Groupe de pilotage
dans lenseignement primaire genevois
Document de travail pour réfléchir à lextension
Alors que plusieurs cantons romand introduisent déjà des cycles de deux ans à lécole primaire, Genève sachemine vers une conception cohérente dont la mise en oeuvre ne se ferait quà partir de 2001. Pourquoi ce calendrier progressif ? Parce que lenseignement primaire genevois sest donné en 1994 un dispositif dexploration qui a pour but de fonder des changements à large échelle sur une exploration intensive dans le terrain.
La période dexploration de la rénovation genevoise entre dans sa quatrième et dernière année. Au printemps 1999, le groupe de pilotage fera des propositions quant à lextension, fondée sur une synthèse de lensemble des travaux menés dans les écoles appartenant au dispositif dexploration : 17 écoles en innovation et 15 écoles en réflexion. Ce processus implique plus de 30 écoles, plusieurs centaines denseignants, de nombreux groupes de travail. Le groupe de pilotage entend bien consulter toutes les écoles du dispositif sur les grandes orientations et travailler à leur affinement avec les coordinateurs, le groupe de recherche et dinnovation (GRI), le groupe inter-projets (GIP), les inspecteurs et formateurs associés à lexploration.
Aujourdhui, ces propositions sont en cours délaboration. Il nest ni possible, ni souhaitable, de les garder secrètes. Le GPR entend travailler à ciel ouvert, mais il attend de lensemble des partenaires, en contrepartie, que les informations données avant le printemps 1999 soient prises pour ce quelles sont : un état du chantier, qui va encore évoluer, parce que les problèmes sont complexes et interdépendants.
Le GPR na aucun pouvoir de décision quant aux suites à donner à lexploration. Il ne fait que des propositions. Elles feront lobjet de concertations dès le printemps 1999. Le GPR souhaite que les autorités qui le mandatent et les divers partenaires concernés attendent ses propositions pour prendre des positions fermes et peser sur les décisions. Il serait regrettable que le débat sengage sur un aspect isolé (par exemple la durée des cycles) et que des options soient prises prématurément. Il est évident aussi que les propositions de la commission de fonctionnement, qui réfléchit sur lorganisation de lécole primaire, et celles du GPR doivent être articulées. Dans cet esprit, pour alimenter le débat et permettre à chacun dy entrer progressivement, le GPR a décidé de publier des documents de travail reflétant létat de sa réflexion, ni plus, ni moins.
Ce premier document regroupe un ensemble didées sur les cycles dapprentissage. Il se veut à la fois une mémoire à lintérieur du dispositif, un point de départ pour de nouveaux débats et un reflet des travaux en cours destiné aux divers milieux concernés et représentés en son sein. Il ne se veut pas une synthèse intégrée, mais un ensemble de matériaux, structurés en quatre chapitres :
1. La conception des cycles dapprentissage mise en consultation en mai 1998
2. La synthèse des réactions des écoles à cette consultation
3. Les avis des experts externes sur les cycles après leur visite davril 1998
4. Les options actuelles du GPR quant à la durée des cycles
Une conclusion tentera de dresser la liste des questions ouvertes.
B
Avant-propos
I. La conception des cycles mise en consultation en mai 1998
II. Les réactions à la consultation
III. Le point de vue des experts externes de la Rénovation
IV. Nombre et durée des cycles
La rénovation de lenseignement primaire ne se limite pas aux cycles dapprentissage. Toutefois, dès le Petit Bleu, la disparition des degrés en faveur de cycles pluriannuels était au coeur de laxe 1, individualiser les parcours de formation.
Où en sommes-nous aujourdhui sur ce point ? Les cycles dapprentissages étaient esquissés dans le Petit Bleu. Les écoles nétaient toutefois pas censées les réaliser immédiatement, mais contribuer à leur définition progressive. Dans cet esprit, les écoles en innovation et en réflexion ont expérimenté des dispositifs variés de décloisonnement des classes et des degrés (groupes multiâge, modules, etc.) qui indiquent le chemin dune organisation en cycles pluriannuels et identifient les principaux obstacles à travailler.
Sur cette base, le GPR propose desquisser une conception unifiée des cycles dapprentissage et denvisager une évolution progressive dans ce sens.
Pour linstant, il ne sagit pas de se décider, mais de se comprendre. Le groupe de pilotage vous propose donc sa réponse à trois questions :
De quoi poursuivre le débat !
Le cursus de lenseignement primaire (huit ans) doit, quelle que soit la façon de le structurer par étapes, constituer un tout cohérent, visant la formation des mêmes compétences de base quon travaille tout au long du cursus, avec des exigences croissantes et en tenant compte de lâge et des acquis des élèves. On peut souhaiter la même cohérence à léchelle de la scolarité préobligatoire et obligatoire dans son ensemble (onze ans). Toutefois, les différences de structures et des dynamiques indépendantes de rénovation rendent difficiles, dans limmédiat, un débat commun sur les cycles dapprentissage. Le GPR a donc, conformément à son mandat, limité son raisonnement sur les cycles à lécole primaire, soit huit ans (DE + DM).
On ne peut gérer huit ans de progression sans étapes intermédiaires. Ces étapes sont actuellement annuelles, ce sont les degrés, chacun ayant son programme, qui dit ce quil faut enseigner et surtout ce que les élèves sont censés apprendre chaque année. Ce découpage, qui donne des repères, risque cependant de faire perdre de vue les objectifs à long terme qui constituent les enjeux de formation majeurs : apprendre à sexprimer, à raisonner, etc.
La notion de cycle détude est couramment utilisée pour désigner une suite de degrés consécutifs présentant une certaine unité, par exemple, à Genève, les trois années du Cycle dorientation. Par analogie, on peut dire que lécole primaire constitue un cycle détude, à moins quon ne considère que chaque division est un cycle détude (1E-2P dune part, 3 P-6P dautre part).
La notion de cycle détudes nentre pas du tout en conflit avec lorganisation en degrés annuels. Chacun se représente le cursus de lécole primaire comme huit degrés répartis entre deux divisions :
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2E |
1 P |
2 P |
3 P |
4 P |
5P |
6P |
La notion de cycle dapprentissage est plus récente. Elle surgit lorsquon souhaite découper le même cursus en un nombre réduit détapes, chacune couvrant plusieurs années (au moins deux).
Pour nous qui sommes habitués aux degrés annuels, un cycle dapprentissage se présente dabord comme la réunion de plusieurs degrés consécutifs, comme un cycle détude dans lequel on aurait atténué, voire effacé les degrés annuels.
En soi, un cycle se définit plutôt par les apprentissages quil vise, comme une étape de la scolarité associée à des contenus denseignement et à des niveaux de maîtrise des compétences de base visées par lensemble du cursus. Les cycles ont donc la même fonction que les degrés : constituer des marches, des paliers. La différence, cest que ces étapes sont pluriannuelles.
La discussion sengage dabord, en général, sur la durée des cycles. Au-delà de deux ans au minimum, on peut envisager ainsi trois ou quatre. Certains défendent un cycle unique de huit ans. La discussion est passionnante et passionnée, mais il vaut mieux la différer, pour la reprendre au moment où on se sera mis daccord sur la conception dun cycle.
On peut en effet imaginer deux cycles de quatre ans comme cela :
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Ou comme cela :
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Or, cela change tout.
Plusieurs conceptions coexistent en Europe. Les plus " classiques " maintiennent les degrés annuels comme étapes internes dun cycle et se limitent à interdire leur redoublement. Le passage dun degré au suivant est donc automatique. Pour le reste, tout fonctionne comme dhabitude : chaque degré annuel a son propre programme, les élèves passent dun degré au suivant, en changeant en général denseignants. Entre les enseignants prenant successivement les élèves en charge dans un tel cycle dapprentissage, il ny a pas de coordination particulière.
Le GPR vous propose une conception plus ambitieuse, qui lui paraît seule en mesure de développer les compétences de tous. Il propose daller résolument vers un effacement des degrés annuels. Cest là lintérêt majeur des cycles pluriannuels : se donner davantage de temps, ne plus courir après des échéances annuelles.
Le GPR insiste sur la continuité des cycles : les objectifs doivent être conçus comme des " poupées russes " : ceux de chaque cycle incluent et reprennent les objectifs du cycle précédent, pour pousser les mêmes apprentissages plus loin, à un niveau plus élevé dexigence, ce qui passe par un élargissement, mais aussi une réorganisation, une coordination et un dépassement des acquis antérieurs. Si lon raisonnait sur trois cycles, on pourrait représenter linclusion des objectifs par un diagramme de Venn :

Tel quils viennent dêtre esquissés, les cycles dapprentissage représentent un certain bouleversement des habitudes. Ce nest pas leur but, mais les cycles dapprentissage nont dintérêt que sils permettent une vraie rupture avec lorganisation actuelle en degrés, en raison de ses effets sur la genèse des échecs scolaires.
Dans sa préface au Petit Bleu, la Présidente du DIP écrivait en 1994 :
Dans de nombreux pays développés, la progression annuelle de degré en degré est mise en question. Elle ne correspond pas aux rythmes dapprentissage des élèves, engendre le redoublement pour des effets bénéfiques relativement minces. Il est maintenant temps de mettre progressivement en place, dans toutes les écoles, des structures plus souples qui favorisent lindividualisation des parcours de formation et la différenciation de lenseignement. Cest ce que permettent les cycles dapprentissage. Ils visent également, mieux encore que lorganisation actuelle, à faciliter laccession progressive des élèves aux savoirs et à lautonomie, à stimuler leur curiosité, leur créativité, à exercer leur esprit de coopération, à contribuer à léquilibre de leur développement.
