Psychologie clinique des émotions et du traumatisme

L'Unité de psychologie clinique des émotions et du traumatisme est dirigée par Grazia CESCHI (maître d'enseignement et de recherche) et fait partie de l'orientation Psychologie clinique de la Faculté.

Domaines de recherche

Réactions de stress post-traumatique chez des personnes tout-venants

Les évènements traumatiques peuvent jouer un rôle dans le développement de divers symptômes émotionnels et, plus précisément, dans le développement de troubles de l’humeur et de troubles anxieux. Malgré ce consensus, les recherches précédentes n’ont pas réussi à déterminer si la relation entre un évènement traumatique et l’émotion ressentie est toujours médiatisée ou modulée par des facteurs interindividuels tels des évaluations cognitives négatives (i.e., «appraisal»), des croyances dysfonctionnelles, des stratégies de présentation du soi, des stratégies de régulation de l’émotion, etc. Les présentes recherches testent différents modèles cognitifs de vulnérabilité émotionnelle. De plus, des études longitudinales dans des populations à risque (i.e., candidats de police exposés à des expériences traumatisantes sur le lieu de travail) viennent compléter cette ligne de recherches dans une direction plus appliquée.

Une perspective «diathèse-stress» des symptômes obsessionnels-compulsifs

Une perspective “diathèse-stress” des symptômes obsessionnels-compulsifs (SOC) prédit que l’exposition à des évènements aversifs influence, conjointement avec des dispositions au niveau de la personnalité de l’individu, la sévérité des SOC. Par exemple, nos résultats montrent que l’exposition à des évènements aversifs est plus critique pour des personnes sensibles à la récompense. De nouvelles études vont compléter notre compréhension de ce phénomène complexe.

Modification des biais cognitifs

Notre intérêt est ici d’appliquer des procédures de modification des biais cognitifs aux biais d’attention et d’interprétation qui sont couramment observés dans différents troubles anxieux. Notre but est d’évaluer l’impact des modifications de ces biais sur les symptômes anxieux. Nous postulons que le fait de changer la manière qu’un individu a de percevoir différentes informations « menaçantes » peut aider à améliorer sa vulnérabilité au stress de même que sa résilience, et, pour finir, réduire les facteurs de risque liés aux troubles omniprésents qui sont le stress et l’anxiété.

Images intrusives: évènements de vie aversifs et symptômes obsessionnels-compulsifs

Les images intrusives sont un phénomène couramment rapporté dans divers troubles émotionnels. Le but premier de ces recherches concerne donc la validation d’un questionnaire auto-rapporté évaluant les images intrusives, car un tel instrument n’existe pas à notre connaissance. Le deuxième but de ces recherches est d’investiguer l’implication des images intrusives dans le développement de troubles émotionnels. Plus précisément, étant donné que les images intrusives sont un mécanisme commun à l’état de stress post-traumatique et au trouble obsessionnel-compulsif, notre intérêt concerne le rôle des images intrusives dans le développement de symptômes obsessionnels-compulsifs suite à un évènement de vie traumatique. Ces études prennent place dans un échantillon d’adultes tout-venants parce que les images intrusives sont un phénomène «universel», présent aussi dans une population non-clinique.

Biais attentionnels vis-à-vis de l’image du corps

Les biais attentionnels jouent un rôle prépondérant dans le développement et le maintien des troubles émotionnels. Le premier intérêt de ces recherches sera de mettre en évidence des biais attentionnels vis-à-vis de l’image du corps (e.g., vers la grosseur ou la minceur, vers les parties détestées ou aimées de son propre corps ou de celui d’autrui). Dans un deuxième temps, ces biais attentionnels seront manipulés au travers de procédures de modification des biais attentionnels (i.e., automatisation et désautomatisation des biais d’attention sélective). Nous nous attendons à ce que le fait de changer la perception d’un individu vis-à-vis de différents stimuli « émotionnels » peut influencer sa réaction face à un stresseur et augmenter son estime de lui-même. Ces différentes recherches seront menées avec des populations non-cliniques qui présentent un haut niveau d’insatisfaction corporelle et des populations cliniques souffrant d’un trouble du comportement alimentaire ou d’une dysmorphophobie.

Malléabilité de l’anxiété implicite et explicite au travers de l’imagerie mentale

Notre but est d’investiguer davantage la malléabilité de l’anxiété explicite et implicite au travers de différentes interventions cognitives, comme par exemple la réinscription en imagerie. L’anxiété état et trait seront évaluées par des mesures explicites (i.e., auto-rapportées) et implicites (une variante du Test d’associations implicites (Implicit Association Test, IAT)). Les résultats indiqueront si le concept de soi implicite possède des caractéristiques « trait » et s’il est aussi stable qu’une mesure explicite de l’anxiété trait en opposition à une stratégie de contrôle mental volontaire.

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