ENSEIGNANT IAUG

2e Cycle et Cycle postgrade Sauvegarde du patrimoine bâti

Mme Catherine Dumont d'Ayot

architecte

 

 

Architecte diplômée de l’Ecole d’architecture de l’Université de Genève, Catherine Dumont d’Ayot est enseignante à l’Institut d’architecture de l’Université de Genève et coordinatrice du cours postgrade « Sauvegarde du patrimoine bâti moderne et contemporain » depuis 2002. De 1990 à 1996, elle a assuré la coordination rédactionnelle de la revue FACES, journal d’architecture ainsi que celle de la publication des actes du colloque La sauvegarde du patrimoine bâti du XXe siècle. Nouveaux métiers, nouvelles formations pour l’IAUG et la Direction du patrimoine et des sites de l’Etat de Genève, DAEL, en 2001. En 2003, elle a recu un premier prix pour l’aménagement d’un jardin à Zurich, avec Lucas Schweingrueber et Christian Kerez. Elle a assuré la direction du catalogue de l’exposition Jean Prouvé et la poétique de l’objet technique pour le Vitra Design Museum avec Bruno Reichlin (2004). Elle prépare actuellement un livre et une exposition sur l’architecte genevois Marc J. Saugey.

 

5e ANNEE
semestre d'hiver - cours (étude de cas)

Architecture: entre perception et signification
en collaboration avec Bruno Reichlin et Leila el Wakil

Gustav Theodor Fechner dans sa «Vorschule der Aesthetik» de 1876, introduit la distinction entre une esthétique «d'en haut» (von Oben) et une esthétique «d'en bas» (von Unten). La première s'essayerait « à établir conceptuellement l'essence objective du Beau, et, à partir de là, de développer tout le système de l'esthétique». L'esthétique «d'en bas», par contre, s'interroge sur les conditions empiriques du plaisir (Gefallen). A proprement parler, l'esthétique d'«en bas» est une esthétique de la perception qui se prévaudra de tous les moyens que la psychologie expérimentale naissante lui mettra à disposition.

A la fin du XIXe siècle, l'histoire de l'art ouvre la porte grande à une science de l'interprétation qui emprunte largement ses instruments à la psychologie. On s'interroge sur comment se produit la lecture de l'oeuvre, sur les parcours et les errances de l'oeil, sur les effets du mouvement de l'observateur dans l'espace, sur les distorsions optiques, etc... ; empruntant des concepts à la théorie de l'Einfühlung, l'historien, le critique et l'architecte habitent les formes architecturales et ressentent ce qu'elles expriment et signifient. Un impressionnisme critique tant décrié par la suite s'installe, qui attribue à l'architecture des mouvements, des gestes, une puissance; ce type de critique ne peut pourtant pas faire l'objet d'un refoulement total. Que des générations entières aient ressenti dans l'architecture gothique, un mouvement d'ascension verticale, dans la spatialité de Mies un mouvement horizontal est un fait, quelque soit la nature de ces sensations.

Notre étude de cas se propose une investigation autour des théoriciens fondateurs de cette approche, des répercussions de ces théories dans la conception architecturale et des effets de langage qui en ont découlé. Concrètement, le séminaire se fera autour de la lecture de quelques textes fondateurs, et de la présentation de quelques oeuvres profondément impliquées dans ce débat. Des historiens et des architectes seront invités à participer.