Gather Thurler, M. et Maulini, O. (Ed.) (2014)
Enseigner, un métier sous contrôle ?
Entre autonomie professionnelle et normalisation du travail
Paris : ESF.

 

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Le contrôle du travail des enseignants est, dans nos sociétés, éminemment problématique : les intéressés craignent d’être contrôlés, les contribuables ne comprendraient point qu’ils ne le soient pas ; les premiers pensent que leur métier n’est guère compatible avec un système de surveillance technocratique, les seconds expliquent que l’importance de la tâche qui est confiée aux enseignants impose une évaluation rigoureuse à laquelle, d’ailleurs, nul métier n’échappe aujourd’hui.

Et que disent les chercheurs qui travaillent sur cette question ? Que le moins que l’on puisse faire, c’est de poser la question. Qu’il faut regarder de près ce que « contrôler » veut dire et comment cela se passe ailleurs dans le monde. Qu’il est normal de suspecter le contrôle, important de se demander comment l’on pourrait s’en passer, mais nécessaire de ne pas se payer d’illusions. Et qu’il faut s’interroger pour savoir quelle forme de « contrôle » peut contribuer au développement des compétences professionnelles des personnes comme au meilleur fonctionnement de l’institution scolaire.

C’est ainsi que le présent ouvrage s’attaque, sans tabou, à une question clé. Écrit par des chercheurs de différents pays, il brosse un tableau très complet des pratiques et s’interroge sur les moyens de mettre en place une meilleure régulation de nos écoles pour une meilleure réussite de nos élèves. Même si les choses ne sont pas simples et si les solutions, là comme ailleurs, ne préexistent pas aux problèmes…

Avec une grande clarté et un propos incisif, ce livre ouvre et fait avancer un nécessaire débat. Son apport est décisif.

 

Table des matières

Introduction : L’enseignant et le contrôle : des motifs de mécontentement ?
Améliorer le contrôle… Un idéal discutable ?
On ne peut pas ne pas contrôler… Un fait incontournable ?
Contrôler le contrôle ?
Sortie par le haut et contraintes de la professionnalisation
Présentation de l’ouvrage
 
1re partie - Enseigner : un métier contrôlable ?
 
1. Le contrôle controversé
Que mettre au centre du contrôle ?
Le travail enseignant : un cas d’école ?
Un contrôle par le milieu ?
Les conditions d’une évaluation fiable, cohérente et mobilisatrice
 
2. Du contrôle de la profession à la professionnalisation du contrôle
La professionnalisation : un concept heuristique pour cerner un processus dynamique
Statut et mandat de la profession au coeur de son institution
La professionnalisation du contrôle : une condition de la construction de la profession
Conclusion : le contrôle de la « magistrature éducative »
 
3. Le contrôle et le pouvoir : entre surveillance et confiance accordée
Un monde autoritaire
Mise à distance du contrôle et régime de confiance
Un nouveau contrôle de proximité axé sur les résultats
Mesurer ou reconnaître ?
 
4. Contrôler des savoirs : quels contenus pour quelles finalités ?
Une mutation des exigences de contrôle
Compétences sociales et nouveaux objets
 
2e partie - Contrôler : un travail présentable ?
 
1. « Sale boulot » ou « dur travail » ?
« Sale boulot » et « dur travail » en col blanc
Éviter, accepter ou minimiser la fonction de contrôle : trois stratégies
Sous les stratégies : l’expérience du contrôle par le contrôleur
 
2. Du contrôle au soutien : l’inspection en question
Une confusion des rôles ?
Entendre la parole des enseignants
Deux ancrages permettant une reconnaissance
Dépasser la défiance par une alliance des acteurs pour l’accès aux savoirs
Vers une métamorphose de l’inspection ?
 
3. Les chefs d’établissement, contrôleurs empêchés du travail enseignant ?
Les chefs d’établissement et le contrôle
Les mutations du contrôle
Du contrôle aux contrôleurs
Des stratégies hybrides
Conclusion : des acteurs investis mais empêchés
 
3e partie - Les effets du contrôle : conformisme ou efficacité ?
 
1. Entre promesses et procès : quels sont les faits ?
Contrôler les effets du contrôle : la recherche juge et partie ?
Ce que produisent l’inspection et l’évaluation : îlots de rationalité
Les effets collatéraux, ou quand les acteurs anticipent les rétroactions !
Ouverture : prudence et terrain miné
 
2. Entre secteur privé et secteur public : des régulations contrastées
Du « contrôle » à la régulation
Une enquête dans 18 lycées
Relations de travail et satisfaction dans l’enseignement public et le privé
Discussion
Conclusion : « structure établissement » et public d’élèves
 
3. Le contrôle dans la formation des enseignants : un outil de développement professionnel
Faire le point sur la professionnalisation en formation
Les dispositifs de l’alternance : constructeurs de la professionnalité en formation
Mesurer des résultats ou partager une culture commune ?
Pour un contrôle qui développe le sens du métier et les capacités du sujet
 
4. Le contrôle dans une organisation apprenante : apprendre en travaillant ?
Une évaluation des enseignants peut-elle être mobilisatrice ?
Une évaluation institutionnelle peut-elle être collectivement mobilisatrice ?
Conclusion : des équilibres fragiles
 
4e partie - Le contrôle, clef de voûte de la professionnalisation ?
 
1. Enseigner et contrôler : un défi à l’ère de la défiance
Professionnalisation et nouvelles politiques éducatives
Paradoxe, complémentarité ou concurrence des logiques de développement ?
Dépasser les débats stériles : un développement des compétences à partir de l’existant
De l’obligation de résultats à l’obligation de compétences
Conclusion : faire de l’inconfort une source de développement
 
2. Le développement de la qualité sous le contrôle de la professionnalisation des enseignants
Prévenir la confusion des rôles dans le développement de la qualité
Identifier les enjeux complexes de l’évaluation
Accorder nos principes d’action avec le « postulat de la professionnalité »
Une gestion des ressources humaines favorable au développement professionnel
Nouvelles tâches, nouveaux modèles
 
3. La confiance sous contrôle : le professionnalisme enseignant face aux nouvelles régulations
Trois évolutions majeures
Des tendances contradictoires ?
Conclusion : recréer une confiance « politique »
 
4. Le modèle finlandais de gouvernance de la profession enseignante
Une scolarité obligatoire sans sélection
Une déconcentration des compétences décisionnelles
Un pilotage orienté par des objectifs d’apprentissage
Un ancrage universitaire de l’identité professionnelle des enseignants
Une culture de la réflexivité à tous les niveaux
Une haute autorité de l’éducation distincte du pouvoir politico-administratif
Une alternative qui semble faire la différence
 
Coda. Contrôler le travail des enseignants : délicat, complexe, coûteux, mais possible !
Affirmer le droit de contrôler
Affirmer le devoir de contrôler
Ressaisir l’insaisissable objet du contrôle
Savoir les limites d’une obligation de résultats
Savoir les limites d’une obligation de moyens
Exiger des ressources garantes d’un travail efficace
Aller vers un coaching fondé sur la co-analyse du travail
Une co-analyse du travail à concevoir
Garder les pieds sur terre
 
Bibliographie
 
Notices biographiques
 
Quelle pédagogie du contrôle ?
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