Les contributions des enseignements de sciences sociales - histoire, géographie, citoyenneté - à l'éducation au développement durable. Etude d'un exemple: le débat en situation scolaire (deuxième étape de la recherche, septembre 2009-mars 2012)

Description de la recherche:

La complexité croissante du concept de développement durable (ci après DD), à la confluence de préoccupations cruciales pour l’humanité, autant que l’urgence des actions qu’il réclame, appellent un délicat travail de clarification, de compréhension et d’élaboration. La mobilisation de l’éducation est incontournable si l’on veut que les controverses théoriques, pratiques et politiques qu’un tel développement suscite soient traitées le plus universellement. L’enjeu est de faire adopter par les élèves une posture intégrant les multiples dimensions environnementales, sociales et démographiques, économiques et financières, politiques et juridiques, culturelles et éthiques, nécessaires à la compréhension et à la réalisation d’un DD.

L’éducation est une contribution obligatoire à la construction d’une telle posture. Il s’agit de former des citoyens capables de saisir les enjeux débattus dans l’espace public et de choisir des attitudes en phase avec un mode de développement durable. Cela implique donc la construction de compétences sociales, à travers l’élaboration d’outils nécessaires à l’analyse, la décision et l’action. Dans cette optique, les approches interdisciplinaires sont amplement recommandées au sein de l’éducation en vue du développement durable (ci-après EDD). Mais, au-delà des intentions, l’application des ces principes, de même que les contenus et conditions de cette interdisciplinarité, posent une multitude de problèmes et restent largement à explorer, notamment quant à une étude théorique et pratique rigoureuse de l’apport de chaque discipline et de leur mise en relation. De plus, un état des recherches en cours montre une forte prégnance des approches liées aux disciplines scolaires relevant des sciences de la nature et une plus grande discrétion de celles qui relèvent des sciences sociales. Or, les dimensions du DD rappelées précédemment impliquent très fortement ces dernières.

Cette demande de prolongation s’inscrit donc dans la continuité du projet actuellement en cours qui a pour but d’étudier la contribution des disciplines et enseignements de sciences sociales à l’EDD. Les disciplines concernées sont celles qui sont généralement présentes dans l’enseignement primaire et secondaire : l’histoire, la géographie et l’éducation à la citoyenneté. Dans la perspective de la formation du citoyen, le projet se propose de mettre les élèves en situation de construire ces savoirs et compétences disciplinaires et de les mobiliser lors de situations de débat.

La recherche s’inscrit dans une problématique du détour et du retour. Autrement dit, les enjeux et défis du DD, les décisions qu’il convient de prendre ne relèvent pas, par essence, d’une science particulière. Il en est de même à l’école où l’étude de ces enjeux et défis dans le cadre de l’EDD ne se réduit pas à telle ou telle discipline. Mais nous posons que la formation du citoyen et de ses capacités d’analyse, de compréhension et de décision relatives à ces enjeux et défis du DD requiert non seulement de savoirs et de compétences relevant de différentes disciplines mais aussi l’explicitation des problématiques et des modes de pensée propres à ces disciplines

La recherche en cours permet de formuler un certain nombre de constats et de mettre en évidence trois thématiques à approfondir dans le cadre de la prolongation demandée :

- l’interdisciplinarité. L’exploration de l’interdisciplinarité et de l’explicitation des modes de pensée disciplinaire, se fera sous deux angles : sur la manière de découper et de catégoriser le réel ; sur l’étude des relations entre développement durable, sciences de référence et disciplines scolaires ;

- la dimension politique. Les élèves rencontrent de nombreuses difficultés pour penser les conditions et les possibilités d’une action collective, notamment politique, en faveur du développement durable. Une attention particulière sera accordée à cette dimension et à l’articulation de l’individuel et du collectif ;

- les interactions en situations. Le moment de débat demeure au centre du dispositif, mais il convient de le mettre plus systématiquement en relation avec les moments dévolus à la construction de savoirs et de compétences. La recherche s’intéressera aux savoirs mobilisés dans ce moment de débat en relation avec les savoirs construits antérieurement. Durant ces moments, une attention particulière sera portée au rôle de l’enseignant et aux interactions entre élèves, entre élèves et enseignants.

La contribution des enseignements de sciences sociales à l’éducation au développement durable sera analysée en fonction d’indicateurs spécifiques : les échelles sociales, temporelles et spatiales ; la combinaison de facteurs liés aux différentes dimensions du DD et les relations nature/société ; la prise en compte du futur avec les idées de risque et d’incertitude, de responsabilité et d’action ; les conditions de l’action et de la décision ainsi que les boucles de rétroaction entre action, décision, savoirs et compétences ; les normes juridiques et politiques de l’action ; les valeurs et les normes éthiques.

Le dispositif de recherche repose sur la mise en œuvre d’une séquence de travail dans les classes et du recueil de données complémentaires. La séquence comportera cinq étapes : un questionnaire renseigné par les élèves et la présentation du thème de travail ; la construction du problème ; le travail sur le problème en vue de construire des savoirs et des compétences, avec le contrôle et la formalisation des informations recueillies ; le débat proprement dit ; le retour et le bilan sur le débat et l’ensemble de la séquence. Les données complémentaires sont des entretiens avec les enseignants, avec les élèves et des productions écrites de ces derniers. Ces données plurielles seront croisées entre elles.

 

 

 

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