Code d'éthique
Concernant la recherche au sein de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation
I. Préambule | II. Principes | III. Règlement de la commission d'éthique facultaire | Addendum au code d'éthique de la Faculté |
I. Préambule
Un code d’éthique n’est pas assimilable à un ensemble de règles applicables à la lettre. En sciences humaines, la recherche agit nécessairement sur les personnes et les institutions, ne seraitce que parce qu’elle peut modifier leurs représentations de la réalité. L’important est d’apprécier les risques, de les limiter et de renoncer aux travaux qui feraient courir trop de risques. Un code d’éthique énonce à ce propos des principes généraux. Il revient à chaque chercheur-euse de réfléchir - selon sa discipline, les particularités de sa recherche et les situations concrètes - sur les problèmes éthiques rencontrés. L’éthique évolue avec l’histoire et il n’existe pas de principe applicable sans nuance. Lorsqu’un-e chercheur-euse rencontre un problème éthique, il-elle recherchera l’avis de collègues susceptibles de l’aider, consultera les membres d’une commission d’éthique et/ou négociera des règles avec les personnes ou organisations touchées par sa recherche.
Le présent code a pour objet de préciser les principes généraux qui s’appliquent à la recherche dans la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de l’Université de Genève. Il est destiné aussi bien aux chercheur-euse-s de tout statut qu’aux étudiant-e-s (en tant qu’apprenti-e-s chercheur-euse-s) et aux partenaires et usagers de la recherche. Son rôle est d’informer, de donner une base de référence commune et d’orienter la réflexion. Les principes généraux énoncés dans le code doivent faire l’objet d’échanges cons-tants, d’une formation dans le cadre des enseignements, d’une discussion et d’une concertation dans le cadre de la commission d’éthique élue par le Conseil de Faculté de la FPSE, et d’autres instances facultaires. En particulier, chaque fois que ce code est trop flou ou général pour fixer des règles de conduite dans une situation complexe, on s’efforcera de l’expliciter et de clarifier le contrat de collaboration entre les chercheurs et les partenaires de la recherche.
Dans cet esprit, le présent code doit être facilement accessible, notamment sous forme de document polycopié. Il est en particulier remis, par la Présidence de la Section concernée, à tout assistant-e et enseignant-e entrant dans la Faculté et, par l’enseignant-e responsable, à tout étudiant-e participant à une re-cherche.
Les recherches menées en psychologie et en sciences de l’éducation présentent des caractères semblables mais aussi des différences. Certaines parties de ce code s’appliquent davantage aux expériences de laboratoire, d’autres aux recherches et interventions en milieu naturel. Il revient à chacun d’identifier les principes les plus pertinents pour ses travaux et de les adapter à son cas particulier.
Le code d’éthique de la FPSE n’entend pas se substituer aux règles déontologiques établies dans certaines professions ou certaines disciplines scientifiques. Le-la chercheur-euse est également tenu-e de prendre connaissance et de respecter les règles de l’institution à l’intérieur de laquelle il-elle conduit sa recherche.
Le code prend pour acquis le respect des règles en vigueur dans la communauté scientifique: ne pas tronquer ou manipuler des données, citer ses références et ses sources, faire mention des collaborations, s’assurer de l’accord des autres chercheurs impliqués avant toute présentation de données, etc.
II. Principes
1. Respect des droits fondamentaux de la personne
Toute recherche doit respecter les droits fondamentaux des personnes concernées, enfants ou adultes.
2. Appréciation et limitation des risques
Toute recherche doit éviter de nuire à des personnes ou à des institutions. Si un risque - inconfort majeur sur les plans physique, mental, émotionnel - existe, si des implications sociales ou politiques sont probables, le-la chercheur-euse doit en mesurer l’importance, et avertir en conséquence la personne ou le groupe. Au cas où, malgré toutes les précautions prises, l’expérience devait engendrer des inconvénients ou troubles pour la personne concernée, le la chercheur-euse s’engage à chercher une solution appropriée.
3. Consentement libre et éclairé du sujet partenaire de la recherche
Toute recherche impliquant la participation active d’individus doit être conduite avec le consentement libre et éclairé des intéressé-e-s. Les observations dans des lieux publics, les analyses d’objets, de textes ou d’images appartenant au domaine public, ainsi que les recherches effectuées à partir de bases de données existantes et ne requérant pas une participation active des individus ne nécessitent pas le consentement des personnes.
