Théories anciennes et modernes sur le sacrifice et la mise à mort rituelle dans les religions grecque, romaine et le judaïsme ainsi que dans l’histoire des religions
Comment justifie-t-on un sacrifice? De l’Antiquité à nos jours, l’acte de tuer religieusement et de manger la viande sacrificielle est perçu de multiples manières. C’est dans une perspective comparatiste que l’équipe dirigée par Francesca Prescendi, constituée d’Agnes Nagy, de Marc Kolakowski et d’Aurore Schwab, s’apprête à étudier la question dans le cadre d’un projet de recherche financé par le Fonds national suisse. Pour ce faire, l’équipe abordera ces thématiques:
- Autorité et légitimation de la mise à mort : comment les textes anciens réfléchissent-ils autour du droit que s’arroge l’homme de tuer d’autres êtres vivants (animaux et humains)? Indiquent-ils une culpabilité qu’il faut expier ? Est-ce l’autorité divine qui légitime la mise à mort?
- Le concept de victime : quelle est la définition de la victime dans les textes anciens ? Quels sont les éléments qui permettent de la définir en tant que telle?
- Alimentation et identité : Comment l’alimentation carnée dérivant du sacrifice est-elle un élément de construction identitaire pour les collectivités humaines ? Quelle place les interdits alimentaires ont dans l’identité religieuse? Les aliments qu’on offre à un dieu permettent-ils de comprendre davantage la nature spécifique de celui-ci?
- Histoire des études sur le sacrifice : Quel est le discours sur le sacrifice ancien qui se développe dans notre tradition historiographique et comment se forme-t-il ? L’équipe s’interrogera sur les théories interprétatives du sacrifice formulées par les savants de manière à reconstruire une page de l’histoire des religions. La recherche prévoit une analyse de ces théories, de la Renaissance à nos jours.
Réfléchir sur les idées de mise à mort religieuse dans l’Antiquité permettra de poser des questions qui intéressent encore la société d’aujourd’hui : a-t-on le droit de tuer un être vivant ? Qui a l’autorité pour le faire et dans quel contexte (peine de mort, guerre, révolution, terrorisme…) ? Qui peut être considéré comme victime? Mais aussi : Que signifie être végétarien? Quel est le rapport entre la diète et l’identité culturelle ?
Ce projet permettra de tracer pour la première fois une histoire des interprétations du sacrifice en les étudiant conjointement avec des dossiers anciens grâce aux compétences spécialisées des membres de l’équipe. Des journées d’études, des colloques et des publications rendront accessibles les résultats scientifiques acquis.

