Midis de l'Europe 2008
L'Institut européen de l'Université de Genève a le plaisir de vous convier à un nouveau Midi de l'Europe :
"Croquez l'Europe ! Regards croisés de dessinateurs" avec Barrigue (dessinateur de presse indépendant et Chappatte (dessinateur de presse, Le Temps, International Herald Tribune, NZZ am Sonntag)
Date: Jeudi 11décembre 2008, 12h15-13h45 (une collation est offerte dès 12h)
Lieu: Les Salons, rue Bartholoni 6 (à proximité de Uni-Dufour)

"L'Europe dans la littérature : comment définir un livre européen ?" avec Pascal Dethurens (professeur à l'Institut européen de l'Université de Genève et Directeur de l'Institut de Littérature Générale et Comparée à l'Université de Strasbourg)
Date: Jeudi 23 octobre 2008, 12h15-13h45 (une collation est offerte dès 12h)
Lieu: Les Salons, rue Bartholoni 6 (à proximité de Uni-Dufour)
La première édition des Journées du livre européen, qui se tiendront du 20 au 25 octobre, est organisée dans les villes de Paris, Bruxelles, Luxembourg, Genève et Besançon. Sous le label de la saison culturelle européenne, l'opération mobilise de nombreuses librairies, bibliothèques et centres culturels.
Mais que faut-il comprendre par « livre européen » ? Est-ce la diffusion d’un ouvrage dans les pays européens, en d’autres termes, son statut de « bestseller » qui permet de le qualifier ainsi ? Est-ce son corollaire, soit le fait qu’il soit traduit en plusieurs langues lui permettant ainsi de garantir son accès aux marchés européens du livre ? Plus fondamentalement, la littérature européenne est-elle le produit des littératures nationales ou possède-t-elle son propre référentiel, composé d’autant de chimères que de traditions distinctes ?
Lorsque Alexis de Tocqueville entreprend son voyage aux Etats-Unis, dont résultera entre autres l’ouvrage De la démocratie en Amérique (1835-1840), il offre une analyse éblouissante de la démocratie représentative républicaine aux Etats-Unis, tout en offrant des pistes de réflexion aux monarques et démocrates européens de son époque. Ainsi et tout en marquant la pensée politique européenne, cet ouvrage a aussi contribué et de façon plus universelle encore, à la diffusion du modèle républicain. Dès lors, le critère de l’universalité ne serait-il pas au fond ce qui détermine en premier lieu une œuvre européenne?
Que dire dès lors des contes, dont la réécriture depuis la Renaissance constitue un genre littéraire à part entière, empruntant, traduisant et réinterprétant les mythes pour certains fondateurs des civilisations européennes ? Par exemple, la figure de l’ogre que l’on attribue originellement à Charles Perrault (1628-1703), résume à elle toute seule la richesse des contes européens, dont les racines plongent en réalité dans l’Antiquité. En effet, le dieu grec Chronos et son équivalent romain Saturne, ne préfigurent-t-ils pas la figure de l’ogre dans le Petit poucet et celui de l’ogresse dans Hänsel et Gretel ?
Qu’elle soit « ogre » ou « ogresse », la littérature européenne ne s’appréhende donc pas avec une série de critères, mais elle nous invite plutôt à une réflexion générale sur notre double identité, à la fois de lecteur et de citoyen.
C’est précisément à cet exercice périlleux consistant à définir la littérature européenne, que se livrera Pascal Dethurens dans le cadre de ce Midi spécial, consacrée aux journées du livre européen
Contact : Frédéric Esposito, responsable de la Plate-forme Europe

"La lutte contre le terrorisme : les libertés individuelles menacées" avec Dick Marty (Conseiller aux Etats, Président de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats, Membre de la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme du Conseil de l'Europe)
Date: Vendredi 9 mai 2008, 12h15-13h45 (une collation est offerte dès 12h)
Lieu: Les Salons, rue Bartholoni 6 (à proximité de Uni-Dufour)
Présenté comme un problème globalisé, le terrorisme n'en reste pas moins un enjeu local pour les autorités politiques, judiciaires et policières en Europe et dans le monde. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, le ton a ainsi été donné par la communauté internationale et notamment avec les résolutions des Nations Unies 1373 (2001) et 1566 (2004) en fixant le cadre de l'indignation collective qui rappelle qu'aucun motif d'ordre politique ou idéologique ne permet d'excuser ou de pardonner une action terroriste. Le Conseil de l'Union européenne s'est lui aussi rallié à ce concert de condamnations unanimes, en proposant après les attentats de Madrid en 2004, de consacrer le 11 mars comme une journée commémorative en faveur des victimes d'actes terroristes. En inscrivant la lutte contre le terrorisme à l'agenda politique et citoyen, des tensions sont apparues d'une part, entre la poursuite de cet objectif de sécurité interne et internationale et d'autre part, le respect des droits de l'homme.
