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PROJETS DE RECHERCHE ACTUELS

Le Groupe d’Histoire des Organisations Internationales 

Le but de ce groupe est de fédérer les forces nombreuses mais dispersées à Genève autour de l'histoire des Organisations Internationales.

Dans un premier temps (année 2008-09), nous nous intéresserons principalement aux Organisations Internationales ayant leur siège et leurs archives à Genève. Le séminaire abordera en premier lieu des thématiques suffisamment larges et susceptibles de stimuler la discussion. Nous voulons commencer par donner la parole aux archivistes de ces organisations qui seront ainsi pleinement associés au projet.

Le séminaire veut également être une occasion utile pour les étudiants de master, de doctorat, pour les chercheurs (universitaires et indépendants) dont les sujets de recherche portent sur les organisations internationales de présenter leur travaux, qu'il s'agisse de ‘work in progress’ ou de projets avancés. Enseignants, chercheurs et archivistes seront vivement encouragés à participer activement aux débats informels qui suivront (les langues de travail seront le français et l'anglais). À plus long terme nous envisageons d'organiser un grand colloque international et à donner une visibilité et un rayonnement transnational et international à cette initiative.

Daniel Palmieri (CICR), Sandrine Kott (Université de Genève) et Davide Rodogno (HEID – septembre 2008) constituent le « steering committee » du groupe.

Sous la direction de Sandrine Kottt

Travail des femmes dans un monde en changement. Politiques de l'Organisation Internationale du Travail et travail des femmes (1948-1978). Projet de trois ans (août 2011- Août 2013)
Nora Natchkova, Céline Schoeni postdoc.

Le travail structure les sociétés occidentales et constitue un terrain majeur de la (re)construction et du maintien des inégalités entre les hommes et les femmes. Centré sur l'étude de l'un des acteurs majeurs de la régulation internationale du travail féminin au 20ème siècle - l'Organisation internationale du travail (OIT) -, le projet questionne, dans une perspective de genre, certains paradigmes établis de la recherche historique en matière de division sexuelle du travail et formule des nouvelles questions à l'histoire du travail comme à celle des organisations internationales.

La période retenue pour l'étude est tout à la fois celle des Trente Glorieuses et des débuts de la guerre froide (1948-1978). Elle constitue un moment où le maintien de la division du travail entre hommes et femmes et la détermination de normes sociales dites universelles en la matière constituent un enjeu majeur des rapports de forces politiques à l'échelle nationale et internationale.

Le projet mobilisera un corpus de sources riche et diversifié: les archives du Bureau international du travail (BIT), de l'Organisation des Nations Unies, de la Banque mondiale, de la Fondation Rockefeller, les archives nationales d'Argentine et des archives des organisations féminines et féministes internationales et de certains pays en particulier. Trois axes de recherche ont été définis afin d'appréhender dans leur complexité les enjeux liés à l'emploi féminin de manière globale entre 1948 et 1978.

  1. La recherche montrera dans un premier temps en quoi la politique de l'OIT en matière de travail féminin est intrinsèquement liée au nouveau contexte international, à travers l'examen systématique des projets, conventions et normes élaborés par le Service du travail des femmes et des enfants du BIT et les discussions auxquelles elles donnent lieu au sein de l'OIT.
  2. L'approche choisie reposera dans une deuxième phase sur une analyse des relations entre les principaux-ales acteurs-trices de la politique de l'OIT (représentant-e-s des gouvernements, organisations patronales et syndicales des pays membres; réseaux d'expertise du travail féminin; associations féminines et féministes organisées nationalement et internationalement).
  3. Dans une troisième phase, afin de comprendre quels sont les traductions concrètes des nouvelles prérogatives de l'OIT envers le travail féminin, nous analyserons le rôle spécifique attribué aux femmes dans le développement de l'assistance technique (autre appellation de "l'aide au développement") à partir du cas argentin.

Le projet vise à dépasser une certaine perspective trop étroitement nationale par le biais d'une approche d'histoire transnationale. La prosopographie des actrices clés dans le domaine étudié permettra en outre de combler les lacunes concernant le rôle des femmes sur les scènes nationales et internationales.

Sous la direction de Sandrine Kott

L'Emergence d'une Europe sociale entre 1919 et 1949, une approche transnational.
The emergence of a European social model (1919-1949); a transnational perspective.

Le projet étudie le rôle des acteurs internationaux (organisations internationales gouvernementales ou non) et nationaux dans l’élaboration de modèles d’action et de normes de référence qui ont contribué à dégager durant cette période un « modèle social européen ». Elle s’inscrit une historiographique qui souligne que la genèse des dispositifs de protection sociale nationale s’alimente des discussions et de la diffusion transnationale d’idées, de projets et de pratiques.

Notre problématique se caractérise par la volonté de comprendre les logiques institutionnelles, matérielles et humaines présidant à ces transferts d’expérience en exploitant la diversité des sources (publiées et non publiées) des organisations internationales et des ONG mais aussi de différents ministères nationaux. Elles doivent nous permettre de saisir les modalités d’élaboration de normes dénationalisées, potentiellement exportables dans l’ensemble de l’espace européen, et appropriées par différente autorités nationales. L’étude de ce triple mécanisme est au cœur d’une analyse qui vise à explorer les causes et les effets du processus de globalisation sur les conditions nationales d’élaboration de la gouvernance sociale durant l’entre-deux-guerres.

Ce projet porte une attention particulière aux processus constitutifs de cet échange international en s’attachant à étudier ceux qui le promeuvent et les lieux où ils se produisent (organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales, administrations nationales). Dans une perspective prosopographique, nous étudions les logiques de recrutement, de formation, et les parcours des experts et fonctionnaires au sein des organisations transnationales et des espaces nationaux. Mais nous livrons également une analyse des programmes qu’ils élaborent et du langage commun qu’ils utilisent pour les diffuser dans trois domaines privilégiés : assurance-chômage, assurances sociales et politiques de l’enfance. Nous nous interrogeons sur la constitution de « communautés épistémiques » transnationales dans le domaine de la protection sociale.

L’efficacité de cette démarche exige une variation des échelles d’observation. On s’attache ainsi à conjuguer une analyse des organisations étudiées, des projets débattus et des réseaux d’acteurs construits pour les diffuser et une étude approfondie des interactions existants entre ces laboratoires transnationaux et les terrains nationaux. En croisant l’étude de thématiques importantes sur lesquelles les acteurs internationaux ont tenté d’élaborer de nouvelles normes de gestion et de régulation sociales et l’analyse d’un cas spécifique (la politique sociale britannique et ses surfaces de contact avec les organismes transnationaux) on se donne les moyens d’étudier précisément les modalités de construction de ces laboratoires transnationaux du social comme les effets des programmes qui y sont élaborés.