Signes de notation

La valeur des notes et des silences


Voici un tableau des signes de notation utilisés par la notation blanche mesurée, ainsi que leur équivalent en notation moderne:


 

Les ligatures

En plus des notes simples, similaires aux symboles actuels, la notation blanche mesurée emploie dans les passages mélismatiques un autre type de symboles, nommés ligatures, qui sont la combinaison de deux ou plusieurs notes.

Des règles précises déterminent la valeur de chacune des notes de la ligature, dont voici un tableau récapitulatif:

Ligatures de deux notes

1. Ligatures descendantes


B-L cum proprietate et cum perfectione (cum-cum)
L-L sine proprietate et cum perfectione (sine-cum)
L-B sine proprietate et sine perfectione (sine-sine)
B-B
cum proprietate et sine perfectione (cum-sine)
SB-SB ligatura cum opposita proprietate (c.o.p.)

 

2. Ligatures ascendantes


B-L cum proprietate et cum perfectione (cum-cum)
L-L
sine proprietate et cum perfectione (sine-cum)
L-B
sine proprietate et sine perfectione (sine-sine)
B-B cum proprietate et sine perfectione (cum-sine)
SB-SB
ligatura cum opposita proprietate (c.o.p.)

 

La notation blanche mesurée use également de ligatures de plus de deux notes, appelées ligatura ternaria, quaternaria etc., suivant le nombre de notes composant la ligature. Le nombre maximal de notes pour une ligature n'est pas déterminé.


Voici les règles qui déterminent les valeurs de chacune des notes de la ligature, initialis, media (pl. mediae) et finalis:

Ligatures de plus de deux notes

1. Toutes les notes dans la ligature sont des brèves, sauf :

1.1. Lorsqu'il y a une hampe en bas à droite, la note de gauche est une longue

1.2. Lorsqu'il y a une hampe en haut à gauche, les deux notes qui suivent (à droite) sont des semibrèves

2. Première et dernière note de la ligature:

2.1. La ligature commence/termine par un mouvement descendant : les mêmes règles que pour les ligatures descendantes composées de deux notes sont appliquées à la première/dernière valeur.

2.2 La ligature commence/termine par un mouvement ascendant : les mêmes règles que pour les ligatures ascendantes composées de deux notes sont appliquées à la première/dernière valeur.

Ainsi, si l'on considère le rôle des hampes dans la détermination de la valeur des notes de la ligature, la situation peut être résumée de la façon suivante:

  • Une hampe ascendante possède une unique signification: les deux valeurs suivantes sont des semibrèves.
  • Une hampe descendante peut désigner deux cas de figure: au début d'une ligature, à gauche de la première note, elle indique que l'initialis est une brève; en cours ou fin de ligature, à droite d'une note, elle indique que la note, à sa gauche, est une longue.
Comme les hampes sont déterminantes pour la valeur des notes composant la ligature, il faut être attentif au fait que certains traits reliant deux notes de hauteurs différentes peuvent être confondus avec des hampes. Seuls les traits qui dépassent la note, doivent être considérés comme des hampes.

Notons encore un dernier cas: une maxime est indiquée dans une ligature par le symbole suivant, avec ou sans hampe:

Voici un exercice, afin de mettre en pratique les règles déterminant les valeurs à l'intérieur d'une ligature.



Les clés


Pour reconnaître la hauteur des sons, il est important d'identifier les clés employées dans des manuscrits datant de l'époque de la notation blanche mesurée.

Les symboles des clés sont formés à partir d'une stylisation ornée des lettres indiquant la hauteur, G (sol), C (ut), F (fa):

 

G = sol
F = fa
C = do

Les clés modernes données ici sont le résultat d'une évolution allant de la lettre en elle-même à une configuration plus élaborée telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Les clés rencontrées dans les manuscrits ont des apparences graphiques diverses, toutefois facilement interprétables, si l'on se réfère aux lettres de base. Dans votre transcription, vous pourrez soit garder les clés d'origine, soit transposer les hauteurs pour vous conformer aux clés les plus fréquemment usitées de nos jours, à savoir la clé de sol et la clé de fa.

Les altérations
A ne pas confondre avec la règle d'altération.


Les altérations peuvent être de deux types: des clés ou des altérations accidentelles.

Les clés, qui ne peuvent être que des bémols, se trouvent en début de portée et correspondent à des transpositions de modes.

Les altérations accidentelles peuvent se placer soit à côté de la note concernée, soit avant sur la portée, mais sur la ligne correspondant à la note altérée. Souvent, le dièse doit être interprété comme le bécarre d'une note bémolisée. L'observation du contexte vous aidera à interpréter cette situation ambiguë.

Les altérations accidentelles proviennent de la musique dite "fictive", musica ficta, datant des 13 et 14e siècles, lorsque des chromatismes apparurent dans un système jusqu'alors diatonique (musica recta), afin d'éviter des intervalles dissonants dans le contour mélodique, tels que le triton ou la seconde augmentée. Ces altérations ne sont donc pas toujours notées dans le manuscrit. Dans un tel cas, seule la connaissance du contrepoint strict peut vous permettre de déterminer la présence d'une altération accidentelle, là où elle n'apparaît pas dans le manuscrit. Dans votre transcription, l'altération pourra alors être notée au-dessus de la note concernée, afin de signifier qu'elle provient de votre propre interprétation.

Les points


Les points que vous allez rencontrer dans les manuscrits peuvent être de deux sortes:

1. un punctum additionis, ou point de prolongation, le même que dans notre notation,

2. un punctum divisionis, qui, dans un système ternaire, empêche toute interaction de la valeur concernée avec ce qui suit.

Vous comprendrez mieux la signification de ce type de point, lorsque le chapitre des règles aura été abordé.

Les points peuvent soit se trouver juste après la note concernée, soit au-dessus ou au-dessous de cette dernière.

Une note dans une ligature peut être pointée. Le point se trouve le plus souvent au-dessus de la note concernée. Pourtant certains cas peuvent poser problème:

Le point modifie-t-il l'interprétation de la première ou de la deuxième valeur? Seule l'observation du contexte permet de déterminer si le point est placé à côté de la première valeur ou au-dessus de la deuxième valeur.