La différence d'approches entre le Vieux continent et les Etats-Unis dans la façon de réagir à la menace terroriste, illustre bien cet enjeu. En effet, et comme le souligne Dick Marty dans son rapport rédigé au nom de la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme du Conseil de l'Europe (juin 2006), les Etats européens fondent davantage leur stratégie sur les institutions et l'ordre juridique en place, au contraire des Etats-Unis qui semblent décidés à recourir à de nouveaux concepts. A ce titre, la situation des personnes détenues à Guantanamo Bay, sur l'île de Cuba, de même que l'existence de prisons secrètes de la CIA en Europe, et plus récemment, les listes noires de l'ONU et de l'Union européenne portant sur des personnes et des groupes soupçonnés de liens avec le terrorisme, permet de s'interroger sur leur compatibilité avec la Convention européenne des droits de l'homme ainsi qu'avec la Déclaration universelle des droits de l'homme.
A une autre échelle, et sur le plan local plus particulièrement, cette question se pose en des termes identiques En effet, la diffusion de caméras de surveillance dans certaines capitales européennes (Londres, Madrid ou Paris) apparaît comme autant de symboles de cette nouvelle approche sécuritaire en milieu urbain, et dont l'efficacité est censée compenser les atteintes aux libertés individuelles.
Ainsi la lutte contre le terrorisme conduit indiscutablement à s'interroger sur l'adéquation entre les mesures juridiques et politiques envisagées et le respect des droits de l'homme et ce, indépendamment de l'échelon concerné (local, national et international). C'est précisément tout l'enjeu de cette conférence.
Références
Rapport de Commission des questions juridiques et des droits de l'homme (Rapporteur: M. Dick Marty), Allégations de détentions secrètes et de transferts interétatiques illégaux de détenus concernant des Etats membres du Conseil de l'Europe, Conseil de l'Europe, Doc. No 10957, 12 juin 2006.
Rapport de Commission des questions juridiques et des droits de l'homme (Rapporteur: M. Dick Marty), Listes noires du Conseil de sécurité des Nations Unies et de l'Union européenne, Conseil de l'Europe, Doc. No 11454, 16 novembre 2007.
Esposito Frédéric, Cities against Terrorism, Training Local Tepresentatives in Facing Terrorism, Paris, European Forum for Urban Security, 2008.

"Quel rôle politique pour les régions en Europe ?" avec Claude Haegi (FEDRE) et Klaus Klipp (ARE)
La notion de région est une donnée à géométrie variable, selon que l’on soit à Genève, Bruxelles, Paris ou Berlin et son rôle, comme les enjeux qui y sont rattachés, varient tout autant. Ce concept à géométrie variable est d’ailleurs l’une des caractéristiques de l’Europe des régions telle qu’imaginée par Denis de Rougemont au début des années 60.
Selon Denis de Rougemont, la région n’est pas obligatoirement une Fédération d'entités administratives existant sous les Etats comme les Régions en France ou en Italie, les Communautés autonomes en Espagne, les Länder en Allemagne ou en Autriche, les Provinces aux Pays-Bas. Elle se présente comme une communauté civique et un espace de participation citoyen. La fédération de ces communautés constitue précisément la base de sa vision connue sous le nom d' « Europe des Régions » qu’il oppose à la Fédération d'Etats-nations.
Pourtant, c’est de cette Europe des régions dont il s’agit aujourd’hui, qui s’évertue à résoudre des problèmes concrets d'environnement, de transports, d'éducation et d'emploi... La dimension citoyenne n’est pas absente pour autant, car la région se présente comme un interface adéquat entre la politique européenne au sens large, et les citoyens. Justement, la promotion du concept de démocratie régionale en Europe ainsi que le rôle des régions dans le processus politique est l’une des missions que s’est fixées l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE), dont les membres représentent plus de 250 régions de 33 pays européens et 14 organisations interrégionales.
