Li, T., Maulini, O. & Vellas, E. (2017)
Extrême Orient, extrême enseignement ?
Educateur, 6 (pp. 3-18)

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Sept pays asiatiques aux sept premières places de l’enquête PISA 2012, avec des scores dépassant allégrement, qui plus est, la moyenne OCDE : les études se succèdent pour comprendre les raisons de ces succès. On y relève le niveau de richesse de ces pays, la forte pression académique, la discipline collective, l’autorité dévolue aux enseignants... mais aussi des sentiments de mal-être parfois profond chez les étudiants. Comment enseigne-t-on dans ces pays ? Qu’est-ce qui explique le succès de la plupart d’entre eux aux tests internationaux qui comparent les performances des élèves ? Ce numéro de l’Educateur nous emmène tout d’abord en Corée du Sud, dont le système éducatif est considéré comme l’un des plus performants. Instruments poussés de monitorage, haut niveau de qualification et haut degré d’autonomie des enseignants en matière de curriculum et d’évaluation, apprentissages basés sur la compétition, fort désir de réussite scolaire, solide capacité de travail, « L’école coréenne a été et reste une force motrice importante du progrès social et du développement du pays », mais ses étudiants se révèlent les moins heureux de tous les pays ayant participé à PISA 2012 (mathématiques et sciences). Améliorer leur bonheur et leur créativité fait d’ailleurs partie des nouvelles priorités nationales. Exemplaire Corée ? Au Japon aussi, l’éducation des enfants passe par le respect des adultes, en particulier des enseignants. « Être sérieux et discipliné est normal (...) La valeur clef, ce n’est pas de s’exprimer, de participer, de débattre, d’affirmer qui l’on est, mais au contraire de se fondre dans le groupe et de se contrôler » Corollaire peut-être : les élèves « manquent d’assurance, de tolérance et de sens critique, tout ce qui est valorisé en Suisse et qui est nécessaire pour la citoyenneté ». Si au Laos, également, le respect de l’autorité, de la hiérarchie et des aînés prime sur l’esprit d’initiative, la curiosité et l’ouverture d’esprit, le gouvernement a reconnu l’inefficacité de son système éducatif. L’extrême pauvreté du pays implique des priorités de développement global. « Le Laos espère passer du statut de pays les moins avancés à pays à revenu moyen d’ici 2020. » Notre dossier offre encore un coup de projecteur sur la Chine par la comparaison de pratiques enseignantes suisses et chinoises. « Les enseignants du monde entier ont de choses à apprendre les uns des autres, sans qu’aucune des idées qui circulent ne gagne à être ethnicisée ou provincialisée d’emblée », relèvent les auteurs. Enfin, pour clore tout provisoirement le voyage, Singapour, d’où s’exporte la méthode d’enseignement des mathématiques qui a permis à la cité-État, en vingt ans, d’amener ses élèves au plus haut niveau des classements tout en formant efficacement ses enseignants.

Sommaire :

Extrême Orient, extrême enseignement, par Ting Li & Olivier Maulini

PISA et les dragons de l’évaluation, par Georges Felouzis

Au pays du Matin calme: l’école en mouvement, par Yura Shin

Japon: à l’école du Gaman, par Sakura Horiguchi & Olivier Maulini

Kohta, écolier de Sapporo, par Catherine Pellaton & Olivier Maulini

Au Laos: l’éducation, levier de développement ?, par Caroline de Rham

Suisse-Chine: deux rapports à l'enseignement, par Olivier Maulini & Ting Li

Singapour: un nouveau paradigme?, par Laurence Cohen

 

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