Gustav Theodor Fechner dans sa «Vorschule der Aesthetik»
de 1876, introduit la distinction entre une esthétique
«d'en haut» (von Oben) et une esthétique «d'en
bas» (von Unten). La première s'essayerait «
à établir conceptuellement l'essence objective
du Beau, et, à partir de là, de développer
tout le système de l'esthétique». L'esthétique
«d'en bas», par contre, s'interroge sur les conditions
empiriques du plaisir (Gefallen). A proprement parler, l'esthétique
d'«en bas» est une esthétique de la perception
qui se prévaudra de tous les moyens que la psychologie
expérimentale naissante lui mettra à disposition.
A la fin du XIXe siècle, l'histoire de l'art ouvre la
porte grande à une science de l'interprétation
qui emprunte largement ses instruments à la psychologie.
On s'interroge sur comment se produit la lecture de l'oeuvre,
sur les parcours et les errances de l'oeil, sur les effets du
mouvement de l'observateur dans l'espace, sur les distorsions
optiques, etc... ; empruntant des concepts à la théorie
de l'Einfühlung, l'historien, le critique et l'architecte
habitent les formes architecturales et ressentent ce qu'elles
expriment et signifient. Un impressionnisme critique tant décrié
par la suite s'installe, qui attribue à l'architecture
des mouvements, des gestes, une puissance; ce type de critique
ne peut pourtant pas faire l'objet d'un refoulement total. Que
des générations entières aient ressenti
dans l'architecture gothique, un mouvement d'ascension verticale,
dans la spatialité de Mies un mouvement horizontal est
un fait, quelque soit la nature de ces sensations.
Notre étude de cas se propose une investigation autour
des théoriciens fondateurs de cette approche, des répercussions
de ces théories dans la conception architecturale et
des effets de langage qui en ont découlé. Concrètement,
le séminaire se fera autour de la lecture de quelques
textes fondateurs, et de la présentation de quelques
oeuvres profondément impliquées dans ce débat.
Des historiens et des architectes seront invités à
participer.