Activités 2008-2012

Discussion entre l’histoire des religions et le droit autour du concept de « victime »
Exposition « Stigmates »
"Victime": Rencontre autour d'un terme d'usage courant
FIGURA 6: «Nourrir les dieux ? Sacrifice et représentation du divin »
Spéculations autour du rite: la critique du sacrifice de Pythagore à Porphyre
Victime:substantif féminin
L’ « Orient » dans les cultes gréco-romains : lieu géographique ou image de l’Ailleurs ?
Les sacrifices humains : discours et réalités
Le sacrifice dans l'Antiquité. Bilan et perspectives.

Discussion entre l’histoire des religions et le droit autour du concept de « victime »

Le 5 décembre 2008 , dans le cadre du NCCR Affective Sciences : Emotion in Individual Behavior and Social Processes, Université de Genève.

Exposition « Stigmates »

L'exposition « Stigmates », organisée par le Musée de l'Elysée (Lausanne) à l'invitation du Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lieu le 24 mars 2009 à 18h30. Agnes A. Nagy propose aux visiteurs de l’exposition une conférence sur le thème « Magie noire sur fond bicolore » et Mark Kolakowski une conférence ayant pour titre «Les dormeurs du val».

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquez sur le site internet du Musée international de la Croix-Rouge ou sur le pdf de l'exposition

"Victime": Rencontre autour d'un terme d'usage courant

Vendredi 9 octobre 2009, Université de Genève, 9h-17h. Pour voir l'affiche de ce colloque, cliquez sur ci-après:

Affiche Victime (95 Ko, pdf)

Nous vivons dans une société de victimes, comme l’écrit le sociologue Guillaume Erner (Editions La Découverte, Paris, 2006). Le terme «victimes» indique une catégorie sociale hétérogène. On parle de victimes d’accidents, de mobbing, de drogue, d’homicide, etc. Ce mot tant utilisé dans le langage du quotidien dérive d’un terme latin spécifique (victima) qui désignait une offrande sacrificielle prestigieuse. Dans le cadre des recherches sur le sacrifice menées pour le projet scientifique du Fonds National Suisse Théories anciennes et modernes sur le sacrifice et la mise à mort rituelle dans les religions grecque, romaine et le judaïsme ainsi que dans l’histoire des religions, Francesca Prescendi et ses collaborateurs vous proposent de réfléchir de manière interdisciplinaire sur la signification du mot «victime». Quelles sont la signification et l’importance de ce terme pour l’anthropologie, l’histoire ancienne et moderne, le droit, la médecine légale et l’histoire des religions ? Depuis combien de temps parle-t-on de victimes de guerre ? Quels sont les critères pour établir l’indemnisation d’une personne comme « victime » lorsque celle-ci est décédée suite à des violences ? Une victime peut-elle être consentante ? Toutes ces questions seront débattues entre spécialistes de différents domaines provenant des universités de Genève et de Lausanne. Une confrontation sur ces questions avec des exemples à l’appui permettra de repérer les différences et les nuances que ce terme acquiert dans les différents contextes.

Le caractère interdisciplinaire de la rencontre doit inciter les conférenciers à éviter un langage extrêmement technique et à privilégier au contraire des formules accessibles aux non-spécialistes. Cette journée d’études est conçue pour décloisonner des disciplines qui entrent rarement en contact les unes avec les autres et faire profiter les étudiants ainsi qu’un large public d’un débat que nous espérons constructif.

Intervenants :

Christian-Nils Robert, Professeur de droit à l’Université de Genève,

Mondher Kilani, Professeur d’anthropologie à l’Université de Lausanne,

Pierre Sánchez, Professeur d’histoire ancienne à l’Université de Genève,

Patrice Mangin, Professeur de médecine légale à l’Université de Genève,

Francesca Prescendi, Professeure adjointe d’histoire des religions à l’Université de Genève,

Agnes Anna Nagy, Docteure assistante en histoire des religions à l’Université de Genève.

Modérateurs :

Philippe Borgeaud, Professeur d’histoire des religions à l’Université de Genève

Youri Volokhine, Maître d’enseignement et de recherche en histoire des religions à l’Université de Genève.

Responsable scientifique :

Francesca Prescendi

(Je remercie le Prof. Michel Porret pour l’aide apportée à la conception de cette journée).