La suite du document développait cette thèse :
Les cycles dapprentissage ne sopposent à aucune autre forme de lutte contre léchec scolaire. Ils prolongent plutôt les efforts des pédagogies de soutien et visent dabord à faciliter lévaluation formative et la différenciation de lenseignement. Ils tiennent compte des apports des pédagogies actives, des didactiques des disciplines et des travaux sur les établissements scolaires et les équipes pédagogiques. La création de cycles dapprentissage offre donc avant tout un cadre intégrateur à la mise en oeuvre de nombreuses idées complémentaires. Elle oblige à prolonger et à intégrer les travaux engagés sur les objectifs et les programmes, lévaluation formative, les didactiques des disciplines et leur harmonisation, les approches interdisciplinaires, la gestion de classe. Elle invite aussi à une coopération accrue entre adultes.
Un cycle dapprentissage nest quune condition nécessaire pour déployer une pédagogie différenciée sans se heurter immédiatement aux échéances de lannée scolaire. En supprimant le redoublement, on fait déjà un pas en avant, mais cela na véritablement de sens que si des mesures sont prises pour les élèves qui progressent sans avoir tous les acquis. La mise en place de cycles dapprentissage est étroitement liée à une lutte plus efficace contre léchec scolaire et les inégalités, mais nexclut pas dautres avantages, concernant lensemble des élèves.
Le problème de léchec ne se pose ainsi pas seulement pour les élèves qui redoublent actuellement un degré, mais pour tous ceux qui sont promus sans en avoir suffisamment assimilé les bases requises, et se trouvent du coup en difficulté plus tard.
Lidée fondamentale dun cycle est de se donner deux, trois ou quatre ans pour assurer les maîtrises essentielles. Pour cela, il faut avoir du temps devant soi, mais cela ne suffit pas et peut même, sans autres mesures, constituer un danger. En effet, lorsquon a du temps devant soi, la première tendance est de " laisser du temps au temps ", dattendre que " ça se décroche ". Cest parfois justifié, mais ce nest pas la fonction première dun cycle dapprentissage. Il est au contraire le lieu dun compte à rebours permanent, permettant dutiliser au mieux le temps qui reste jusquà la fin du cycle.
Cest pourquoi il faut une évaluation critériée et formative, qui débouche sur les mesures différenciées, en réponse à la question : pour que tel élève atteigne les maîtrises visées dans huit ans, quatre ans, deux ans, un ans, six mois, trois mois, que faut-il lui proposer cette semaine ?
Avoir plusieurs années devant soi permet détaler la progression, demprunter des cheminements différents sans être contraint par lexigence de passer ses élèves plus loin à la fin de chaque année. Ce temps sera dautant mieux utilisé quil permettra à léquipe pédagogique dimaginer et de mettre en place des dispositifs de formation favorables à une différenciation de lenseignement et à une individualisation des parcours.
Le groupe de pilotage estime quil faut laisser à chaque équipe de cycle une large autonomie dorganisation. Au gré de lintroduction des cycles, des modèles dorganisation et des dispositifs de différenciation seront proposés, mais pas imposés.
Il importe, en ouvrant le débat sur le fonctionnement, de ne pas perdre le cap. Les cycles dapprentissage se justifient, en résumé, parce quils permettent de mieux organiser la scolarité en faveur des élèves qui napprennent pas suffisamment dans la structure actuelle.
Résumons les avantages attendus des cycles dapprentissage en cinq arguments :
1. Étapes plus compatibles avec les unités de progression des apprentissages.
2. Planification souple des progressions, diversification des cheminements.
3. Plus grande flexibilité quant à la prise en charge différenciée des élèves, dans divers types de groupes et de dispositifs didactiques.
4. Plus grande continuité et plus forte cohérence, sur plusieurs années, sous la responsabilité dune équipe.
5. Objectifs dapprentissage portant sur plusieurs années, qui constituent des repères essentiels pour tous et orientent le travail des enseignants.
Concrètement, direz-vous ? Comment ça marche, un cycle ?
Le GPR vous propose un principe directeur qui mérite dêtre mis demblée en évidence et en débat :
Certaines choses doivent être décidées par le système pour lensemble des écoles concernées par la suite des opérations (leur nombre dépendra du scénario adopté). Le GPR propose que le système fixe la définition des cycles, leur nombre, la durée de chacun, les objectifs dapprentissage à atteindre en fin de cycle, les responsabilités de gestion des élèves du même cycle, loption dune évaluation sans notes et quelques autres éléments de cette importance.
Le reste de lorganisation appartient aux écoles, mais elles doivent en rendre compte, selon des modalités et des échéances à déterminer.
Ce principe tente de trouver un équilibre entre autonomie des écoles et loi commune. Il vise aussi à ne pas charger les écoles de décisions très difficiles et de tâches très lourdes : si chaque école devait décider pour elle-même du nombre et de la durée des cycles dapprentissage, certaines auraient du mal à dégager un consensus fort et stable, pourtant indispensable pour la continuité que peuvent attendre les élèves et les familles. De plus, chaque école devrait satteler à définir elle-même des objectifs pour chacun des cycles quelle aurait définis, ce qui représente un immense travail, si chacun le fait dans son coin.
Cet équilibre entre des éléments définis au centre et dautres laissés à linitiative de chaque école est une option forte. Le GPR attend vos réactions sur ce point, sachant que les écoles en réflexion et en innovation souhaiteront préserver leur autonomie actuelle de fonctionnement, mais quelles seront également sensibles aux problèmes posés à large échelle par la diversité actuelle des fonctionnements.
Quelles sont les caractéristiques pédagogiques dun cycle dapprentissage, au-delà de sa durée, qui devraient être fixées par le système ?
Les voici, telles que le GPR les conçoit :
1. Le cycle pluriannuel est défini par une série dobjectifs dapprentissage que tous les élèves doivent atteindre en fin de cycle. Ces objectifs, qui seront définis en temps utile par linstitution, sinscrivent explicitement dans la continuité des objectifs de formation (instruction et éducation) de lécole primaire et de la scolarité obligatoire.
2. Les programmes annuels, aussi longtemps quils subsistent, nont quun statut indicatif. On cesse de sy référer au fur et à mesure quon devient capable de gérer les progressions en fonction des objectifs de fin de cycle et de fin de cursus.
3. Il ny a plus de référence aux degrés dans les inscriptions, dans le carnet, dans la formation des classes ou des groupes, dans les fichiers et statistiques scolaires, dans lattribution des enseignants. Un élève appartient officiellement à un cycle, auquel il est intégré en fonction de son âge, même sil vient dun autre système scolaire. La référence aux degrés devrait peu à peu disparaître des méthodologies et moyens denseignement officiels mis à la disposition des écoles. Elle perd également son sens en ce qui concerne les épreuves communes ou autres évaluation standardisées.
4. La notion de redoublement ne veut plus rien dire, puisquil ny a plus de degrés et quon ne peut évidemment redoubler lensemble dun cycle, ni même la dernière année dun cycle.
5. La durée normale de traversée du cycle par un élève est égale à la durée officielle du cycle : on passe par exemple trois ans dans un cycle de trois ans, ni deux, ni quatre ! Des règles strictes garantissent que les parcours réels des élèves ne sécartent de cette norme que de façon exceptionnelle, avec des mesures personnalisées, négociées de cas en cas.
6. Durant tout le cycle sont mis en place des dispositifs efficaces de pédagogie différenciée, qui visent à permettre à tous les élèves datteindre les objectifs dans le même temps.
7. En fin de cycle, pour les élèves encore loin des maîtrises visées, on prévoit des mesures intensives, prolongées, au début du cycle suivant, par des modules de mise à niveau et de consolidation différenciée. On peut envisager des structures ad hoc de transition entre cycles successifs.
8. Lévaluation se fait sans notes. Elle est critériée et formative. Elle permet de situer régulièrement chaque élève par rapport aux objectifs visés en fin de cycle et en fin de cursus primaire. Des outils dobservation et dévaluation sont mis à disposition par linstitution. Les parents sont régulièrement informés de la progression de leur enfant, sur la base dun " cahier dévaluation " fondé sur diverses sources (autoévaluation, observation, épreuves, entretiens, etc.). Ce cahier est conçu par chaque école sur la base de quelques principes généraux.
9. Des structures cohérentes avec les cycles sont développées pour tenir compte des enfants immigrés (préalablement scolarisés ou non), aussi bien que des enfants en intégration ou fréquentant actuellement la division spécialisée ou des structures daccueil.
10. Une nouvelle articulation est mise en place avec le cycle dorientation à la fin du dernier cycle primaire, en fonction de lévolution des programmes et des structures du cycle et au gré dune concertation. Les objectifs du cursus primaire et du cycle final du primaire sont reconnus et validés comme les bases de la scolarité secondaire et leur maîtrise joue un rôle explicite dans lorientation en septième.
