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Suisse multiculturelle

Le caractère multiculturel de la Suisse est une réalité que l'on peut appréhender de différentes façons. Simplement, en se limitant à constater qu'il existe quatre langues nationales (français, allemand, italien, romanche) dans un espace régional constitué de 26 cantons qui sont autant de référentiels culturels. S'y ajoute une population d'origine étrangère, représentant 20% de la population totale (38% à Genève). En affinant le trait, on se rend compte que tout cela est plus nuancé et que la carte culturelle de la Suisse évolue parfois de façon surprenante: le suisse-allemand ne prend-il pas l'ascendant sur la langue allemande, favorisant ainsi l'émergence d'une cinquième langue, l'anglais, nouvel outil de communication entre Confédérés? Ce métissage linguistique, culturel et confessionnel ne masque-t-il pas l'absence d'un patrimoine culturel propre à l'ensemble des Suisses? En effet, quels sont les points communs entre un Romand de Genève, de Lausanne ou de Neuchâtel? Entre un Suisse allemand de Zurich, de Berne ou de Bâle? Entre un Tessinois de Ambrí Piotta ou de Lugano?

La ligne de partage culturel est à la fois verticale, en coupant la Suisse entre Romands et Alémaniques selon la ligne imaginaire dite du «Röstigraben» (littéralement «le fossé de rösti»), et horizontale, en opposant la ville à la campagne et parfois les régions catholiques aux régions protestantes. Cette différence entre la Suisse de l'Est et de l'Ouest apparaît très clairement lors de votations sur des sujets sensibles, en premier lieu sur l'Europe ou sur des objets de politique sociale par exemple.

En préservant ces spécificités régionales, le fédéralismesuisse favorise certainement cette image de pays multiculturel qui, à l'échelle du continent européen, n'est pas unique, mais une fois encore singulière, comme le sont nos institutions politiques.