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FIGURA 6: «Nourrir les dieux ? Sacrifice et représentation du divin »

Colloque du 23-24 octobre 2009, Université de Liège

Responsables: Vinciane Pierenne-Delforge & Francesca Prescendi

« Figura » est le nom donné à un Groupe de Recherche Européen (GDRE) qui étudie la représentation du divin dans les sociétés grecque et romaine. Cette représentation passe par des voies multiples : plastiques (les figurations des dieux), politiques (le rôle attribué aux puissances supérieures dans la conduite de la collectivité), symboliques (les rituels), conceptuels (les systèmes théologiques), narratifs (les récits mythiques), etc. Ces différentes voies d’approche seront explorées lors de rencontres internationales qui auront lieu en l’Allemagne, en Belgique, en France et en Suisse, entre 2008 et 2011.

La rencontre liégeoise a pour objectif d’analyser la manière dont la pratique sacrificielle contribue à cette représentation du divin. En effet, dans leur combinatoire de mots, de gestes et de mise en scène, les rites constituent un observatoire privilégié pour reconstituer une telle représentation et sa dynamique : ils sont construits comme une stratégie pour opérer la présentification des puissances supérieures et gérer la communication avec elles. Parmi les différents rituels disponibles, le sacrifice est central dans cette double perspective. Mais, dès lors que la démarche sacrificielle met en jeu une offrande qui appartient à l’alimentation humaine, l’hommage qui en résulte est ambigu par rapport à la représentation des destinataires : qui sont ces dieux qui mangent comme des humains ? Une telle ambiguïté s’accroît lorsque le rituel sacrificiel s’accompagne d’une véritable invitation aux dieux sous la forme d’une théoxénie ou d’un lectisterne. Les deux représentations du divin, apparemment contradictoires mais liées, peuvent coexister : celle de dieux incorruptibles qui se repaissent de fumée face à des humains mortels qui mangent de la chair pour subsister, et celle de dieux qui reçoivent des morceaux de viande crue sur une table prévue à cet effet, et sont même parfois invités à banqueter parmi les humains en se voyant offrir des aliments cuisinés. Et le comble des paradoxes n’est-il pas de constater qu’en fin de compte, certains de ces aliments offerts aux dieux reviennent aux humains qui les reçoivent en part d’honneur ?

« Nourrir les dieux » est donc une opération symbolique complexe qui engage la question délicate de l’identité des destinataires. Par exemple, le choix de l’offrande est fondamental et se justifie parfois en raison du domaine d’action d’un dieu : on donne à Mars des entrailles cuites à point (donc encore sanglantes) parce qu'il est le dieu de la guerre ; d’autres divinités, comme Cérès ou Mânes, sont honorées principalement par des offrandes inanimées parce que ces dieux sont considérés comme plus anciens que les autres. Et l’on pourrait multiplier les angles de vue pour éclairer cette problématique, tant du côté grec que du côté romain. C’est vers l’analyse concrète de quelques dossiers précis que les organisatrices de ces journées souhaitent orienter la réflexion.

Neuf interventions d’une cinquantaine de minutes chacune sont prévues sur les trois demi journées que durera cette rencontre. La Grèce et Rome seront représentées par des spécialistes engagés dans l’étude des pratiques sacrificielles de part et d’autre.

Volet romain

John Scheid, Les offrandes de gâteaux et de galettes dans les rites sacrificiels des Romains

(résumé non envoyé)

William Van Andringa, Archéologie du sacrifice et représentation du divin dans les sanctuaires de l’Occident romain

Résumé

Malgré ses limites, l’archéologie des lieux de culte peut apporter beaucoup à la connaissance de la religion de l’époque impériale. Depuis une vingtaine d’années, le développement de l’archéologie stratigraphique et des sciences appliquées à l’archéologie moderne (archéozoologie, carpologie, anthropologie, céramologie, etc.) donne des informations précises sur l’évolution des lieux de culte ainsi que sur l’activité sacrificielle organisée dans les sanctuaires. Nous proposons de prendre en compte ces données nouvelles et de voir de quelle manière elles autorisent une restitution des séquences rituelles dans les espaces sacrés, pour une meilleure connaissance de la représentation du divin dans les cités de l’Occident romain

Bibliographie

-S. Lepetz, W. Van Andringa (dir.), Archéologie du sacrifice animal en Gaule romaine. Rituels et pratiques alimentaires, éditions Monique Mergoil, Montagnac, 2008.