Le consentement est éclairé lorsque les personnes ou groupes qui font l’objet d’une recherche sont informés :
- de ses buts;
- de l’identité des responsables de la recherche et des institutions pour lesquelles ils-elles travaillent;
- des méthodes de recueil des données et des observations;
- des implications pratiques pour tout ou partie des personnes concernées;
- des précautions prises pour respecter le caractère confidentiel de certaines données et l’anonymat des personnes, voire des institutions. des personnes, voire des institutions.
Certaines recherches en sciences humaines n’ont de sens qu’avec des sujets “ naïfs ” qui ne savent pas exactement ce que le la chercheur-euse observe; s’ils-elles le savent, leur comportement en est immédiatement modifié et la recherche perd tout intérêt. Dans ce cas seulement, l’objet et les buts de la recherche peuvent être tus, dans l’exacte mesure nécessaire à la poursuite des travaux et avec le souci d’informer dès que possible.
Pour qu’il y ait libre consentement, il faut :
- que les personnes intéressées soient informées (voir ci-dessus);
- qu’elles décident personnellement, sans aucune pression du chercheur ou de leur hiérarchie professionnelle ou d’un groupe quelconque;
- qu’elles puissent se rétracter à tout moment de l’expérience ou de la recherche;
- que leur refus ou retrait n’entraîne aucune conséquence fâcheuse pour elles-mêmes.
Les enseignant-e-s qui mènent ou supervisent des recherches veilleront à garantir les conditions d’exercice du libre consentement des sujets sollicités, particulièrement s’il s’agit d’étudiant-e-s, d’assistant-e-s ou d’autres personnes qui se trouvent, vis-à-vis de ces enseignant-e-s, dans une situation de dépendance.
La participation à une recherche en tant que sujet ne saurait constituer un pré-requis pour l’inscription à une unité de valeur ou à un cycle d’études.
Dans le cas d’un-e enfant mineur ou de personnes qui ne sont pas capables de discernement, le consentement pourra être donné par les parents ou un-e membre de la famille proche. Pour la recherche menée dans les écoles, le consentement est donné par la direction générale concernée. Ce consentement des adultes responsables est nécessaire, mais pas suffisant. Aucun-e enfant, aucune personne privée de discernement, ne doit être obligé-e de participer à une recherche s’il-elle manifeste des craintes ou des réticences, nonobstant l’autorisation des répondants légaux.
4. Respect de la sphère privée
Toute personne ou tout groupe a droit au traitement confidentiel de toutes les données le concernant, pendant et après la recherche.
Le-la chercheur-euse doit s’engager à ne publier aucune donnée mettant dans le domaine public des informations touchant à la sphère privée d’une personne, d’un groupe ou d’une organisation identifiable, sauf si les intéressés y consentent par écrit. Dans le doute, notamment lorsque la recherche porte sur un petit nombre de personnes ou d’institutions facilement reconnaissables, le-la chercheur-euse renoncera à publier des informations spécifiques permettant de les identifier.
Les matériaux de la recherche, en particulier les données concernant la sphère privée des individus, doivent être détruits dans un délai raisonnable si leur conservation ne s’impose pas pour des raisons scientifiques. Aussi longtemps qu’on les conserve, des règles strictes doivent être appliquées pour que ces informations :
- ne soient pas accessibles à des personnes non habilitées à en prendre connaissance;
- soient codées ou fragmentées de manière à ne permettre que très difficilement de remonter aux personnes et aux institutions.
Le-la chercheur-euse s’organisera notamment pour ne laisser figurer dans les données en cours de traitement ou archivées qu’un strict minimum d’indications personnelles. Lorsqu’ils sont nécessaires à la poursuite de la recherche, les noms et indications personnelles doivent être conservés séparément des données.
Ces règles s’appliquent aux données enregistrées manuellement aussi bien qu’aux données informatiques et aux cassettes audio et audiovisuelles. Lorsqu’il s’agit d’enregistrement audiovisuels, le-la chercheur-euse demandera expressément l’accord de la personne ou du groupe s’il veut en faire usage dans son enseignement ou lors de conférences. Le-la chercheureuse qui présente en public des enregistrements audiovisuels qui n’ont pas subi de transformation rendant la personne non identifiable se doit de dire aux auditeurs, en particulier aux étudiants, qu’ils-elles sont astreint-e-s au secret professionnel.
Le-la chercheur-euse prend par ailleurs systématiquement connaissance des législations internationale, fédérale et cantonale sur la protection de la vie privée et l’utilisation des données à caractère personnel.
