Journal 144

«Pour innover, il faut développer une culture du partage de l’information»

image-1.jpgMettre une cinquantaine de personnes dans une salle pendant 48 heures, leur donner à boire et à manger, leur demander de réfléchir au moyen de rendre le monde un peu meilleur et laisser mijoter. Telle est la recette d’un «hackathon», un terme qui trouve son origine dans le mélange des mots hack (dans le sens de solutions non conventionnelles) et marathon. Ainsi, dans le but d’améliorer la qualité de vie dans le canton, la deuxième édition du Open Geneva Festival accueillera une trentaine d’événements de ce type du 12 au 15 avril prochain, dans différents lieux.

Président de l’association Open Geneva responsable de l’organisation du festival et maître d’enseignement et de recherche à la Faculté d’économie et de management (GSEM), Thomas Maillart explique: «Les hackathons sont parfaitement adaptés pour résoudre des problèmes qui sont bien identifiés, mais où l’éventail des solutions possibles est très large. Une intelligence collective et une diversité d’expertises sont dès lors nécessaires pour effectuer un tri efficace et sélectionner la meilleure idée. L’innovation sociale nécessite une culture du partage de l’information. Il faut avoir ce courage pour enrichir son projet. Nous parlons ici de coopétition, un mélange de coopération et de compétition.» Les rencontres physiques stimulent les interactions virtuelles. Les interactions sociales génèrent de l’innovation.

Il existe une réelle volonté d’innovation ouverte à Genève

Créée en 2017 par différents partenaires dont l’UNIGE, l’association avait au préalable organisé un premier hackathon lors duquel plusieurs équipes d’étudiants avaient planché sur des projets scientifiques et des innovations sociales et techniques liées à l’énergie, la santé et la mobilité. L’édition 2016 s’était, quant à elle, concentrée sur la santé. En 2017, l’événement, devenu un festival de hackathons, rassemblait 21 événements, grâce notamment à l’appui du Bureau de la stratégie numérique de l’Université de Genève qui a permis l’implication des écoles, des milieux académiques et des centres de recherche. Près de 400 participants de tous profils avaient alors développé plus de 50 projets innovants, dont certains continuent de grandir (lire "Les jeux vidéo au service de la science" et "Légumes perchés").

Pour Thomas Maillart, «cet engouement spontané est une confirmation: il existe une réelle volonté d’innovation ouverte à Genève, il convient donc de l’accompagner». Un objectif que poursuit l’Open Geneva tout au long de l’année, grâce à des conférences et des ateliers, mais surtout à ses programmes d’accélération. «Bien que les idées fourmillent dans le canton, il reste encore difficile de les concrétiser pour le commun des mortels, constate Ségolène Samouiller, responsable de projets transversaux à l’UNIGE et membre du comité d’Open Geneva. De meilleurs outils de communication et de partage sont, par exemple, aujourd’hui nécessaires afin que les bonnes idées aient une chance d’exister.» —

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