-S. Lepetz, W. Van Andringa, Pour une archéologie du sacrifice à l’époque romaine, in : V. Mehl, P. Brulé (dir.), Le sacrifice antique. Vestiges, procédures et stratégies, Presses universitaires de Rennes, 2008, pp. 39-60.

-J. Scheid, Quand faire, c’est croire. Les rites sacrificiels des Romains, Paris, 2005.

-W. Van Andringa (éd.), Sacrifices, marché de la viande et pratiques alimentaires dans les cités du monde romain, n°thématique Food&History 5.1, 2008.

Sylvia Estienne, Les dieux à table : lectisternes romains et représentation divin

Résumé

Souvent assimilé aux théoxénies grecques, le rituel romain du lectisterne consiste à installer des lits afin d’inviter des divinités à banqueter sur un mode humain. Le mode de figuration des dieux sur ces lits, désignés métonymiquement comme des puluinaria, reste cependant énigmatique. En abordant ce type de rituel sous l’angle de la représentation divine, nous chercherons non seulement à analyser un mode particulier de figuration divine (symbolique, anthropomorphique ?), mais aussi à dégager les enjeux spécifiques de ce type de rituel (des dieux qui mangent comme des hommes ?), et à réfléchir au statut des espaces ainsi crées (les puluinaria) et à leurs rapports avec le reste du « mobilier cultuel ».

Francesca Prescendi, Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es ! À propos du rapport entre offrande et destinataire dans la religion romaine.

Résumé

À la différence de la littérature, où l’on parle des dieux de manière générale, dans les cultes, on les invoque par leurs noms, mais aussi au moyen des épithètes cultuelles qui définissent précisément la fonction à laquelle on veut s’adresser. La même précision se retrouve aussi dans le choix des offrandes qui sont faites pendant le culte aux différents dieux. Ces offrandes fonctionnent comme des signes qui nous permettent d’appréhender l’identité divine.

Le rapport entre l’offrande et son destinataire a fait l’objet de réflexions de la part des auteurs de l’Antiquité. Tel rapport est expliqué parfois selon un principe de similitude, parfois d’opposition. On offre au dieu une victime ou un aliment qui partage avec lui certaines qualités, ou au contraire un animal qui s’est opposé à lui, par exemple, en portant atteinte au bien inventé ou protégé par lui.

Les réflexions théologiques de l’Antiquité sont allées jusqu’à construire une classification des dieux, en indiquant certains comme plus anciens que d’autres sur la base des offrandes qui leur sont adressées. C’est le cas par exemple de Cérès ou des Mânes, auxquels on donne exclusivement des offrandes inanimées (des végétaux, du lait, du miel, etc.). Cette nourriture végétarienne est censée leur revenir, parce que ces divinités sont considérées comme les plus anciennes. Cette affirmation se justifie sur la base de la théorie selon laquelle le sacrifice végétal a précédé chronologiquement le sacrifice animal.

Le but de mon intervention sera de regrouper ces explications et d’essayer de faire émerger le discours culturel sous-jacent.

Volet grec

Gunnel Ekroth, Meat for the gods, when and why?

Résumé

The practice of giving the gods meat is not evidenced in Homer, apart from the offering of cooked meat at the sacrifice performed by Eumaios in Od. 14. On the other hand, pieces of raw meat were placed on top of the bones, which were burnt in the altar fire, a procedure labelled omothetein. From the early Classical period, gifts of meat for the gods are well attested in the epigraphical evidence, both in the form of trapezomata or theoxenia, though the burning of meat had become a practice reserved for particular occasions and recipients. This seems to indicate that a development or change had taken place within the sacrificial practices, i.e. thysia had at some stage become modified by the addition of gifts of unburnt meat. The meat offerings for the gods were usually given to the priest in addition to the priestly perquisites.

This paper will discuss the distinctions between Homer and the later evidence as to the handling of meat for the gods, whether burnt, cooked or raw. What kind of differences can be traced (if there really are differences) and why may such a development within Greek animal sacrifice have taken place? What has changed, the gods or the worshippers?

