail sur le groupe-classe et le vivre ensemble, place de la loi et des institutions, place de l'autorité : comment les transmettre en tant que formateurs de terrain ?

5 novembre 2009 : Travailler plus pour apprendre mieux ? Quantité et qualité du temps scolaire : quel profit pour les élèves (en difficulté) ?

3 décembre 2009 : Savoirs pour agir. Savoirs en sciences de l'éducation et formation professionnelle des enseignants

5 novembre 2010 : La formation des enseignants doit-elle normer les pratiques ? (Traversée n°44) Introduction par Olivier Maulini

9 décembre 2010 : L'école à l'épreuve des questions sensibles : le difficile enseignement des questions socialement vives (Traversée n°45) Présentation par Nadine Fink et Philippe Haeberli (équipe ERDESS - équipe de recherche en didactique et en épistémologie des sciences sociales)

7 novembre 2011 : 1712-2012 - Rousseau, formateur d'enseignants ?

Conférence de Michel Fabre La Traversée n°46

8 décembre 2011: Le même et le différent : réflexions sur le faits religieux et leur enseignement à l'école primaire La Traversée n°47

8 novembre 2012 : Qui a peur des relations famille-école ? Enjeux, défis et ressources de la formation des futurs enseignants
Voir La Traversée n°48

30 novembre 2012 : Parler d’homophobie à l’école primaire: des intentions à l’action
Voir La Traversée n°49

7 novembre 2013 : Voir avec émotion : apports, enjeux et perspectives de l'observation attentive en classe. Voir la Traversée n°50.

29 novembre 2013 : L'élève en difficulté : victime ou coupable ? Et comment former les jeunes enseignants à chercher d'autres explications... Voir La Traversée n°51.

31 octobre 2014 : Enseigner : un métier désenchanté ? Et ce que les formateurs en disent aux formés…Voir La Traversée n°52 et La Traversée n°53.

27 novembre 2015 : La culture comme passerelle pour transmettre le sens de la vie et des apprentissages avec Serge Boimare et Alain Borer, organisée par Myriam Lavalley et Marie-Dominique Kessler. Voir La Traversée n°54 : Traversée n° 54.pdf et La Traversée n° 55.

1er décembre 2016 : L'école, terre d'asile ? Voir La Traversée n°56 : Traversée 56.pdf. Sanchez-Mazas, M. (2012). L'impact des mouvements migratoires contemporains sur la vie scolaire genevoise, Ecole et migration à Genève, Actes du colloque, pp.48-53, Genève : DIP.  Sanchez-Mazas.pdf

 

top