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Hermès philosophe - Théories et pratique de l'interprétation au temps des Lumières - 13 au 15 octobre 2016

Dans l’histoire de l’herméneutique moderne on voudrait que les Lumières fussent un temps faible: c’est qu’elles affaiblirent les prestiges de l’autorité des textes. Cette critique est partagée par les partisans de l’herméneutique phénoménologique d’inspiration heideggérienne (on pense surtout à Gadamer); on la trouve aussi chez Foucault. Elle court chez Ricoeur et chez le renouveau contemporain de l’herméneutique.

Or, exclure l’herméneutique des Lumières, c’est commettre une double méprise: d’une part, c’est ne pas comprendre comment s’articulent si bien herméneutique et critique qu’on pourrait compléter la formule de Kant – «notre siècle est vraiment le siècle de la critique» par: «notre siècle fut vraiment le siècle de l’herméneutique» (préface de la Critique de la raison pure, 1781); d’autre part, c’est ne pas comprendre le rapport des Lumières et des romantismes et s’interdire de comprendre ce que les unes et les autres entendirent par herméneutique. C’est surtout se tromper sur la raison des Lumières et l’horizon de la compréhension qu’elles déployèrent – à la fois critique et participative, la raison des Lumières est compréhensive. Son inquiétude se fait jour partout: les puissances de l’irrationnel. Faut-il se rendre aveugles, aujourd’hui, à une raison inquiète de son autre?

Encore faut-il chercher l’herméneutique là où elle s’est développée et non pas là où l’on sait qu’on ne la trouvera pas. Et si l’herméneutique moderne naissait moins de la canonisation de la littérature dont l’autorité remplacerait celle des Textes sacrés, que d’un nouvel horizon de la compréhension moins lié à l’autorité, mais à sa critique et au jeu des significations qu’elle permet d’ouvrir? Nous essaierons de comprendre comment les philosophes furent herméneutes et comment Hermès devint philosophe. Nous nous interrogerons frontalement sur l’herméneutique des Lumières.

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7 octobre 2016
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