Emily Kearns, Ὁ λιβανωτὸς εὐσεβές καὶ τὸ πόπανον: The rationale of cakes and bloodless offerings in Greek sacrifice

Résumé

In this paper I investigate the relationship of sacrificial cakes to animal sacrifice and compare this relationship with that between different types of food in a non-sacrificial meal. I also consider the function of sacrificial cakes as marking out the deity to whom they are offered, and/or the occasion of the offering, either by a form that is simply distinctive and different from others, or by the use of what is understood as symbolic language. Finally the significances attached to bloodless sacrifice are discussed, particularly the understanding of such offerings as representative of a primitive state.

Vinciane Pirenne-Delforge, Les codes gestuels de l’adresse rituelle : complément du verbe ou discours indépendant ?

Résumé

En l’absence quasi générale d’exégèse native de la gestuelle des rites sacrificiels, hormis les tentatives de scholiastes, lexicographes et commentateurs souvent tardifs, on s’interrogera sur notre capacité à saisir le sens des gestes posés lorsqu’ils ne correspondent pas à que l’on peut appeler la « trame » sacrificielle. Une fois rencontrée cette précaution de méthode, il s’agira de circonscrire les différents « codes » à l’œuvre dans la détermination du destinataire de l’opération sacrificielle.

Athéna Tsingarida, Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! Vases à boire monumentaux et célébrations divines

Résumé

Durant les périodes archaïque et classique, les potiers attiques ont produit un ensemble de vases à boire, coupes, phiales ou canthares de très grande taille, qui atteignent souvent 40 cm de diamètre. Le caractère monumental de ces pièces rend difficile toute manipulation et usage quotidiens. Dans un contexte grec, ces produits sont souvent mis au jour dans les sanctuaires et sont considérés comme des offrandes votives. A travers l’analyse des vases qui nous sont parvenus et de leur contexte de découverte, on voudrait proposer l’hypothèse d’une fonction plus spécifique, au moins dans certains cas : celle de vases à boire destinés à l’usage des dieux et des héros dans le cadre des Théoxénies.

Athanassia Zographou, Repas partagés, rites d’« hospitalité » et restes de nourriture dans les PGM

Résumé

Dans les PGM, en dehors des fumigations et des sacrifices offerts en holocauste, il y a des cas où le praticien participe à la consommation de la nourriture consacrée, ce qui signale et approfondit sa communication avec les puissances divines. Nous allons nous occuper, plus particulièrement, de deux recettes (PGM I, 1-42 et 42-195) qui ont pour objectif commun l’obtention d’un paredros, « démon assistant », et qui comportent, toutes deux, le partage d’un repas entre l’opérateur mortel et la puissance invitée. Ensuite, nous nous pencherons sur les cas des offrandes des restes de nourriture (PGM IV, 52-85 et 1390-1495) qui permettent une sorte de commensalité distanciée. C’est à travers la comparaison avec des scènes homériques ainsi que de pratiques rituelles « traditionnelles » (établissements d’« amitié officielle », théoxenies, « repas » d’Hécate, rites funéraires, etc.) que nous pourrons mieux saisir le type de relations que visent à établir ces recettes magiques ainsi que la façon dont les puissances convoquées y sont conçues

Entre-deux...

Nicole Belayche, Sacrifice et représentation du divin à partir du traité Sur les sacrifices de Lucien

Résumé

S’agissant de nourrir les dieux par les sacrifices, peu d’évocations sont plus saisissantes et colorées que celle du satiriste Lucien de Samosate dans son traité Sur les sacrifices. Lorsqu’il est convoqué par les savants, l’opuscule vient nourrir des travaux sur le sacrifice sanglant et sa critique, en phase avec les réflexions contemporaines de la Seconde Sophistique et des philosophes. Par exemple, dans un colloque récent (octobre 2008) qui s’est tenu à Boston : « What the Gods Demand: Blood Sacrifice in Mediterranean Antiquity », F. Graf semble avoir souligné l’importance du traité dans le cadre des discussions sur le rejet des formes traditionnelles de sacrifice.

Par delà l’odeur du sang et la critique d’une conception contractuelle du culte, donc du système de communication avec les dieux, dès la première phrase du traité, Lucien inscrit sa satire dans une charge non déguisée, de tradition sans doute épicurienne, contre la représentation dominante du divin dans les mondes grec et romain, dont la construction ritualiste est l’expression théologique pratique. L’offrande sacrificielle est un des arguments de cette critique, aux côtés de deux autres, cohérents, tirés des attentes des hommes envers les dieux et de l’image poliade du monde divin.