L’Europe des régions a d’autant plus le vent en poupe lorsque certaines de ces régions chevauchent les frontières nationales existantes : il s'agit alors de régions transfrontalières dans lesquelles des projets d'agglomération se développent, comme celui relatif à la région franco-valdo-genevoise par exemple.
Cependant pour faire face à la nature transnationale des enjeux, le législateur national et européen est contraint de doter les régions d’une autonomie supplémentaire. En Suisse par exemple, la Constitution (art. 55) prévoit d’associer les cantons à la préparation des décisions de politique extérieure, lorsque cela affecte leurs compétences ou intérêts essentiels. Cet article, qui puise son inspiration de la Loi fondamentale allemande, trouve aussi un écho au sein de la Charte européenne de l’autonomie régionale (Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, Conseil de l'Europe).
Toutefois, le débat concernant le rôle politique des régions en Europe doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur les modalités visant à améliorer la coordination entre les différents échelons de l’Etat et ses partenaires, comme nous le rappelle la gestion des déchets napolitains entre la Suisse et l’Italie…
Dès lors, comment ce régionalisme croissant résonne-t-il dans les institutions européennes que ce soit au sein du Conseil de l’Europe, de l’ARE mais aussi à Bruxelles ?
S’agit-il d’un renforcement du rôle politique des régions en Europe et de leur avènement sur la scène internationale?
Date: Mardi 22 avril 2008, 12h15-13h45 (une collation est offerte dès 12h)
Lieu: Les Salons, rue Bartholoni 6 (à proximité de Uni-Dufour)

"La Russie, en marge ou au centre des préoccupations européennes ?" avec Georges Nivat, professeur à la Faculté des Lettres de l'Université de Genève
Date: Mardi 1er avril 2008, 12h15-13h45 (une collation est offerte dès 12h)
Lieu: Les Salons, rue Bartholoni 6 (à proximité de Uni-Dufour)
Guy Vibourel, Directeur de Migros Genève et Charles Wyplosz, Professeur à l’IHEID sur le thème :
"Euro fort contre franc faible : le pouvoir d'achat menacé ?"
Date: Mardi 26 février 2008, 12h15-13h45 (une collation est offerte dès 12h)
Lieu: Les Salons, rue Bartholoni 6 (à proximité de Uni-Dufour)
Symbole de l’union économique et monétaire (15 Etats aujourd’hui), l’euro est rapidement devenu celui de la défense du pouvoir d’achat dès sa mise en circulation en janvier 2002. En effet, le débat sur la souveraineté perdue des Etats de la zone euro, a vite laissé la place aux craintes de voir s’envoler le prix du café et des denrées alimentaires de base.
Est-ce que le consommateur-citoyen a eu raison de s’inquiéter de la baisse de son pouvoir d’achat ?
Pendant la campagne à l’élection présidentielle française de 2007, une majorité de candidats ont répondu positivement à cette question et notamment, le Président nouvellement élu. Cette question est d’ailleurs devenue un élément récurent de l’agenda politique français. De même, l’euro comme la Banque centrale européenne continuent de faire l’objet de sévères critiques de la part de ce dernier.
La BCE favorise-t-elle un euro fort au détriment du pouvoir d’achat?
Charles Wyplosz, professeur à l'Institut des Hautes études internationales et du développement remet justement en cause "la légende selon laquelle l'introduction de l'euro s'est […] accompagnée d'une forte hausse du coût de la vie et d'une chute du pouvoir d'achat". Selon l'économiste, "l'euro fort est une autre légende", puisque le cours de la monnaie unique vis-à-vis des pays tiers "est à peu près au même niveau que lors de sa création en janvier 1999" (telos_eu.com).
Le mythe de l’euro fort est pourtant perceptible dès la frontière passée… Au contraire, pour les Européens, la situation s’est inversée, et la Suisse est devenue plus attractive.
Précisément et dans la grande distribution, est-ce que cette parité à changé le profil pour ne pas dire la nationalité des clients du géant orange?
Quel sera l’issue du match que se livrent les deux monnaies, mais aussi les conséquences sur le pouvoir d’achat des consommateurs ?