À ces caractéristiques pédagogiques dun cycle dapprentissage sajoutent des propositions quant à sa gestion :
a. Les élèves dun cycle, dans une école, sont confiés à une équipe pédagogique solidairement responsable de leur coexistence harmonieuse, de leur travail et de leur progression vers les objectifs tout au long du cycle, ainsi que de leur évaluation et de linformation régulière des parents. Au sein du cursus, les équipes veillent à la cohérence entre les cycles.
b. Les enseignants collectivement responsables du cycle regroupent les élèves de la façon qui leur paraît optimale dans la perspective dune pédagogie différenciée. Ils jouent donc, en plus de lappartenance de chaque élève à un groupe-classe, sur des groupes de travail diversifiés, monoâge ou multiâge, homogènes ou hétérogènes, définis comme des groupes de besoin, de projet, de niveau, de soutien, etc. Les enseignants se répartissent les tâches en conséquence, de préférence de façon flexible et mobile.
c. Léquipe rend compte de lusage de son autonomie dorganisation, elle est donc capable dexpliquer et de justifier son système de travail et ses modes de différenciation auprès des instances mises en place à cet effet.
d. Dans un groupe scolaire (bâtiment ou ensemble plus large), léquipe compte, en gros, le nombre de postes qui auraient été attribués à lencadrement des mêmes élèves dans une organisation en degrés avec titulaires, MS et GNT. Autrement dit, le passage à un cycle nimplique ni accroissement, ni diminution des forces de travail. À moyen terme, on peut définir les forces par un rapport entre nombre délèves et nombre de postes denseignants, standard ou modulé selon les caractéristiques du public scolaire.
e. À lintérieur de cette enveloppe, la division du travail dépend de léquipe, il ny a plus de différences entre généralistes titulaires et GNT. Lapport des MS doit encore être clarifié.
f. Léquipe dispose des espaces et des moyens matériels qui seraient dévolus à lencadrement des mêmes élèves dans une organisation en degrés. Les locaux sont regroupés. Léquipe les utilise à sa guise, en fonction des dispositifs pédagogiques mis en place.
g. À la fin de chaque année, léquipe se sépare des élèves arrivant en fin de cycle. À la rentrée suivante, elle accueille de nouveaux élèves.
h. Léquipe informe les parents des élèves, selon des modalités variées, et les associe autant que possible aux discussions qui dessinent le fonctionnement interne du cycle dapprentissage.
i. Dans la règle, léquipe pédagogique désigne un de ses membres pour assurer les tâches de coordination et pour la représenter au niveau de lécole et de lextérieur.
j. Dans les grandes écoles, on peut constituer plusieurs équipes pédagogiques distinctes, chacune prenant en charge une partie des élèves, mais toujours sur lensemble du cycle.
Un cycle de trois ans - par exemple - regrouperait au minimum léquivalent de trois classes. En campagne, les effectifs conduiraient sans doute à substituer à chaque " classe à degrés multiples " (CDM) un groupe-classe multiâge géré par un seul enseignant et formant à lui seul un cycle pluriannuel.
On se rend compte aujourdhui que la création de cycles pluriannuels ne naît pas de la multiplication des décloisonnements. Il faut un saut structurel que seule linstitution peut assumer. Elle sy prépare, à lissue de quatre années dexploration qui auront apporté beaucoup déléments pour concevoir les cycles et imaginer leur fonctionnement.
Cela ne veut pas dire que nous disposons de modèles figés. Le passage des degrés aux cycles pluriannuels exigera encore des tâtonnements diversifiés. Lexploration active se poursuit, avec une mise en réseau des écoles engagées dans cette voie.
Les écoles travaillant en cycles auraient le choix entre plusieurs modalités dorganisation interne. On peut en esquisser quelques-unes, pour élargir la réflexion.
II. Les réactions à la consultation
2.1 Synthèse brève
Orientation vers des cycles
longs
avec (éventuellement) deux
sous-cycles :
Orientation vers des cycles de 2 ans avec possibilité 4 ans
Orientation vers des cycles 2-3 ans max.
2.3 Synthèse détaillée
Acceptation de lidée des cycles
La grande majorité des écoles répondantes formulent leur accord global avec le texte . Pour une école en réflexion, le document na pas contribué à augmenter la compréhension des cycles. Plusieurs écoles soulignent limportance des cycles pour la lutte contre léchec scolaire, pourvu quils soient clairement liés à une exploration coopérative efficace au sein de lécole pour introduire les mesures de différenciation les plus appropriées.
Sept écoles sont en accord explicite avec la conception des objectifs dapprentissage en inclusion (modèle des poupées russes).
A peu près la moitié des écoles (dont 10 écoles en innovation et une école en réflexion) disent explicitement mettre en place et explorer les cycles comme proposés dans le document, alors quune des écoles en réflexion exprime son adhésion de principe, mais estime que ce dernier est inapplicable dans létat actuel de lécole genevoise.
Dautres persistent à croire que lapplication est difficile dans les grandes écoles, dautant plus que les effectifs augmentent, que le passage dun cycle à lautre pour les élèves en grandes difficultés pose problème et quil y a une difficulté concrète à gérer les objectifs à long terme.
Certaines réponses très courtes et condensées ne permettent pas de bien comprendre le sens et la portée des avis énoncés. Il a parfois été nécessaire dobtenir téléphoniquement des compléments dinformation. De plus, les réponses décrivent relativement peu ce qui se fait réellement dans les écoles et glissent rapidement vers une extension pour lensemble de lécole genevoise. Enfin, la première question évoque à la fois ce qui est de lordre du déclaratif et de laction, car " entre ce que nous pensons et ce que nous faisons, il y a souvent un pas quil nest pas facile de décrire ", surtout lorsquil sagit de répondre de manière brève et dans un temps très court.
La durée normale de traversée dun cycle divise profondément les enseignants à lintérieur ou entre les écoles. Il semblerait néanmoins que les représentations en faveur dune durée identique pour tous les enfants évoluent : le facteur temps nest plus unanimement perçu comme garantie de réussite.
Certaines écoles (dont 7 en innovation) prennent explicitement position contre le redoublement à lintérieur dun cycle et se félicitent de lévolution de la réflexion depuis la sortie du texte dorientation de 1994. Dautres doutent et craignent de ne plus avoir cette possibilité de jouer sur un temps dapprentissage plus long. Certaines enfin affirment la nécessité dune souplesse (plus ou moins un an sur la scolarité primaire).
Un élément sous-jacent est la difficulté de confronter un groupe très (trop) hétérogène à une situation denseignement-apprentissage profitable pour chacun. Problème de dispositif, de didactique, mais aussi de point de vue. Quelques rares écoles se préoccupent des décisions à prendre en ce qui concerne les enfants qui atteignent les objectifs avec une nette avance sur les autres. Elles évoquent le risque de " ralentir les apprentissages des enfants qui ont atteint leurs objectifs rapidement au lieu de leur donner encore et toujours plus de même ou dempiéter sur le cycle suivant et creuser des écarts ".
De nombreuses écoles évoquent leur souci que lorientation vers les cycles - de surcroît de même durée - namène à charger " les équipes avec des cas délèves trop difficiles ".
Certaines écoles sinquiètent que ce ne soit la fin de la division spécialisée. Si personne ne nie la nécessité dune articulation entre cycles dapprentissages, structures daccueil et division spécialisée, le flou des propositions laisse les enseignants dans la crainte dune réintégration massive délèves de division spécialisée et de classes daccueil : cest donc un point à préciser dans les meilleurs délais.
Quelques écoles donnent leur avis sur la durée des cycles, qui ne faisait pas lobjet de la consultation. Voici quatre avis issus du dépouillement.
" Actuellement cest le cycle long de 4 ans qui permet de garder le maximum de souplesse pour assurer le suivi des élèves. "" 4 ans cest peut-être difficile à gérer (intérêts des loisirs, sports ). "
" Nous proposerions donc trois cycles dapprentissage : 1E-1P, 2P-3P et 4P-6P. "
" Réticence sur un cycle de 8 ans. "
Les idées quant à la durée divergent, mais il semblerait y avoir une tendance forte allant dans le sens de cycles de 2 ans, de 4 ans, voire de regroupements de cycles de 2 ans ; une minorité plaide pour des cycles de 2,3,3 ans, voire même pour le fait daccorder aux écoles une certaine autonomie en matière de définition de la durée.
Ce point soulève des doutes, des interrogations devant labsence de solutions connues. Plusieurs écoles affirment quil ne faut pas " attendre la fin dun cycle pour prévoir des mesures intensives cest durant un cycle que tout doit être mis en oeuvre pour atteindre les objectifs du cycle. " Une école propose de remplacer " en fin de cycle " par " à tout moment ". On voit que ce changement dattitude en fin de cycle dérange, déroute, quon ne voit pas bien que faire dautre.
La mise en place de dispositifs particuliers (style " turbo "), en fin de cycle, prolongés dans le cycle suivant, divise les enseignants . Comment faire encore autre chose, lorsquon a cherché tout au long du cycle, à mettre en place un maximum de pistes différentes ? Il faudra visiblement approfondir encore ce discours, pour clarifier les représentations et pour mieux illustrer tant lutilité, que la faisabilité de ce type de structures.
Plusieurs écoles soulignent limportance dassurer une continuité optimale entre les cycles ; elles expriment leur souci que les décisions prises au sujet de la durée ne contribuent à renforcer les clivages existants entre division élémentaire et division moyenne.
Pour la majorité des répondants, larticulation avec le cycle dorientation est perçue comme un enjeu important, dans la perspective dassurer une continuité pédagogique pour les élèves.
De lavis de plusieurs écoles répondantes, la réussite des cycles passe par un bon accueil des élèves qui en sortent pour entrer au Cycle dOrientation. Sans une coordination efficace, ils craignent que des passages mal vécus jettent le discrédit sur lorganisation par cycles à lécole primaire.
Lensemble des écoles répondantes souligne limportance dobjectifs-noyaux clairs comme moyens de gestion de la progression des élèves, tant pour lorganisation des séquences denseignement-apprentissage, que pour lévaluation et les décisions concernant les parcours. La mise en évidence dobjectifs dapprentissage que tous les élèves doivent atteindre en fin de cycle correspond à une attente forte des écoles et doit être assurée - voire imposée - par les autorités scolaires.