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Spéculations autour du rite: la critique du sacrifice de Pythagore à Porphyre

Mardi 10 novembre 2009, journée EDOCSA organisée par l’Unité d’Histoire des religions, Université de Genève. Pour voir l'affiche, vous pouvez cliquer sur ci-après:

Affiche-porphyre (141 Ko, pdf)

Le but de cette journée EDOCSA est de réunir les doctorants des différentes disciplines de l’Antiquité ainsi que des historiens des religions autour d’un sujet commun : la critique formulée par les intellectuels de l’Antiquité contre des rites religieux pratiqués par leurs contemporains, en particulier contre le sacrifice sanglant. Le programme prévoit une conférence du Dr Constantinos Macris, chercheur au CNRS en philosophie antique, spécialiste de Pythagore et des pythagoriciens. Il s’agit d’une occasion précieuse pour écouter un chercheur de pointe et pour réfléchir tous ensemble autour d’un personnage de première importance, Pythagore, qui fascine au-delà des intérêts personnels et des compétences spécifiques de chacun(e).

L’après-midi sera réservé à des travaux pratiques autour des textes mythologiques grecs et latins qui racontent l’origine de l’abattage rituel et font la critique de cet usage. On aura l’occasion de réfléchir à fond sur l’essence même des mythes en analysant un récit qui présente de légères mais significatives modifications à chaque fois qu’il est raconté. Les textes sur lesquels nous travaillerons ainsi que quelques propositions de questions à débattre seront distribués à l’avance aux doctorant(e)s inscrit(e)s.

La journée sera conclue par une table ronde avec la participation d’une grande partie des hellénistes de Genève, de Lausanne et peut-être de Zurich. Lors de la discussion, les jeunes chercheurs auront l’occasion d’échanger leurs idées avec les professeurs ainsi qu’avec le conférencier sur les problématiques qui auront émergé pendant la journée et d’avoir des compléments d’informations proposés par les spécialistes

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Victime:substantif féminin

Université de Genève, lundi 8 et mardi 9 mars 2010, salle B 101 Uni-Bastions.

Affiche-Victime (758 Ko, pdf)

Victime : ce mot hérité du latin a connu une grande carrière au XXe siècle et continue son triomphe en ce début du 3e millénaire. Aux côtés des victimes sacrificielles (animales ou humaines) – sens originel du terme – se pointent petit à petit les victimes de violences « ordinaires » (agressions, guerres), celles d’accidents et de catastrophes naturelles. Qui plus est, même les coupables peuvent désormais se présenter comme victimes de leur (manque d’) éducation, des circonstances ou – plus largement – de la société. Le terme, bien que féminin, s’applique indistinctement aux hommes comme aux femmes. En revanche, la manière de percevoir, de décrire, d’imaginer et de représenter une victime masculine ou féminine n’est pas toujours identique. Notre perception de la victime est « gender specific » et ce dès l’Antiquité.

Prenons le cas d’une femme romaine célèbre pour sa vertu : Lucretia. Elle est victime d’un viol, perpétré par le fils du roi. Quand elle se trouve devoir annoncer ce qu’elle a subi à son mari et à son père, elle rougit et cherche longtemps ses mots. Bien que les deux hommes comprennent son innocence, elle ne parvient pas à surmonter la honte : elle se suicide pour ne pas contribuer à donner au futur une image négative des femmes. Dans son optique de femme exceptionnellement fidèle (soulignée par Tite-Live et Ovide), la violence subie ne constitue pas un motif suffisant pour être absoute de la faute de l’adultère ! C’est à ses proches que revient la tâche de la venger. Un homme « victime », dont les auteurs anciens auraient voulu faire l’éloge, n’aurait jamais été présenté rougissant et se donnant la mort en admettant sa faute. Son rôle de victime aurait été décrit par les auteurs anciens de manière très différente. Cette différence est déterminée par les codes de comportement de la société d’appartenance

Organisée à l’occasion de la Journée de la femme, cette rencontre propose de réfléchir sur la différence qui peut exister entre la représentation des victimes masculines et féminines. En partant de textes littéraires, d’images et d’autres créations artistiques qui révèlent la manière dont on appréhende le monde et les deux sexes, les intervenants tenteront de dégager les traits qui caractérisent les victimes féminines, dans le but de contribuer à mieux connaître l’histoire culturelle du sexe dit « faible » dans son rapport à la souffrance et à la soumission.