5. Utilisation des informations
Le-la chercheur-euse utilise les informations recueillies dans le cadre d’une recherche à des fins scientifiques. Il-elle évite de s’en prévaloir pour faire pression sur des personnes ou s’assurer quelque avantage que ce soit. Dans le cas particulier des recherches-action, le-la chercheur-euse peut décider d’intervenir dans un processus de décision; il-elle en prend alors la responsabilité personnelle tout en ayant négocié les modalités de son intervention dès le début de la recherche.
Les informations personnelles recueillies à propos d’enfants ne sont pas communiquées aux adultes qui en sont responsables; si le-la chercheur-euse considère qu’il est nécessaire et utile de communiquer certaines informations, il-elle en prend la responsabilité personnelle. Les informations personnelles recueillies auprès d’adultes ne sont pas communiquées à des tiers sans leur consentement explicite. Cela s’applique aussi à l’autorité dont ils relèvent, qui n’a pas à connaître le contenu des observations, des entretiens, des tests, etc.
Si, par imprudence ou accident, certaines données recueillies dans le cadre de la recherche viennent à la connaissance de tiers ou d’autorités qui prétendent s’en servir pour fonder une décision ou prendre des mesures, le-la chercheur-euse s’opposera, dans la mesure de ses moyens, à tout abus et fera valoir le droit des personnes et des groupes à la protection de leur sphère privée.
6. Restitution des résultats de la recherche
Le-la chercheur-euse informe la personne, le groupe ou l’institution concernés des résultats de sa recherche, selon les modalités qui ont été convenues au début de la recherche.
Au-delà de l’information, le-la chercheur-euse se soucie, dans la mesure du possible, de prévenir les interprétations fallacieuses et les généralisations abusives. Sa responsabilité est d’aider les usagers et partenaires de la recherche à en faire un usage prudent et nuancé, en prenant conscience des limites et incertitudes de toute démarche scientifique. Le-la chercheur-euse interviendra, dans la mesure de ses moyens, pour corriger ou nuancer les interprétations, décisions et pratiques erronées ou imprudentes qui se réclament de son travail.
7. Responsabilité personnelle et solidarité collective
Chaque chercheur-euse s’engageant dans une recherche, y compris s’il-elle est étudiant, est personnellement responsable de son travail sur le terrain, des données qu’il-elle accumule et des textes ou publications qu’il-elle rédige.
Les chercheur-euse-s qui dirigent ou coordonnent les travaux de plusieurs personnes à l’intérieur d’une recherche sont plus globalement responsables du respect du code d’éthique par chacun-e des collaborateur-trice-s de la recherche.
A l’intérieur des cours et séminaires de recherche, les enseignant-e-s exercent la même responsabilité à l’égard de leurs étudiants et assistant-e-s.
Plus généralement, tout-e chercheur-euse de la FPSE peut et doit se sentir concerné-e sur le plan éthique par les recherches menées dans le cadre ou avec l’appui de la Faculté. Cette solidarité collective s’incarne, mais ne s’épuise pas, avec la constitution d’une commission facultaire d’éthique.
III. Règlement de la commission d'éthique facultaire
1. Mandat et compétence
1a. La commission d’éthique facultaire de la FPSE (ci-après la commission) a pour charge, sous la responsabilité du Conseil de Faculté, d’élaborer les règles générales d’éthique (Code d’éthique) s’appliquant aux recherches entreprises par les membres de la FPSE, et d’en proposer des modifications éventuelles.
1b. Elle sert d’instance de consultation lorsque les chercheurs de la FPSE recherchent un avis relatif aux aspects éthiques de leurs activités.
1c. Elle examine tous les projets de recherche ou projets de campagnes de recherche impliquant des participants humains élaborés dans la Faculté, s’ils ne sont soumis à aucune autre procédure d’évaluation éthique, et les accepte ou les refuse sur la base des éléments mentionnés aux 2a et 2b.
1d. Les projets de recherche menés dans les écoles publiques genevoises, émanant de membres de la FPSE, sont examinés du point de vue éthique par les sous-commissions de « recherche dans les écoles » et, par conséquent, ne sont pas soumis à la commission d’éthique.
1e. Sur demande, la commission agit en tant qu’interlocuteur des institutions extérieures en ce qui concerne les problèmes éthiques soulevés par des recherches conduites par des membres de la FPSE.
2. Fonctionnement
2a. Dans l’examen des projets de recherche, la commission se base en particulier sur : le Code éthique de recherche de la FPSE, les directives du DIP et de l’Université de Genève en matière d’éthique et de déontologie, le Code déontologique de la Fédération Suisse des Psychologues, la Déclaration d’Helsinki, les Ethical principles de l’APA, la Déclaration sur la protection de la vie privée et l’utilisation de données à caractère personnel à des fins de recherche (European Sciences Foundation), et le Guide pour le traitement des données personnelles dans le domaine médical du Préposé fédéral à la protection des données.