Le vécu de quelques équipes met en garde contre lidée du maintien de programmes annuels - pourtant bien accueillie en général - car il pourrait freiner la mise en place de cycles : " cela peut paraître facilitateur et encourageant alors quil empêche le changement réel et salutaire. Nous lavons vécu ! " En même temps, on se rend compte de la difficulté de supprimer les références omniprésentes dans lorganisation et dans les moyens denseignement. Une école réaffirme la " légitimité dépreuves de fin de cycle pour évaluer si les objectifs sont atteints. "
Evaluation
Lévaluation est un élément important pour la plupart des écoles et, avant tout, des écoles en réflexion. Si les objectifs-noyaux représentent un principe conducteur, on souligne la nécessité de séquiper doutils : situations dévaluation, outils dobservation, cadre et outils qui permettent de concevoir une évaluation de la progression des élèves tout au long du cycle.
De lavis général, labandon des pratiques évaluatives classiques au profit dun dossier qualitatif et dune évaluation informative, ainsi que dun échange suivi avec les parents permet une centration sur lévaluation formative comme outil de régulation des apprentissages.
Si la majorité des écoles répondantes plaident en outre pour lorientation vers une évaluation sans notes, laffirmation faite dans le texte dans ce sens suscite néanmoins les commentaires dune école quant au réalisme du GPR : " Il nous semble peu vraisemblable, malheureusement, quon y arrive de sitôt. "
Plusieurs répondants renvoient aux compétences didactiques qui permettent de définir les obstacles, les notions essentielles, les opérations mentales quil sagit de favoriser et dobserver.
Les objectifs-noyaux ont fortement mobilisé les enseignants (individuellement et en équipe). Mais selon certains répondants, ce nest encore ni suffisant, ni satisfaisant. Ils estiment quil est absolument essentiel davancer rapidement sur ce dossier, en utilisant toutes les ressources à disposition (DEP, commission objectifs-noyaux, formateurs des services de didactiques et dévaluation, GPR, GRI, GIP et les enseignants concernés), afin dinitier les enseignants à une meilleure vision des processus - dans le contexte des didactiques des disciplinaires et transversales - qui sous-tendent la construction des savoirs.
La grande majorité des écoles soulignent linterdépendance entre la mise en cycles et lintroduction de mesures de différenciation tant internes (liées aux didactiques) quexternes. Autrement dit : elles évoquent la nécessité de développer des modalités organisationnelles et des approches pédagogiques encore mieux adaptées et performantes pour assurer une gestion aussi souple et efficace que possible des parcours des élèves souvent disparates, en lien avec une évaluation formative et critériée.
Que ce soit à partir de lexpérience menée par plusieurs équipes ou en tant que projet envisagé prochainement, les dispositifs de regroupements délèves comme moyen de différenciation, recueillent globalement une adhésion de la part des écoles (à lexception de quelques écoles en réflexion qui évoquent certaines interrogations et des doutes sur le bien-fondé et la faisabilité de ces dispositifs).
Cependant, à côté de ces dispositifs, la grande majorité des répondants soulignent limportance du maintien du groupe-classe, qui apparaît comme un élément important. De plus, selon la taille des écoles, il est relevé que la mise sur pied de tels dispositifs de regroupements sont plus faciles à organiser dès quils impliquent seulement un petit nombre de classes. En arrière plan des remarques formulées par plusieurs écoles, on peut se demander si certains enseignants ne craignent pas, à travers la multiplication de regroupements délèves, un éclatement du groupe-classe et, par là-même, la perte du contrôle de lenseignement dispensé à " leurs " élèves. A ces craintes concernant la " perte du pouvoir et de la maîtrise personnels " sajoutent dautres, se référant plus spécifiquement aux besoins socio-affectifs des élèves, et plus spécifiquement au besoin des élèves dappartenir à un groupe fixe de camarades et de référence.
La distinction entre le modèle dune gestion par étapes annuelles avec décloisonnements et celui dune gestion décloisonnée et intégrée nest ni évidente, ni bien marquée dans les remarques des écoles. Les explicitations fournies dans le texte soumis à consultation mériteraient sans doute dêtre développées, étoffées, clarifiées. De nombreuses écoles sont conscientes que " la création de cycles nest pas la multiplication des décloisonnements " et que les ambitions de la rénovation sont plus élevées quune réorganisation des regroupements délèves.
Plusieurs écoles en réflexion qui ont participé à la consultation sont assez proches dun fonctionnement par degrés annuels, tout en cherchant à sen écarter progressivement par la mise en place dautres fonctionnements et des décloisonnements.
Le modèle de la gestion décloisonnée et intégrée représente la piste la plus largement explorée par les écoles en innovation, avec une volonté assez marquée de développer une gestion modulaire. Quelques écoles " se reconnaissent dans le modèle 1 avec des regroupements variés comme dans le modèle 2 ". Deux écoles déclarent sorienter actuellement vers une gestion modulaire.
Quelques rares écoles relèvent toutefois que le modèle 2 " semble difficile à gérer et déstabilise les enseignants. " Elles préfèrent passer résolument du modèle 1 au modèle 3. Une autre école considère que les modèles proposés " ne sopposent pas, mais doivent se combiner. "
Quelques écoles relèvent des facilitateurs qui les ont aidées à " amenuiser le cloisonnement par degrés " : travailler en double ou triple degrés, décloisonnements en mathématique ou ateliers-lecture 1E à 3P.
On peut également relever que dans certaines autres écoles, on a procédé à des regroupements multiâges, sans ébranler la représentation des degrés. Est-ce parce que ces écoles nont pas mis un accent suffisant sur les objectifs généraux de fin de cycle et sur les situations denseignement-apprentissage permettant dy parvenir ? La logique dun enseignement piloté par un programme, ou par une gestion linéaire des moyens denseignement ne permet pas de réaliser ce gain en souplesse, au profit de lélève, recherché par linstauration des cycles.
De nombreuses écoles soulignent limportance, mais aussi la difficulté dinstaurer une forte cohérence interne tant au sein des écoles, qui soit à même dassurer la continuité entre les cycles.
La présence conjointe de plusieurs équipes pour gérer les cycles dans les grandes écoles met en évidence des avis partagés. Elle fait craindre à certains une école à plusieurs vitesses. Pour dautres, les expériences menées dans ce domaine leur permettent daffirmer lintérêt dun découpage en petites équipes denseignants, tout en étant attentif à préserver une culture commune à lensemble de lécole.
Dans la perspective de lindividualisation des parcours de formation, plusieurs répondants soulignent limportance de " suivre un enfant sans le perdre de vue et sans quil ne se perde ". Pour cela, il sagit de mettre en place une " collaboration très étroite entre enseignants, de la souplesse desprit et une organisation solide, tant au niveau de la classe quà celui de lécole ".
La " souplesse " évoquée doit également exister au niveau des nouvelles structures de travail à mettre en place, par exemple pour harmoniser la cohérence dun cycle à lautre, mais aussi afin déviter des surcharges de travail administratif pour les enseignants. Enfin, comme plusieurs équipes ont déjà pu le vérifier dans leur pratique jusque là, " un tel mode fonctionnement modifierait la notion du groupe-classe ".
A la fois en volume doccurrences et en degré dadhésion, cest la question de la co-responsabilité des enseignants (point a) qui permet aux écoles de se retrouver le mieux, au moins en tant que principe dont lapplication est recherchée à travers le travail en équipe. Pour savoir sur quoi porte cette responsabilité collective, des écoles indiquent tour à tour " le cursus ", " les contenus pédagogiques ", " le français et ponctuellement dautres disciplines ", " la continuité ". Sans le préciser, en donnant leur simple " OK " à lidée dune équipe solidairement responsable, plusieurs écoles - en innovation et en réflexion - semblent acquises à lidée que cest là une condition de base pour assurer une nécessaire cohérence pédagogique.
La question de savoir sur quoi porte réellement la responsabilité collective semble toutefois relativement variable dune école à lautre. Est-ce principalement une responsabilité morale vis-à-vis des élèves qui sont confiés à léquipe ? Dans quelle mesure est-ce une responsabilité collective par rapport à la " coexistence harmonieuse des élèves " et de leur travail auprès de tous les collègues impliqués dans léquipe, tout au long du cycle ?
Dans lensemble, la question de la responsabilité collective des enseignants reste donc une donnée assez théorique, avec des avis partagés. En fait, lidée de co-responsabilité dans une école semble pouvoir être acceptée, mais cest le travail de mise en oeuvre par la capacité de gérer les différences interindividuelles et lanticipation dune implication forte de chacun dans un climat de confiance qui interrogent les écoles. A cet égard, par leur adhésion à ce principe, certaines écoles expriment leur capacité à pouvoir aller dans ce sens, alors que dautres, par leur scepticisme, semblent craindre des difficultés quelles nont pas forcément envie daffronter.
Dans un système où chaque enseignant garderait un groupe-classe monoâge, en le suivant pendant plusieurs années (modèle " charter "), la représentation dun programme annuel resterait forte. Des objectifs de fin de cycle seraient probablement redécoupés, redéfinis, et répartis par année, permettant ainsi à lenseignant un pilotage plus assuré. La collaboration quimplique une responsabilité collective naurait pas là ce caractère indispensable souhaité et une bonne vision du parcours des élèves sur quatre années ne serait plus assurée. Il y aurait alors des règles de jeu à définir (projet commun, travail en équipe, structures communes) pour rendre indispensable cette collaboration entre enseignants .
Lorsque les groupes-classes sont multiâges, on imagine facilement des décloisonnements entre plusieurs classes parallèles, pour offrir davantage de différenciation, et un travail collectif des enseignants pour mieux définir les obstacles, les points de passage obligatoires pour tous les élèves, les opérations que mobilisent chaque situation.
