Unité 3 Cultures, diversités, altérité

Equipe : Margarita Sanchez-Mazas (GRIFE-GE), Geneviève Mottet (GRIFE-GE), (LIFE)Isabelle Collet (GRIFE-GE) et Aneta Mechi (GRIFE-GE)

En situant l’interculturalité au cœur du quotidien éducatif, l’objectif global de cette unité de formation est d’initier les enseignant-e-s à une démarche réflexive sur certaines  problématiques inhérentes aux contextes éducatifs actuels, marqués par une hétérogénéité et une pluralité d’acteurs. Les thématiques de la relation à l’Autre scolarisé, les représentations de la diversité des langues et des cultures et des phénomènes migratoires, ainsi que les dynamiques interindividuelles et intergroupes en milieu scolaire interculturel seront abordées dans une perspective d’optimisation de la pratique professionnelle et de réponse aux missions clé de l’école (apprentissage, orientation, lutte contre l’échec scolaire, égalité des chances). L’unité de formation propose ainsi de travailler, à partir d’observations issues du terrain et de documents filmés, sur les représentations implicites et les processus psychosociaux plus ou moins conscients impliqués dans l’agir enseignant en contexte d’interculturalité. Ce travail permettra également d’interroger les possibles effets de ces représentations et processus sur différents aspects de la scolarité, ainsi que les enjeux identitaires qui les traversent parfois. 

Problématique générale

Le travail de l’unité doit permettre en premier lieu d’équiper les enseignant-e-s d’un bagage théorique et pratique pour dépasser deux erreurs communément commises dans les contextes de diversité culturelle et dont il convient de se méfier dès lors que l’on s’intéresse aux liens entre éducation et culture : projeter sur les autres son propre cadre de référence ou tout expliquer en fonction des cultures dites d’origine. La première, caractéristique d’une conception universaliste, revient à sous-estimer l’influence de la culture en généralisant les manières d’être, de penser et d’agir dominantes perçues comme « naturelles » à l’ensemble de la population. La seconde, propre au relativisme culturel, consiste à faire une lecture individualisante d’une situation selon l’origine culturelle de l’individu concerné au détriment d’autres facteurs susceptibles d’y être impliqués. Ces facteurs relèvent non seulement du domaine individuel, tels que l’âge ou la langue maternelle, mais également du contexte social dans lequel l’individu s’inscrit, tels que, notamment le milieu socio-économique, les rapports de genre, la situation de majorité ou de minorité, la position sociale ou les dynamiques de reconnaissance (et/ou de déni).

Le second apport de l’unité s’articulera autour de la notion de situation éducative complexe. Celle-ci se doit d’être problématisée en lien avec des variables liées à l’hétérogénéité et en tenant compte du fait que la perception de la complexité d’une situation peut induire des sentiments d’impuissance ainsi que des réponses simplificatrices activées par des stéréotypes. En effet, dans la situation d’interaction et d’immédiateté qui caractérise l’action éducative, l’interprétation culturelle est souvent mise en avant au détriment d’une analyse plus fine permettant d’identifier les autres pièces qui interviennent dans la construction de ce « puzzle culturel ». Dès lors, la dimension culturelle ne saurait être traitée sur le seul mode du rappel des principes ou de la valorisation de la diversité. Elle exige de développer une aptitude à saisir les imbrications entre le social, le culturel et le scolaire afin de traiter les problèmes liés aux parcours scolaires d’enfants de diverses provenances, d’anticiper les perturbations liées aux faits migratoires (accueil, intégration, départ, etc.) et de gérer des situations complexes sur le plan des rapports entre élèves, entre enseignants et élèves, ou entre école et famille. Il s’agira alors de questionner les dynamiques et les dilemmes dans lesquels se retrouve l’enseignant-e face à des enfants et des familles dont les trajectoires et situations scolaires et sociales sont compliquées, difficilement lisibles ou susceptibles d’être interpétées à partir de registres de discours socialement, politiquement et médiatiquement construits.

Objectifs spécifiques

-       analyser les mécanismes à l’œuvre dans les situations de pluralité des conditions sociales, de genre et de culture les rattacher tant à l’existence de stéréotypes et de préjugés, qu’aux contraintes propres à l’agir enseignant ;

-       sensibiliser les futur-e-s enseignant-e-s aux symboliques impliquées dans les pratiques sociales afin de se dégager d’une vision normative et normalisatrice, de les rendre attentif-ve-s aux significations particulières que les personnes, notamment les familles, attachent à des éléments de l’univers scolaire ;

-       réfléchir aux situations éducatives dans une perspective plurilingue en identifiant les enjeux linguistiques selon le moment de scolarisation et la place donnée aux langues, premières et secondes, aussi bien à l’école qu’au sein de la famille.

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