Règles

Lorsqu'une mensuration est de type ternaire, il faut être attentif à trois règles susceptibles de modifier la durée temporelle d'une note. Aucun signe ne révèle la présence d'une telle modification, et c'est l'observation du contexte métrico-rythmique qui permettra de déterminer si une valeur doit être ou non modifiée.

 

 

L'imperfection

L'imperfection est un procédé qui, dans un système métrique parfait, rend une valeur binaire en lui retirant un tiers de sa valeur, un peu à l'image de ce qui se passe dans le cas moderne de l'appoggiature. Elle a lieu entre une valeur donnée et sa valeur directement inférieure.

Dans un système binaire, une valeur peut aisément être rendue ternaire, par l'ajout de sa valeur directement inférieure. En revanche, l'inverse, rendre binaire une valeur ternaire, sous-entend un procédé plus complexe, l'imperfection, qui vise à enlever un tiers de la valeur ternaire en question.

L'imperfection répond à ce cas de figure :

 

L'imperfection peut être de deux types: l'imperfectio a parte post (a p.p.), c'est à dire que l'imperfection est provoquée par la note qui suit, et l'imperfectio a parte ante (a p.a.), lorsque c'est la note qui précède qui rend l'autre imparfaite. L'imperfectio a parte post est toujours prioritaire, ce qui enlève toute ambiguïté lorsque les deux types d'imperfections sont possibles.

Il faut encore souligner un fait important: un silence peut rendre imparfaite une valeur, mais qu'il ne peut lui-même en aucun cas être rendu imparfait.

 

L'altération

 

Un autre procédé intervient dans un système parfait: il s'agit de l'altération qui consiste à doubler une valeur afin d'obtenir une unité métrique complète.

Le cas de figure pour l'altération est le suivant:


Il manque une minime pour avoir une unité métrique (une semibrève) complète. La deuxième minime va donc être doublée.


Là aussi, un silence peut provoquer une altération, mais il ne peut pas lui-même subir une altération.

La première valeur peut être sous forme de division (c'est-à-dire fragmentée en valeurs plus courtes), mais pas la deuxième à altérer. D'autre part, l'altération ne peut avoir lieu qu'entre deux valeurs placées l'une à côté de l'autre. Enfin, l'altération ne peut prendre place que si la valeur qui suit appartient au niveau immédiatement supérieur:

 

Le premier cas est juste, mais pas le deuxième.

Dans les transcriptions, afin d'indiquer qu'une valeur est altérée, on la notera deux fois avec une liaison.

 

Similis ante similem perfecta

 

Ce terme représente l'énoncé de cette dernière règle en latin: similis ante similem perfecta, ce qui signifie en français: une note est parfaite lorsqu'elle est placée devant une semblable.

En d'autres termes, dans un système métrique ternaire, une valeur est toujours parfaite si elle est suivie par une semblable ou par un silence de valeur équivalente.

Cette règle peut être considérée comme le corollaire de l'imperfection: une valeur suivie par une semblable ne peut pas être rendue imparfaite.

 

Ces trois règles sont également valables pour les notes à l'intérieur d'une ligature.