Si lenseignement est davantage conçu par modules, dont les enseignants se répartissent lanimation en fonction de leurs compétences, la responsabilité collective des enseignants dun cycle est fortement requise. Elle découle du type dorganisation choisi. On peut imaginer par exemple un ensemble de modules permettant daborder la lecture à travers des situations complexes, mettant chacune en jeu des chemins différents. Il faudra ensuite se répartir les élèves en fonction des caractéristiques de ces situations Selon plusieurs répondants (dont le GRI), ce type dorganisation implique une organisation et une division du travail actuellement peu présentes dans la majorité des écoles.
De nombreuses remarques se réfèrent particulièrement à lampleur du travail à effectuer dans les écoles au niveau des équipes. Les équipes se rendent compte de lampleur des chantiers ouverts et réalisent que les " demandes de performances " impliquent à la fois des efforts personnels importants et une recherche de mise en commun des pratiques pour travailler ensemble à la réussite des élèves. Certaines équipes estiment que la gestion dun cycle dapprentissage constitue " le point le plus difficile à mettre en pratique ", peut-être par la gestion lucide et rationnelle dune réalité complexe. Coordonner les pratiques mises en place en équipe et assurer une cohérence interne à la hauteur des défis pédagogiques identifiés implique la mise en place de structures de communication et de fonctionnement exigeantes : savoir se concerter et décider efficacement dans un temps limité, oublier lindividualisme tout en respectant les individualités, faire des concessions mutuelles, etc.
Un point de consensus important dans les écoles en innovation est lié au rôle de coordinateur (-trice) (point i), perçu comme important pour contribuer au bon fonctionnement de léquipe et la représenter à lextérieur. Pour en bénéficier pleinement, il sagit de donner à celui ou celle qui assume ce rôle un temps de décharge distinct de son temps denseignement .
Sur la question des forces de travail dans les écoles (point d) et sur celle des rôles assumés entre différents intervenants pédagogiques dans lécole (point e), les avis exprimés montrent plutôt une adhésion sur les idées tout en avançant des doutes sur les mises en oeuvre. Pour certains, les tendances actuelles en matière dencadrement font planer un sérieux doute sur lactualisation de ces idées. Dautre part, la question des statuts des uns et des autres, les temps partiels assumés et larticulation liée aux manières de fonctionner représentent autant de difficultés supplémentaires pour aplanir ou gommer les différences entre collaborateurs éducatifs.
La majorité des écoles répondantes (et en particulier les écoles en réflexion, qui relèvent le manque de ressources humaines pour progresser, en matière de coordination interne et de différenciation offerte aux élèves) insistent sur la nécessité de disposer de ressources suffisantes (notamment GNT, STACC, MS), en relevant avant tout limportance de leur mobilité (tournus, souplesse). Elles soulignent également limportance dun accompagnement externe (formateurs, GRI pour les écoles en innovation).
Pour larticulation avec les structures daccueil et la division spécialisée, plusieurs répondants ne voient pas bien où le document veut en venir. Ils sont sensibles au besoin de cohérence, mais soulignent néanmoins la lourdeur de la tâche et la faiblesse des moyens.
La grande majorité des écoles sexprime favorablement par rapport à lidée que la conception proposée par le GPR soit généralisée pour lensemble de lécole primaire genevoise. En effet, lidée dun plan-cadre commun à toutes les écoles semble correspondre aux besoins des uns et des autres, pourvu que celui-ci accorde suffisamment de souplesse pour que les adaptations puissent être entreprises par rapport au contexte, aux besoins locaux et aux expériences des enseignants : " nous souhaitons ce cadre suffisamment large pour que les écoles puissent y entrer progressivement en forgeant leur propre identité de fonctionnement ".
Une minorité - pour la plupart des écoles qui nadhèrent pas à lidée des cycles ou qui ne peuvent pas accepter dêtre soumises à un plan-cadre unique en ce qui concerne la durée des années, les pratiques denseignement-apprentissage etc. - sexpriment assez violemment contre lidée dune généralisation.
Les propos tenus par certaines écoles en réflexion témoignent surtout dune perception des difficultés quil sagit daffronter et de résoudre en entrant en innovation. Dans les contextes dénonciation, ces difficultés sont présentées tantôt comme les ingrédients-obstacles de la rénovation, tantôt comme des préalables à une entrée en matière .
Dans le langage tout dabord, on saperçoit que tout en parlant de cycles, on se réfère constamment aux degrés, pour indiquer la durée souhaitée pour un cycle (" de 1E à 2P ") ou pour se référer à un groupe délèves précis à lintérieur du cycle ("pour les élèves de 1P "). Il savère cependant que dans les écoles où on a réellement instauré un découpage des objectifs ou des situations denseignement-apprentissage, un nouveau vocabulaire se met en place. Certaines interventions, lors de rencontres inter-écoles en innovation ont donné à voir ce changement : " Chez nous, les élèves de première année du cycle b ". Cest à lincompréhension de leurs interlocuteurs que les enseignants réalisent quils ont changé de système de référence. Cet exemple renforce lintérêt de concevoir des cycles identiques pour tous, faute de quoi le système de référence commun restera lancien système (les degrés). " On continuera alors à parler de degrés, comme certains Français parlent encore danciens francs ".
De nombreuses écoles sont pleinement daccord avec la nécessité dun " saut structurel que seule linstitution peut assumer . tout en offrant la possibilité dune évolution progressive, dans les esprits et dans les règlements. "
Un fort accord sur le cadre, impliquant toute une série déléments décidés par le système, permettrait de dégager du temps dans les écoles pour se centrer sur des problématiques concrètes. La marge de liberté laissée aux écoles doit cependant être suffisante. Plusieurs répondants mettent en garde contre lillusion dun changement progressif, à petits pas : " Il faut une rupture radicale : la première modalité (maintien des degrés actuels, selon le premier modèle proposé) nous semble inadéquate ".
Lidée dune progression feutrée (en douceur, au rythme de chaque équipe) en commençant par le modèle le plus humble, le plus simple, puis dévoluer par paliers comme pour les enfants, reste cependant très prégnante et assez largement répandue.
Liée au principe de responsabilité collective, la question du " rendre compte " (point c) est également évidente et acceptée par toutes les écoles. Plusieurs écoles soulignent cependant la condition que le " rendre compte " serve à " guider " ou " ressourcer " léquipe au lieu dintroduire déventuelles hiérarchies dexcellence entre écoles. Dans ce même souci certaines écoles soulignent le fait que le rôle, la fonction, les enjeux et les destinataires du " rendre compte " ne sont pas suffisamment clairement définis. Est-ce la raison dune certaine méfiance vis-à-vis de ce processus nouveau ?
La question de lassociation des parents aux discussions " qui dessinent le fonctionnement interne du cycle dapprentissage " (point h) permet aux équipes dexprimer une position plutôt en-deça dune implication forte des parents dans lécole. Ainsi, les relations avec les parents sont principalement affirmées comme étant liées à des informations à communiquer ou à des consultations à mener. Limplication des parents dans les décisions de fonctionnement semble laisser craindre un risque dingérence inopportune. Dautre part, même lorsque la collaboration des parents est souhaitée par les enseignants, susciter des initiatives venant de la part des parents est relevé comme chose difficile.
Une première salve de remarques sont faites par les écoles autour des moyens alloués par linstitution en terme de postes pour alimenter les forces de travail dans les écoles (ratio effectifs/postes de titulaires, GNT, MS, coordinateur-trice). Les restrictions budgétaires qui saccentuent sont vécues comme une forme de détérioration de la situation de travail dans les écoles et sont susceptibles dinciter seulement à une " adhésion timide " au processus de rénovation de lEP.
Avec les problèmes de moyens évoqués ici, se joue une question de cohérence entre ce que la rénovation implique aux yeux des enseignants pour mettre en pratique les idées défendues et la volonté visible des autorités scolaires de donner les ressources estimées nécessaires.
Plusieurs écoles en réflexion expriment leur intérêt " intellectuel " pour les hypothèses présentées dans le texte sur les cycles dapprentissage. Cependant, elles veulent " reste lucides quant aux difficultés de mise en oeuvre ". Ainsi, sont évoquées successivement les difficultés liées au manque de formation des enseignants, au manque de moyens didactiques conçus dans la perspective dune pédagogie différenciée, au côté " énergophage " dune telle entreprise pour les enseignants " qui doivent aussi prendre en compte tous les problèmes pédagogiques, affectifs, psychologiques de leurs élèves ( ) ".
Et, enfin, de nombreuses écoles insistent sur la nécessité doffrir une formation pédagogique, en gestion déquipe et en communication, ainsi quun accompagnement appropriée pour la mise en place des cycles. Cette formation devrait être offerte avant la mise en place des cycles pour que les enseignants ne puissent pas appliquer la théorie sans changer leurs pratiques sans que cela ressemble trop à " cest comme quand je gardais ma classe pendant deux ans ! "
A travers leurs réflexions, les écoles en innovation semblent déceler, entre acteurs de lenseignement primaire (autorités scolaires, services de formation notamment), les signes dune volonté de synergie encore incertaine, mise au service des objectifs de la rénovation.
De manière plus générale, on oscille entre la crainte de ne pas pouvoir assumer ce changement et lenthousiasme devant une école qui bouge avec cette interrogation : aurons-nous les moyens - en matière de compétences humaines, dobstination et de culture commune - de ce changement ?
Au-delà des moyens et des compétences, se pose en outre la question de la faisabilité : permettre à tous les élèves datteindre les objectifs dans le même temps, cest " . encore éloigné dans notre pratique ; nous nous posons la question de la faisabilité réelle. Arrivera-t-on vraiment à donner à chacun ce dont il a besoin ? "
Pour plusieurs répondants, les inégalités agissent bien au-delà de lécole et les cycles ne régleront pas ce problème, dautant plus quils ne laissent pas suffisamment de place à lélève " acteur de sa formation ". Pour dautres enfin, les cycles risquent de participer à une nouvelle génération de pensée magique, alors quils ne sont quun moyen de concevoir, structurer et pratiquer lécole parmi dautres .
