La céramique corinthienne et la chronologie absolue

    La céramique corinthienne est un témoin de première importance pour notre connaissance de l'époque archaïque, et ceci pour de bonnes raisons. Premièrement, il s'agit d'une poterie très répandue, dont des milliers d'exemples nous sont parvenus. Difficile de s'imaginer un musée d'archéologie classique sans un vase corinthien dans ses collections! Malgré leur grande productivité, les potiers et peintres corinthiens ont, généralement, maintenu un bon niveau artisanal: s'il faut admettre que les véritables chefs d'œuvre artistiques sont rares, il est tout aussi vrai que les produits de carrément mauvaise qualité ne sont pas fréquents. Vient s'ajouter à cette uniformité sur le plan technique et artistique une tendance à la standardisation du répertoire décoratif. Le plus souvent le décor consiste en frises d'animaux, réels (lion, panthère, cerf, bouquetin et sanglier, taureau, chèvre et bélier, ainsi que chien, coq et oiseau aquatique sont parmi les plus populaires) ou fabuleux (dont sphinx et sirène sont plus fréquentes que le griffon ou autre animal ailé). Les représentations de figures humaines, et plus particulièrement les scènes mythologiques, font exception. Cette homogénéité facilite la comparaison et permet de suivre relativement facilement l'évolution stylistique qui s'exprime dans les changements que l'on observe aussi bien dans les formes des vases que dans la manière dont les sujets sont traités par les peintres. Ces derniers font usage, dans une première phase, essentiellement de la ligne et de la surface, auxquels moyens vient s'ajouter, dans un second temps, la troisième dimension, le volume. Finalement, la troisième phase est caractérisée par son intérêt pour les rapports entre plusieurs volumes. Grâce à la présence de céramique corinthienne dans des contextes datables il est possible de traduire cette séquence relative en chronologie absolue. Ainsi, la première phase correspond à la période allant d'environ 700 à 630 av. J.-C, la seconde de 630 à 570, alors que la troisième nous conduit jusqu'à la fin du VIe siècle.