Simone Veil (née en 1927)
Simone Jacob est née à Nice le 13 juillet 1927. Elle est la dernière d'une famille de quatre enfants. Elle a un frère, Jean, et deux soeurs, Madeleine et Denise. Le père, André Jacob, est architecte et la mère, Yvonne, qui restera pour Simone toujours une référence, a fait des études de chimie avant de se consacrer à sa famille.
Durant la guerre, la famille est considérée comme juive. En 1942, André Jacob doit abandonner son métier. La famille se disperse et se cache. En 1944, malgré le danger, Simone passe son baccalauréat. Mais, peu de temps après, tous sont déportés à Auschwitz. Simone ne reverra jamais son père et son frère. Sa mère mourra du typhus à Bergen-Belsen.
Après la guerre, elle entame des études de droit et de science politique à Paris. Elle y rencontre Antoine Veil qu'elle épouse en octobre 1946 (ce dernier fera carrière dans la haute administration française comme inspecteur des finances). Pour sa part, Simone Veil fera une brillante carrière dans la magistrature dont elle gravit les différents échelons. De 1969 à 1973, elle est ainsi conseillère du Ministre de la Justice, René Pleven.
Les élections présidentielles de 1974 portent au pouvoir Valéry Giscard d'Estaing, qui veut incarner un certain renouveau. On propose à Simone Veil, qui accepte, le poste de Ministre de la Santé qu'elle conservera jusqu'aux élections européennes de 1979. Ses nouvelles fonctions lui vaudront de devenir la femme politique sûrement la plus connue de France. C'est bien sûr la toute première loi anti-tabac, surnommée « loi Veil » de 1976 (76-616) qui impose de mettre sur chaque paquet de cigarettes un avertissement sur les dangers du tabac.qu'elle conservera jusqu'aux élections européennes de 1979. Ses nouvelles fonctions lui vaudront de devenir la femme politique sûrement la plus connue de France. C'est bien sûr la toute première loi anti-tabac, surnommée « loi Veil » de 1976 (76-616) qui impose de mettre sur chaque paquet de cigarettes un avertissement sur les dangers du tabac.
Mais ce sera surtout la loi autorisant dans certaines conditions l'avortement, appelé IVG (interruption volontaire de grossesse), qui déchaînera les passions. La dépénalisation de l'avortement était une des revendications féministes principales mais heurtait de front les sensibilités conservatrices de nombreux membres de la majorité parlementaire censée soutenir le gouvernement. Avec une grande ténacité, Simone Veil parvint à faire finalement adopter le texte par les deux Chambres (Assemblée et Sénat) en janvier 1975 (Loi 75-17 du 17 janvier 1975) dont on vient récemment de fêter le trentième anniversaire. Ce combat lui aura valu quelques inimitiés, mais surtout une extraordinaire popularité
C'est ainsi que, lorsque se profilent les premières élections européennes de 1979, elle est désignée pour conduire la liste du parti du Président Giscard d'Estaing, l'UDF. Cette liste fait un score remarquable et, lors de la séance inaugurale du nouveau Parlement à Strasbourg le 17 juillet, conduite sous la présidence de la doyenne d'âge Louise Weiss, Simone Veil se présente et est élue au second tour Présidente du Parlement Européen pour deux ans et demi. Elle occupera cette fonction jusqu'en janvier 1982.
Plus tard elle déclarera : « Quand j'ai été élue Présidente du Parlement européen, l'aspect symbolique - une ancienne déportée présidant cette assemblée - a été très important. Je ne sais pas ce que mon père en aurait pensé [...]. Mais je suis sûre que maman aurait souhaité cette réconciliation, et que j'y participe l'aurait rendue très heureuse » (extrait du documentaire « Simone Veil, une histoire française », diffusé sur France 3 le 29 janvier 2005).
Durant sa Présidence, elle contribue beaucoup à faire mieux connaître le Parlement européen et les objectifs de la construction européenne. A la fin de sa Présidence, elle demeure très engagée, dirigeant le service juridique du Parlement. Elle se représente (et est élue) aux élections de 1984, et à celles de 1989 sur une liste centriste très pro-européenne, refusant un accord avec les Gaullistes plus « souverainistes ».
Entre 1993 et 1995, elle est Ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville. En 1996, elle est membre de la Commission internationale pour les Balkans, chargée de trouver des solutions à la crise yougoslave. Elle est nommée pour dix ans, en 1998, membre de la plus haute instance juridique française, le Conseil constitutionnel (équivalent du Tribunal fédéral en Suisse). En 2005, elle s'engagera résolument dans la campagne pour le « Oui » au référendum sur le projet de constitution européenne, créant la polémique sur la compatibilité de son engagement avec ses fonctions de membre du Conseil constitutionnel.
Simone Veil est Présidente d'honneur de la Fondation de l'Europe des sciences et de la culture, et, depuis 2000, Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