Les experts relèvent labsence, jusquà présent, de résultats de recherches - conduites à Genève ou ailleurs - démontrant la " plus-value " apportée par une organisation scolaire en cycles. Ils adhérent néanmoins à lidée que les cycles constituent un cadre propice, compatible avec les conceptions actuelles des processus denseignement et dapprentissage, pour assurer la prise en compte des différences entre élèves et la promotion de leur réussite scolaire.
Les experts considèrent que la définition des cycles constituera. dans le cadre de lextension, un cadre unificateur pour lensemble des écoles primaires du canton. Ils pensent toutefois que :
Voir notamment les rapports de Marguerite Altet (p. 6), Jean-Marie De Ketele (p. 7), Michel Develay (pp. 1-3), Jacques Tardif (pp. 1-5) et Gérard van der Hoven (pp. 3-5).
Nous avons rencontré 6 enseignants décoles en innovation, 2 enseignants décoles en réflexion ; chacun étant là à titre personnel et donnant son point de vue propre.
Leur bilan est globalement positif, ils ne voudraient en rien " revenir en arrière ", car " ca marche " ; dans certains cas on assiste, dit lun deux, à " des petits miracles, des élèves démarrent, senvolent, on ne voyait pas cela avant ", mais ils reconnaissent aussi quun certain nombre de points restent à clarifier ou approfondir même si tous constatent, comme les coordinateurs, une réelle évolution à plusieurs niveaux entre la 1ère et la 3ème année de la phase exploratoire.
Les équipes sont passées déquipes " tasses de thé " dont lénergie était centrée sur leurs problèmes de fonctionnement et danimation à des équipes stabilisées, fonctionnelles qui travaillent collectivement sur les questions des apprentissages sans perdre de temps : " on a évolué, on gère mieux les problèmes, avec moins daffectif " ; un temps dapprentissage au travail collectif a été nécessaire.
Les problèmes qui demeurent sont didactiques et pédagogiques :
La question des objectifs-noyaux reste à clarifier rapidement : il sagit de sortir " dobjectifs globaux " sans retomber dans des " micro-objectifs " ; de plus les " micro balises " ne correspondent pas aux objectifs noyaux ; un travail important demeure à développer sur les didactiques et une formation leur semble essentielle.
Sur le multi-âge, des doutes sont exprimés quant à son efficacité dans les petits degrés " avec les plus petits, on va trop vite " ; mais avec trois classes dâge " qui vont bien ensemble ", cela semble créer une réelle entraide et être efficace ; par contre " 4 classes dâge cest trop ", au niveau de la gestion. Cest le multi-âge de plus de deux ou trois degrés qui semble poser problème et présenter des résistances.
Le choix de 2 cycles, un cycle jusquà la 3P, lautre au delà, avec des balises leur semble intéressant ; largument utilisé pour justifier ce choix est celui des apprentissages de lécrit.
Le fonctionnement par modules, groupes de besoins qui tournent en fonction des activités et apprentissages donne satisfaction et facilite le suivi : 4 enseignants sont co-responsables du suivi dun élève sur 4 ans. Ce qui semble bénéfique cest le fonctionnement en coresponsabilité.
Les nouvelles évaluations sont vécues comme un gain positif, elles permettent de mieux situer les élèves ; le portfolio est dun grand apport, lorientation est mieux fondée : les parents en sont très satisfaits.
(Il importe de) choisir, dans lesprit du projet, les axes de standardisation de lécole genevoise, tant au niveau organisationnel quau niveau des performances.
Au niveau organisationnel, cela implique que des décisions soient prises sur les modes dorganisation communs et sur les zones de liberté laissées aux professionnels.
Ceci concerne dabord le problème des cycles. Si aucune recherche actuelle ne permet de dire scientifiquement que les cycles apportent une plus-value par rapport à dautres modes dorganisation, par contre on peut estimer que ce mode dorganisation peut faciliter un changement de pratiques des maîtres et ainsi donc avoir un impact sur le développement dattitudes désirables chez les élèves (cf. la première section de ce rapport). Mais ceci suppose que les cycles ne soient pas une coquille organisationnelle vide. Le dernier document distribué aux experts sur les cycles me semble très bien fait, dans le sens où à la fois il présente bien le pourquoi et lesprit des cycles et en même temps il laisse des zones de liberté dans les pratiques susceptibles aux professionnels de les prendre en marche là où ils en sont dans leur évolution. Ceci mamène à dire quil existe des scénarios intermédiaires supplémentaires au-delà des deux premiers scénarios (rien ; prolongement de la phase dexploration), qui seraient contraire aux échéances fixées dans le " Petit bleu " et rappelées dans le n° 3 de " Correspondance ". En effet, léventail des pratiques est tel que la base organisationnelle commune peut être pensée selon de nombreux scénarios possibles. Sonder les représentations, et surtout les pratiques. des professionnels me semblent important, en gardant à lesprit que la décision finale prise doit tirer réalistement vers le haut. Ceci permettrait de bâtir un projet en partant de ce qui se fait déjà le mieux dans lécole et qui sinscrit dans lesprit du changement indiqué dans le projet éducatif commun à toutes les écoles.
Ceci concerne ensuite la définition de ce que lon appelé jusque maintenant les " objectifs noyaux " et pour lesquels une très forte attente existe, tant le besoin de référence est grande chez les professionnels interviewés. La dernière réunion avec le groupe concerné et les experts du GEER a débouché sur des conclusions importantes :
1. Tels quils sont définis, les objectifs noyaux sont trop larges et trop vagues : il faut donc satteler à identifier les compétences complexes (cest-à-dire des familles de situations-problèmes sur lesquelles les élèves sont amenés à mobiliser leurs connaissances et savoir-faire importants) qui constituent les références concrètes à des moments déterminés de la scolarité. 2. Le meilleur point dentrée pour identifier de telles compétences est dimaginer des exemples dévaluation. Ce sont dailleurs ces exemples de situations dévaluation dont ont besoin les enseignants et qui les aident à comprendre la signification profonde des compétences. Par ailleurs, de telles situations devraient être en phase avec les apprentissages par situations complexes qui constituent la base des pratiques pédagogiques des écoles en rénovation. 3. Un tel travail devrait se faire à reculons, en commençant par la 6° primaire. 4. Au-delà du fait quune discipline est un outil au service de la résolution de problèmes, chaque discipline a aussi une épistémologie propre et sarticule autour de " concepts intégrateurs ". Les identifier et les expliciter est donc aussi important (cf. Michel Develay). 5. Le travail dexplicitation des performances scolaires de référence est capital et urgent, car il conditionne le travail du SRED. Il faudrait donc augmenter la force de travail de ce groupe.
La notion de cycle comme cadre intégrateur de la rénovation : lidée est rappelée à la page 2 du document " Cycles dapprentissage " : la mise en place des cycles constitue un cadre intégrateur à lexistence de nombreuses idées complémentaires. et elle nest quune condition nécessaire pour quexiste une pédagogie différenciée sans se heurter immédiatement aux échéances de lannée scolaire.
Aussi, parce que selon nous la rénovation nécessite de préciser, au plan pédagogique et didactique :
Il me paraît nécessaire dexemplifier, voire de simuler par écrit ou à travers un document audiovisuel, les différentes formes dorganisation en cycles, afin quune illustration la plus instrumentée possible puisse être intégrée par les acteurs. Il convient de bien comprendre que les cycles constituent un cadre intégrateur, et non une exigence supplémentaire.
Si, pour ma part. jai eu loccasion dobserver une différenciation organisée en français sur toute une école. pour lheure. aucun expert na visité, par exemple, une école fonctionnant par modules. Il me paraîtrait nécessaire de pouvoir étudier très concrètement une illustration même embryonnaire des trois types de cycles exposés, avec des exemples dorganisation des curricula sur une période longue, et (rêvons), les performances des élèves telles que les maîtres les ressentent. Il a été fait état de la nécessité de paris raisonnables pour envisager lextension, tant il est impossible que tout ait été mis en oeuvre avant de la promouvoir. Le raisonnable nécessite dêtre raisonné (sous la forme dintentions écrites certes), mais aussi de faire résonance (parce que suffisamment explicité et exemplifié, il est vécu alors comme possible).
Certains maîtres opposés à la rénovation ont dit, comment cette dernière conduisait à remettre en cause une des caractéristiques forte de lidentité de lenseignement primaire : un maître unique enseignant toutes les disciplines et seul responsable dune volée délèves.
Limportance dun maître unique permettait à leurs yeux davoir un référent adulte stabilisateur pour de nombreux élèves ballottés entre des adultes différents (parents séparés, participation à des activités extra scolaires différentes avec chaque fois un adulte différent )
Limportance dun maître capable denseigner toutes les disciplines atteste quun homme ou une femme sont susceptibles de les intéresser à la multiplicité des disciplines de lécole primaire, incarnant ainsi la culture dans sa diversité. ce qui nexiste plus ensuite au collège.
Limportance dun maître seul responsable dune volée délèves en favorise une connaissance plus intime et ainsi permet de ne pas porter sur chacun un regard définitif. car amendable dans dautres disciplines. Le maître qui nenseignerait que les mathématiques dans une école, risquerait de voir un élève en difficultés dans ce domaine que sous un jour peu favorable, alors quen lui enseignant une pluralité de disciplines. sa vision de lélève serait modulée.
Ces remarques sont à prendre en compte pour bien percevoir en quoi la notion de cycle ne consiste pas seulement en une transformation technique de lécole, mais aussi en une transformation identitaire.
