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Projets de recherche

Sous la direction de Michel Porret (depuis 2010):

Fabrique des Savoirs. Acteurs de la fabrique des savoirs et construction de nouveaux champs disciplinaires.

FNS, programme sinergia (CRSII1_127576), 2010-2013.
L'évolution des savoirs liés à la connaissance des sociétés est une donnée constante de la vie scientifique, intellectuelle et académique. Ce projet de recherche inter-facultaire sur l’histoire de la culture scientifique financé par le FNS que pilote Michel Porret principal requérant avec cinq collègues de l’UNIGE permet de financer une quinzaine de jeunes chercheurs en science humaines (notamment des CANDOC). Ce projet évalue l'historicité de ces mutations et leur impact dans la construction sociale et institutionnelle de champs disciplinaires liés à des formes de modernité dans la pratique des savoirs considérés et dans leur usage aussi par les experts au service de l'État. Ce programme de recherche historique interroge la notion même de savoir, les pratiques effectives de ses constructions, le rôle social et institutionnel des acteurs individuels et collectifs, le renouvellement des disciplines.

Depuis le 1er janvier 2010, 6 équipes de recherche de l'UNIGE, issues de 3 facultés différentes, travaillent ensemble sur la thématique de la Fabrique des savoirs. Une première équipe (Philippe Borgeaud: Daniel Barbu, Mélanie Lozat, Nicolas Meylan, Anne-Caroline Rendu Loisel et Christian Grosse, Francesca Prescendi, Marc Kolakowski) travaille sur le problème de La construction d'une mémoire religieuse à l'histoire des religions. La seconde équipe DAMOCLES implantée dans le Département d’histoire générale (Michel Porret, Fabrice Brandli; Flavio Borda d'Agua et Sonia Vernhes-Rappaz) étudie les Normes judiciaires, médico-légales et policières au temps des Lumières. Des savoirs diffus aux savoirs constitués. La troisième équipe ERHISE (Rita Hofstetter, Bernard Schneuwly, Valérie Lussi Borer, Véronique Czaka, Blaise Extermann, Béatrice Haenggeli-Jenni, Sylviane Tinembart, Selma Avdic, Freymond) travaille sur La fabrique des savoirs dans le champ pédagogique 19e-20e siècles. La quatrième équipe, Marc Ratcliff et Jonas Hauert, travaille (CANDOC) sur L'École de Genève. La construction du champ psychologique entre divergence et unité 1875-1975. Les cinquième (Kristine Bruland, Kristin Ranestad, Sylvain Wenger) et sixième équipe (Jan Lacki et collaborateurs) travaillent respectivement sur L'histoire institutionnelle et sociale des sciences physiques théoriques (Suisse romande, 1870-1970) et sur le problème de Créer et utiliser des 'savoirs utiles' dans les petites économies européennes en voie d'industrialisation. Le séminaire de recherche sinergia du vendredi a notamment accueilli cette année : 8 octobre: Eric Brian (EHESS) ; 12 novembre: Dominique Pestre (idem), ; 6 mai: Vincent Barras (UNIL) ; 16 mai: Christian Jacob (CNRS); 10 juin: François Caron (Paris IV). En raison des premiers résultats de ce projet collectif, le projet sinergia Fabrique des savoirs a été reconduit pour une seconde année.

Collaborateurs de l’équipe Damoclès:
Fabrice Brandli, Flávio Borda d'Agua, et Sonia Vernhes-Rappaz

Sous la direction de Christian Grosse et de Michel Porret (2003-2007)

Pacifier les conflits hors du droit de punir: pratiques et rituels de régulation sociale à l'époque moderne. Le cas de la Suisse réformée et francophone (XVIe-XVIIIe siècle).

Projet financé par le Fonds national de la recherche scientifique: FNS 101411-100228.

L'objet de ce projet consiste à examiner les modalités para-judiciaires de régulation des conflits familiaux et sociaux (arrangements amiables, compromis, arbitrage, conciliation, médiation...), mises en oeuvre à l'époque moderne. Il adopte à la fois une perspective comparatiste en s'étendant sur trois régions romandes (Genève, Lausanne, Neuchâtel) et diachronique, en analysant l'évolution des rapports que ces modalités entretiennent avec le mode judiciaire de règlement des conflits du XVIe au XVIIIe siècle. Cette recherche s'adosse à une historiographie qui a découvert, il y a un peu plus de vingt ans, l'existence d'une série de pratiques - qualifiées dès cette époque d'«infrajudiciaires» - visant au règlement des litiges hors des procédures judiciaires. Depuis cette découverte, cette historiographie s'est étoffée, principalement grâce à des monographies et à des tentatives de problématisation : aucune synthèse de ces travaux n'a cependant paru à ce jour. De ce fait, cette recherche se propose dans un premier temps de produire une synthèse de cette historiographie. Dans un second temps, elle veut exploiter les registres des Consistoires, ces organes disciplinaires des Eglises réformées, qui fonctionnaient comme instances de pacification et de réconciliation. Les Consistoires consacrant entre un tiers et la moitié de leur activité au règlement des conflits sociaux, leurs registres offrent un accès exceptionnel à une pratique qui, de nature généralement orale, n'a laissé que très peu d'archives. Alors que la résolution des conflits par voie de médiation connaît aujourd'hui un engouement sans précédent, dont témoignent régulièrement les quotidiens, ce projet tente de replacer ce phénomène récent dans une perspective historique de longue durée.

Collaborateur:
Salomon RIZZO