Lundi 8 mars

Présidente de séance : Danielle van Mal-Maeder (Littérature latine, Lausanne)

9h15-9h45 Accueil et présentation de la journée par Francesca Prescendi(Histoire des religions, Genève)

9h45-10h15 Anne Bielman Sánchez (Histoire ancienne, Lausanne) : «Entre silence et allusions : les prisonnières dans l'Antiquité grecque »

10h15-10h45 Agnes A. Nagy (Histoire des religions, Genève) : « Comment retrouver l’honneur perdu ? Victimes de calomnie face aux rumeurs »

10h45-11h15 Discussion et pause

11h15-11h45 Valentina Calzolari (Littérature arménienne, Genève) : « Le sang des femmes et le plan de Dieu. Réflexion à partir de l'historiographie arménienne ancienne (Ve s. ap. J.-C.) »

11h45-12h15 Thomas Spaeth (Antike Kulturen und Antikenkonstruktionen, Bern) : « Victimes le couteau à la main. Pour une histoire du genre sans œillères »

12h15-12h45 Discussion

Présidente de séance : Agnese Fidecaro (Etudes genre, Genève)

14h15-14h45 Philippe Borgeaud (Histoire des religions, Genève) : « Retour sur Iphigénie et quelques voisines »

14h45-15h15 Lavinia Galli Milic (Littérature latine, Genève et Lausanne) : « Iphigénie, Didon et les autres: victimes au féminin dans la poésie latine »

15h15-15h45 Markus Winkler(Littérature allemande moderne et littérature comparée, Genève) : « Iphigénie: l’antithèse de l’hellénique et du barbare et la sémantique du sacrifice humain chez Euripide, Racine et Goethe »

15h45-16h30 Discussion et pause

16h30-17h00 Yasmina Foehr-Janssens (Littérature française médiévale, Genève) : « La sœur héroïque : une victime inutile sur le chemin du graal ? »

17h00-17h30 Martha Vassiliadi (Littérature grecque moderne, Genève) : « Plaidoyer pour un bourreau: la mise à mort de Salomé »

17h30-17h45 Mardi 9 mars

Président de séance : Frédéric Tinguely (Littérature française moderne, Genève)

9h15-9h45 Maya Burger (Histoire des religions, études indiennes, Lausanne) : « Victime à l’indienne : Pandita Ramabai (1858-1922), entre sacrifice et liberté. »

9h45-10h15 Silvia Naef (Arabe, Genève) « La femme musulmane, victime par définition? »

10h15-11h00 Discussion et pause

11h-11h30 Michel Porret (Histoire moderne, Genève) : « Indices et circonstances du viol : le champ médico-légal des crimes sexuels dans la pratique judiciaire au temps des Lumières »

11h30-12h00 Nadine Puechguirbal (CICR, Genève) : « Victime et genre dans l'action humanitaire du CICR »

12h00-12h30 Discussion

Président de séance : Lorenz Baumer (Archéologie, Genève)

14h15-14h45 Maria Portmann (Histoire de l’art, Fribourg) : « Les représentations de Marie-Madeleine au Siècle d'Or, en Espagne »

14h45-15h15 Frédéric Elsig (Histoire de l’art, Genève) : « Sacrifices féminins dans la peinture baroque »

15h15-15h45 Discussion et pause

15h45-16h15 Bernardino Fantini (Histoire de la médecine et de la santé, Genève) : « Les figures médicales et musicales de l'abandon à l'époque moderne »

16h15-16h45 Jean Wirth (Histoire de l’art, Genève) : « Vierge et martyr(e): la victime dans le christianisme médiéval »

16h45-17h15 Florence Pasche Guignard (Histoire des religions, Lausanne) : « Poison, serpent et lit de ronces. Le corps féminin entre violence et sacrifice dans la bhakti de Mirabai »

17h15-17h45 Discussion et bilan

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L’ « Orient » dans les cultes gréco-romains : lieu géographique ou image de l’Ailleurs ?