En conséquence les résistances que cette idée de cycle peut générer sont à prendre en compte par les voies de linformation, de la formation, de ce qui devra constituer la stratégie et la tactique de la phase qui séparera lexploration et lextension.
Aussi, plus des organisations décole pourront être montrées qui illustrent lorganisation en cycles, moins les résistances pourront être fantasmées.
Les rumeurs me laissent en général indifférent ou, dans certains cas, elles suscitent le rire. Elles sont dautant plus drôles quelles existent depuis un certain temps et quelles ont perdu leur ancrage dans la réalité. Les seules rumeurs qui mincitent à réagir sont celles où lon tente de prendre quelquun en défaut, ou encore celles qui laisseraient entendre quune personne est détentrice dune information quelle cache sciemment. La rumeur dont il est question dans la présente section correspond à ce type : je dirais haut et fort, ailleurs quà Genève, que les cycles dapprentissage ne constituent pas une organisation pédagogique prometteuse, mais jaurais pris grand soin de taire cette conclusion dans les rapports que jai déposés jusquà maintenant. Je mempresse donc de préciser clairement ma pensée et jen profite, au-delà de la rumeur - elle ne servira alors que de prétexte - pour transmettre quelques idées que je nai pas encore mentionnées dans les rapports précédents au sujet des cycles dapprentissage.
À la fin du rapport faisant suite à la visite du mois de novembre 1997, javais inséré le paragraphe suivant portant spécifiquement sur les cycles dapprentissage : " Les cycles dapprentissage peuvent être perçus comme une panacée aux problèmes et aux limites que les élèves rencontrent actuellement à lécole primaire alors que, dans les faits, il ne sagit que dune structure parmi dautres. À juste titre, ils contiennent beaucoup de promesses. mais ils ne peuvent tenir les promesses en question que dans la mesure où des choix pédagogiques et didactiques judicieux sont effectués. " Bien quil me semble inutile de répéter la même idée dans le présent rapport, il me paraît toutefois important de la développer davantage.
Les cycles dapprentissage constituent une idée très intéressante, probablement incontournable dans le contexte des réflexions pédagogiques contemporaines. mais il ne sagit que dune structure organisationnelle. Dans un document intitulé " Cycles dapprentissage et gestion des établissements scolaires : la régulation des interdépendances entre enseignants ", Perrenoud insiste dailleurs sur le caractère organisationnel des cycles dapprentissage en les définissant ainsi : " Un cycle dapprentissage résulte de la fusion de degrés adjacents en une entité unique. Cette fusion va plus loin quune classe à degrés multiples ou quun cycle détudes qui supprimerait le redoublement : (1) parce que les élèves ne sont plus du tout attribués à des degrés : dans un cycle, les notions de promotion et de redoublement en fin dannée nont donc plus de sens ; (2) parce que le travail nest plus organisé comme une suite de programmes annuels, mais en fonction dun ensemble dobjectifs à atteindre en fin de cycle, qui constituent les bases dun passage au cycle suivant ". On peut souligner, à juste titre. quau moment où lidée de cycles dapprentissage est acceptée par un département. par un ministère ou par un regroupement scolaire, tout reste à bâtir dans lécole. À ce sujet. dans le même document, Perrenoud ajoute notamment que le fait de " ( )définir un cycle et des objectifs de fin de cycle laisse entière la question des groupements délèves. des dispositifs denseignement-apprentissage, de lorganisation et de la division du travail . "
Dans cet esprit, il semblerait vain de rechercher une panacée dans les cycles dapprentissage entre autres parce quils donnent lieu - cest peut-être là leur grande force cependant - à de multiples avenues pour ce qui est des choix pédagogiques et didactiques des enseignants, des regroupements délèves et de lorganisation du travail des enseignants. Une telle diversité a probablement contribué à ce que, jusquà maintenant, les recherches en éducation naient pas démontré que cette structure était plus " puissante " que dautres quant à lévolution des élèves et quant à leurs apprentissages et quelles naient pas démontré non plus quelle était plus défavorable que dautres. À mon humble avis, lefficacité de lécole ou de lorganisation scolaire nest pas inhérente aux cycles dapprentissage, elle est inhérente aux situations dapprentissage que les enseignants proposent aux élèves et au sens que ces derniers peuvent attribuer aux connaissances quils sont invités à construire et aux compétences quils sont invités à développer. Je tiens toutefois à ajouter que lidée de cycles dapprentissage contient des promesses relativement à lévolution des élèves et à leurs apprentissages en milieu scolaire dans la mesure où ces cycles permettent daccorder le temps nécessaire au développement de compétences complexes, la lecture et lécriture par exemple, et à lintégration des connaissances à lintérieur des compétences en question. Dans ce sens. je suis favorable à ce que des milieux scolaires sorientent vers des cycles dapprentissage et jestime quil sagit dun cadre organisationnel approprié - ce nest certainement pas une fin en soi - afin de lutter contre le redoublement scolaire et contre les difficultés dapprentissage et les échecs des élèves.
Les cycles dapprentissage constituant une structure organisationnelle, il reste donc, une fois que cette structure est adoptée, à définir une multitude déléments. Aux États-Unis par exemple, pays où lidée de cycles dapprentissage connaît un engouement du genre " top ten ", les milieux scolaires ont introduit le looping ou le multiyear teaching. Les objectifs sont déterminés sur la base dun cycle dapprentissage et non plus dune année scolaire, et un enseignant assume la responsabilité dun même groupe délèves sur lensemble dun cycle, cest-à-dire sur une période de deux ou trois années. Les conclusions des recherches réalisées au sujet de cette problématique illustrent entre autres quune telle structure organisationnelle permet aux enseignants dacheter du temps (buying time) avec les élèves sur les deux ou trois années et dinscrire les apprentissages dans une continuité quil nest pas possible de prendre en compte dans une organisation différente du travail. Jai apporté cet exemple, de plus en plus documenté dans les écrits pédagogiques, dans le but de faire ressortir 1. que lidée de cycles dapprentissage ne contraint pas nécessairement les enseignants à établir plus dinterdépendance entre eux - cest un choix dun autre niveau -, 2. que lidée de cycles dapprentissage est multiforme dans son opérationalisation, et 3. quen soi, lidée de cycles dapprentissage ne suggère aucune situation dapprentissage particulière, ni aucun dispositif particulier.
Dans les réflexions entourant la Rénovation de lécole primaire genevoise, je considère quil serait regrettable de consommer une grande quantité de temps à définir sil est approprié ou non de sorienter vers des cycles dapprentissage - le Petit Bleu ma toujours semblé très clair sur ce point. En revanche, jestime quil faudrait consacrer beaucoup de temps et dénergies à déterminer la nature et les caractéristiques des dispositifs denseignement-apprentissage ainsi que des rôles des enseignants. En concomitance, il serait nécessaire que la discussion de ces deux éléments permette de tirer des conclusions judicieuses sur la longueur des cycles dapprentissage et sur lorganisation du travail des enseignants. Je suis toutefois persuadé quil est périlleux de tenter de préciser la longueur des cycles in abstracto avant de sêtre penché très sérieusement sur les dispositifs denseignement-apprentissage, sur les apprentissages que les élèves doivent réaliser et sur les rôles des enseignants. Un tel scénario accorderait encore une fois la priorité à la structure ou à lorganisation par rapport à la pédagogie et à la didactique, et les arguments invoqués mettraient en conséquence laccent sur la rupture nécessaire que la nouvelle structure doit provoquer chez les enseignants plutôt que sur les apports éventuels de la Rénovation quant à lévolution et au développement des élèves.
Réflexion sur la discussion portant sur les cycles dapprentissage En somme, il sagit de trouver le bon équilibre entre accorder une liberté daction aux professionnels et aux instruments de gestion que linstance subventionnant léducation pense devoir mettre en place pour pouvoir sattaquer aux problèmes politiques et sociaux, et pour pouvoir expliquer pourquoi tel ou tel projet est si coûteux. Ceci représente dailleurs le conflit entre les niveaux politique et professionnel. Léquilibre peut être bien illustré par les deux modèles suivants
implémentation
Les deux modèles indiquent, à partir doptiques différentes, le cours que prendront les rénovations si des mesures stratégiques sont prises et ils précisent que le choix de ces mesures ou interventions stratégiques demande de trouver un équilibre subtil. Le modèle 1 montre quil faut sefforcer de réaliser le quadrant B : une grande adhésion et une implémentation importante. Dans ce quadrant, la liberté professionnelle (modèle 2) constitue le facteur directif essentiel et un minimum de codification et de contrôle sont nécessaires. En partant du principe que lextension de la rénovation doit être réalisée dans les années à venir, il faut chercher des mesures et interventions stratégiques faisant largement appel à la responsabilité professionnelle des enseignants (et des directeurs décole) et préciser les cadres au sein desquels cette liberté professionnelle est définie. Jai pu remarquer quen ce moment, la mise au point détaillée des " trois axes " et la définition des " cycles dapprentissage " portent en soi le risque dune trop grande codification. Ce nest quen dialoguant avec les enseignants quon peut trouver un équilibre.
La consultation de mai 1998 sur les cycles manifeste bien, comme tout semble lindiquer, un accord global sur cette orientation. La synthèse des réactions a été discutée au GPR en septembre et diffusée à lintérieur du dispositif dexploration proprement dit (écoles en réflexion ou innovation - GIP - GRI - GPR - formateurs et inspecteurs concernés).