2b. Les décisions de la commission se fondent en particulier sur les aspects suivants: financement de la recherche, identité des responsables, description du projet, population ciblée, objectifs poursuivis, lieu de réalisation, matériel utilisé, avantage et bénéfices pour les participants, inconvénients et risques éventuels, durée du projet, mesures de confidentialité et d’accès aux données, modalités de diffusion des résultats, mesures assurant le consentement éclairés des participants, compensations éventuelles.
2c. L’autorisation relative à un projet de recherche indique que le chercheur a sollicité l’avis d’autres professionnels, et que le projet a été considéré comme répondant aux principes éthiques de recherche observés par la FPSE. Elle ne dégage pas le chercheur de sa responsabilité.
2d. Les décisions de la commission peuvent faire l’objet de recours auprès du Conseil décanal. La deuxième instance de recours est la Commission d’éthique de l’Université.
3. Composition
3a. La commission est une commission permanente composée de 9 membres de la FPSE. Le droit de représentation des corps est le suivant : corps professoral 4, corps intermédiaire 2, corps étudiant 2, corps administratif et technique 1. Des suppléants peuvent être désignés. La commission comprend des membres des deux Sections et, dans la mesure du possible, de l’unité TECFA.
3b. Le président de la commission, choisi parmi ses membres, est élu pour deux ans. Son mandat est renouvelable.
3c. La Commission peut consulter toute personne susceptible de l’aider dans ses délibérations.
3d. Les présidents des sous-commissions « recherches dans les écoles » sont membres ex officio avec voix consultative.
3e. Les membres et leurs suppléants sont désignés par le Conseil de Faculté, pour une durée de 2 ans, renouvelable.
Approuvé par le Conseil de Faculté le 20 juin 1990
Modifié par le Conseil de Faculté du 27 novembre 1997 et le 1er novembre 2007
Addendum au code d'éthique de la Faculté
Règles en matière d’"Emprunts, citations et exploitation de sources diverses lors de la rédaction de travaux universitaires"
(Adoptées par le Conseil de faculté de la FPSE le 6 avril 2006)
(Les règles qui suivent sont reprises telles quelles d’un document émanant du Conseil académique de l’Université Catholique de Louvain).
- L’utilisation de l’information doit respecter des règles éthiques simples mais strictes : le respect de la propriété intellectuelle et de la vérité interdit que l’on fasse passer pour sien, fût-ce par omission, un travail que l’on n’a pas accompli.
- Il importe donc de citer clairement ses sources, ce qui permet aussi de soumettre le travail au contrôle critique du lecteur qui peut ainsi apprécier par lui-même la qualité de l’information.
- En particulier, l’étudiant veillera à toujours bien distinguer ce qui revient à d’autres et ce qui lui est personnel : les citations d’auteurs sont signalées par des guillemets ou par les règles en usage dans la discipline; si elles sont modifiées légèrement, fût-ce par la mise en évidence de certains mots, on le signalera (par exemple au moyen des mots "souligné par nous");
les commentaires qui suivent de près un texte ou les travaux qui sont de simples adaptations doivent être signalés comme tels ("ici, nous suivons les idées de X, en les adaptant à notre contexte");
les traductions mentionneront leur auteur, qui peut être l’étudiant lui-même; les apports personnels peuvent bien entendu être signalés comme tels et sont à encourager. - La bibliographie doit être précise et permettre de toujours retrouver la source (livres, articles, etc).
La courtoisie recommande de signaler les informations non écrites importantes recueillies oralement. L’usage n’a pas encore codifié l’utilisation des informations recueillies sur site Internet, mais l’éthique veut ici aussi que les sources d’un travail scientifique soient signalées (on pourra suivre en cette matière ces recommandations proposées); ici comme ailleurs, il n’est en tout cas pas admissible que l’étudiant fasse passer pour siens des travaux tout faits qu’il aurait recueillis sur un site ou l’autre.
Formulaire avec signature
La mise en pratique de ces règles s’accompagnera du dépôt, au secrétariat des étudiants concerné, d’une déclaration écrite et signée de l’étudiant au moment de son inscription dans chaque cursus d’études (bachelor, master, et doctorat). Cette déclaration est obligatoire.
N.B.: la procédure pour le traitement des cas de fraude est fixée par le règlement de l’université(http://www.geneve.ch/legislation/rsg/f/rsg_c1_30p06.html)