Vendredi 23 avril 2010 Université de Genève, salle S019 (rue Saint-Ours, 5)

Organisée par Francesca Prescendi (UNIGE), Dominique Jaillard et Lara Sbriglione (UNIL

Programme:

Affiche (3 386 Ko, pdf)

9h15 : Accueil par Francesca Prescendi, Dominique Jaillard et Lara Sbriglione

9h30-11h30 : Corinne Bonnet (Toulouse Le Mirail) : « 'L'Orient superstitieux et érudit' (F. Cumont) : la construction ambivalente des 'religions orientales' dans l'historiographie des XIXe et XXe siècles »

11h30-12h30 : Bjorn Paarmann (UNIGE / Heidelberg) Présentation projet de recherche Pause de midi (repas en commun)

14h-16h : Dominique Jaillard (UNIL) : séminaire sur « La Phrygie et la Mère des dieux dans la parodos des Bacchantes d’Euripide : lecture de la ritualité dionysiaque »

16h30-18h: Table ronde dirigée par Philippe Borgeaud (UNIGE) et Anne-Françoise Jaccottet : « La Mère des Dieux, Dionysos, Isis : construction et intégration de l’Altérité orientale entre Grèce et Rome. Discussion sur le matériel littéraire, iconographique et épigraphique »

Informations et inscriptions : Lara.Sbriglione@unil.ch

Descriptif

Dans le monde gréco-romain s’affirment des cultes appelés par les savants modernes « orientaux », ou plus prudemment « d’origine orientale ». Mais quel est cet Orient, qui devrait constituer le terroir de ces cultes et quel est son rapport aux pratiques rituelles pratiquées dans le monde grécoromain ? Ces cultes sont-ils vraiment différents des autres qui ont une origine plus locale ? Et cet Orient, correspond-il à un lieu géographique ou à l’image culturelle de l'Ailleurs par excellence ? Dans les dernières années d’importants travaux ont été réalisés par un groupe de savants européens (sous la direction de Corinne Bonnet) afin de déconstruire certains présupposés liés aux cultes que Franz Cumont appelait « religions orientales ». C’est en compagnie de certains de ces savants que nous nous proposons de reprendre quelques dossiers et de nous intéresser à la présence et à la conception de l’Orient dans la culture et la religion du monde gréco-romain.

L’activité se déroulera sur une journée. La matinée sera consacrée à deux conférences ; l’après-midi à un séminaire méthodologique. Enfin une table ronde conclura cette journée. Les doctorants et les étudiants avancés auront l’occasion de participer aux activités didactiques sous la conduite de spécialistes et d’entamer une discussion scientifique lors de la table ronde. Bibliographie

AMIR-MOEZZI, Mohammad Ali, SCHEID, John, L’Orient dans l'histoire religieuse de l'Europe. L'invention des origines, Brepols (Turnhout), 2000.

BONNET, Corinne, RÜPKE, Jörg, SCARPI, Paolo, Religions orientales – culti misterici, nouvelles perspectives, Stuttgart, 2006.

BONNET, Corinne, RIBICHINI, Sergio, STEURNAGEL, Dirk (éd.), Religioni in contatto nel Mediterraneo antico. Modalità di diffusione e processi d’interferenza. Atti del 3° colloquio su “le religioni orientali nel mondo greco e romano”, Loveno di Menaggio (Como) 26-28 Maggio 2006, Pisa/Roma, 2008.

BONNET, Corinne, PIRENNE-DELFORGE, Vinciane, PRAET, Danny, Les religions orientales dans le monde grec et romain : cent ans après Cumont (1906-2006), Bilan historique et historiographique, Colloque de Rome, 16-18 Novembre 2006, Bruxelles-Rome, 2009.

BORGEAUD, Philippe, La Mère des dieux, de Cybèle à la Vierge Marie, Paris, 1996.

JACCOTTET, Anne-Françoise, Choisir Dionysos : les associations dionysiaques ou la face cachée du dionysisme, Kilchberg/Zürich, Akanthus, 2003.

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Les sacrifices humains : discours et réalités

Colloque international, en collaboration avec Agnes Anna Nagy, Université de Genève, 19-21 mai 2011. Pour voir le programme:


Le sacrifice dans l'Antiquité. Bilan et perspectives.

Journée organisée avec Dominique Jaillard,UNIL, 18 novembre 2011.  Pour voir le programme:

Affiche-sacrifice-bilan (1 681 Ko, pdf)

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