Il reste au GPR à affiner les hypothèses pour les soumettre à nouveau aux écoles, selon des modalités à définir. Au-delà des ajustements et précisions qui seront fonction des réactions, il a semblé nécessaire daller plus loin sur deux points qui nont guère été abordés dans la première consultation sur les cycles :
1. Le nombre et la durée des cycles, avec le découpage correspondant du cursus primaire.
2. Les fonctionnements pédagogiques proposés, en étoffant les trois modèles suggérés.
Ces deux questions sont liées. Il serait assez logique dapprofondir dabord le point 2 avant de trancher la question de la durée. Toutefois, cela prendrait encore quelques mois, durant lesquels lavancement dautres dossiers serait bloqué ou retardé, parce que les options prises sur le nombre et la durée des cycles ont des incidences fortes. Il sagit notamment du développement des objectifs-noyaux, des dossiers dévaluation et des structures de gestion. Par ailleurs, lincertitude actuelle sur la durée des cycles empêche de visualiser les conditions et les contraintes du fonctionnement didactique et du travail déquipe.
Il semble admis et souhaité assez généralement quon ne laisse pas le choix aux écoles ou aux groupes scolaires, parce que cela les diviserait, leur prendrait une énergie considérable, les obligerait à élaborer localement les objectifs de fin de cycle et les outils dévaluation, sans parler de la mobilité des élèves, voire des enseignants entre écoles découpant la scolarité différemment. Il faut donc une décision pour lensemble des écoles primaires concernées. Dans ce but, le GPR formule des propositions, même si toutes les conditions dun choix raisonné ne sont pas réunies.
Il ny a pas encore eu de débat centré sur cette question, mais elle affleure constamment à propos dautre chose. On peut donc prévoir que le débat opposera plusieurs formules :
A. Quatre cycles de deux ans.B. Deux cycles de quatre ans.
C. Des cycles inégaux, par exemple 3-2-3 ou 3-3-2 ou encore 2-3-3.
D. Des solutions qui ne respectent pas le découpage en années scolaires pleines, par exemple trois cycles égaux de deux ans et 13 semaines (une année scolaire = 39 semaines).
E. Des formules plus complexes, avec diverses formes de tuillage des cycles
Parmi les critères et arguments qui interviennent dans le débat, on peut citer :
Le bureau du GPR estime quaucune logique ne simpose avec évidence et quil y des arguments valables en faveur de plusieurs formules. Il constate aussi que le débat oppose des formules relativement simples, qui népuisent pas tous les possibles.
Peut-on trouver un compromis ? Peut-être, à deux conditions : 1. faire clairement le deuil des hypothèses les plus problématiques ou marginales ; 2. trouver un compromis constructif entre celles qui restent en lice.
On peut renoncer aux cycles dont la durée ne se compte pas en nombre entier dannées scolaires, parce que les complications gestionnaires seraient sans commune mesure avec les profits attendus.
Il semble que lon puisse renoncer au cycle unique de 8 ans à condition dinsister sur la continuité du cursus et la responsabilité globale de lécole et du groupe scolaire à cet égard.
On peut renoncer aux cycles qui chevauchent les divisions, pour des raisons liées aux bâtiments et aux groupes scolaires. Peut-être aussi parce que des cycles de durée inégale posent le problème de léquipe pédagogique et de la responsabilité collective en termes différents. Donc exit les formules 3-3-2 ou 2-3-3 ou 3-2-3. Le bureau saisit lintérêt des formules 2-3-3, 3-2-3 ou 3-3-2, mais il propose de les mettre provisoirement entre parenthèses pour explorer une hypothèse plus simple. Quant au tuillage, on peut aussi le mettre en réserve et y revenir si aucun consensus nest trouvé sur des solutions plus simples.
Aucun de ces deuils ne simpose avec évidence, leur seule vertu est de circonscrire le débat et douvrir la voie à un éventuel compromis entre les deux formules encore en lice : 4 fois 2 ans ou 2 fois 4 ans.
La proposition du GPR irait dans le sens qui suit :
1. Définir quatre étapes dans le cursus du point de vue des objectifs-noyaux et des outils et moments dévaluation-bilan (appelées ici A, B, C et D) ; on respecte alors la segmentation des progressions préconisée par les didacticiens et on ménage une forte compatibilité avec les orientations de la Suisse romande.
2. Instituer deux cycles de 4 ans comme découpage de base, qui simpose à toutes les écoles : cycle 5-8, cycle 9-12, nommés daprès les âges des élèves en fin dannée scolaire.
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3. Donner le choix (à lécole ou aux enseignants intervenant dans le même cycle) de gérer le cycle de 4 ans soit comme un tout, animé par une seule équipe, soit comme deux tranches de deux ans chacune, prise en charge par deux équipes travaillant en coordination et co-responsables du cycle.
4. Accepter que ce choix puisse être revu au fil des années, dans un sens ou dans lautre, dans les mêmes conditions.
5. Insister de toute manière sur une cohérence pédagogique interne à chaque cycle et entre les cycles dans le cadre dun projet et dune coordination décole (bâtiment ou groupe scolaire).
6. Nautoriser quexceptionnellement, sur dérogation négociée (modalités à préciser), que le séjour dans un cycle soit allongé ou abrégé dun an (3 ou 5 ans au lieu de 4 ans), nen décider quau cours de la dernière année du cycle et interdire de recourir à cette possibilité plus dune fois dans le cursus primaire (parcouru normalement en 8 ans, exceptionnellement en 7 ou 9 ans).
Ladoption dun tel dispositif permettrait de fixer rapidement le cadre des objectifs-noyaux à rédiger pour les étapes A, B, C et D.
Ce nest pas un compromis, mais loption claire daller vers des cycles longs avec deux balises pour les objectifs dapprentissage : lune de fin de cycle, lautre à mi parcours. Les équipes adopteraient - en en rendant compte - lorganisation interne qui convient aux enseignants en place, à leur mode de coopération, à leur vision de la division du travail et de la différenciation et au nombre délèves à prendre en charge dans le cycle de quatre ans. Une organisation modulaire exige probablement une gestion sur quatre ans, alors que dautres fonctionnements sont plus compatibles avec deux tranches de deux ans. Dans les grandes écoles, sil faut envisager deux équipes, elle peuvent aussi gérer chacun les quatre ans plutôt que prendre en charge une tranche de deux ans chacune.
Les appellations des cycles et étapes méritent dêtre discutées en tant que telles. Elles doivent rompre avec les degrés, ne pas induire de confusion avec la France et ne pas donner à une étape dun cycle le statut de cycle à part entière
Le bureau du GPR ne pense pas que cette formule soit idéale, mais elle lui semble susceptible de concilier des positions également défendables.
Il estime quil faut rechercher non une formule idéale, mais une formule praticable dès lan 2000-2001, autrement dit acceptable par un grand nombre denseignants et de parents et compatible avec les compétences acquises.
Si lesprit des cycles, le souci de la continuité du cursus et la centration sur la construction des compétences lemportent, les découpages devraient avoir moins dimportance quon ne limagine aujourdhui.
Cela dépendra des modalités de mise en place (notamment de laccompagnement offert), des modalités de fonctionnement interne des cycles, de laménagement des passages, des options sur la responsabilité collective et des façons de rendre compte. Nombre et durée des cycles sont indissociables dun ensemble de choix cohérents.
Chacun saccorde pour exiger de la cohérence tout au long du cursus et à lintérieur dun cycle. Mais que faut-il exactement entendre par là ?
On peut distinguer trois niveaux de responsabilité :
1. Cohérence du cursus primaire (-2 à + 6) dans une école ou un groupe scolaire.
2. Gestion commune dun cycle dapprentissage de quatre ans.
3. Prise en charge quotidienne des mêmes élèves.
Les niveaux sont présentés dans cet ordre, du plus grand ensemble au plus petit, parce que chacun ajoute des critères de cohérence à ceux du niveau précédent. Le second et le troisième niveau peuvent être confondus si léquipe dun cycle assume comme telle la prise en charge pédagogique de tous les élèves du cycle. Le tableau suivant propose des critères auxquels se référer pour rendre compte de la cohérence à chacun de ces trois niveaux :
4.6 Cohérence à trois niveaux
Niveau de
responsabilité 1. Ecole (bâtiment
ou groupe scolaire) 1.2 Dispositifs
dévaluation informative et
certificative. 1.3 Aménagement des espaces
et horaires scolaires. 1.4 Concertation des choix de
formation continue. 1.5 Projet
décole. 1.6 Aménagement des passages
dun cycle au suivant. 1.7 Coordination entre les cycles,
éventuels modules de transition, modalités
de suivi. 1.8 Politique des
dérogations à demander pour abréger
ou allonger le cursus dun élève
à titre exceptionnel. 1.9 Droits, obligations et
participation des élèves de
lécole. 2. Cycle
dapprentissage 2.2 Interprétation commune
des objectifs et des balises. 2.3 Démarches
pédagogiques et didactiques dans les
disciplines. 2.4 Moyens
denseignement. 2.5 Conception et modalités
de lévaluation formative. 2.6 Gestion des progressions et de
la circulation des élèves entre groupes,
modules, tranches ou autres dispositifs. 2.7 Gestion des parcours durant le
cycle. 3.2 Attitude, relation
pédagogique. 3.3 Exigences, règles
disciplinaires. 3.4 Mode de régulation des
conflits, absence, déviances. 3.5 Fonctionnement en conseil de
classe ou son équivalent. 3.6 Mise en place de dispositifs et
de situations
denseignement-apprentissage. 3.7 Suivi formatif des
élèves et de leurs
apprentissages.
1.1 Information/association
des parents.
de quatre ans
2.1 Principes
dorganisation interne du cycle (tranches, modules,
division du travail entre enseignants, etc.).
3.1 Contrat
didactique.
Un tel tableau devrait être progressivement stabilisé. Dans un premier temps, il devrait surtout permettre de discuter les notions de responsabilité commune et de cohérence.
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Laboratoire
de recherche
Innovation-Formation-Éducation
Université de Genève - life@pse.unige.ch