Unité d'histoire moderne

Thèses

THESES en cours

BORDA D'AGUA Flavio
Thèse en cours :
Quadriller la ville: normes et pratiques de la police à Lisbonne au siècle des Lumières.


VERNHES RAPPAZ Sonia
Thèse en cours :

Qualifier le crime, motiver la peine, réguler l'inquisitoire: les "Avis de droit" dans la République de Genève (XVIe siècle)


Thèses soutenues


FONTANA Vincent 
Sous la direction de Michel Porret, septembre 2016:

Eclairer le crime". Lois, institutions, acteurs et pratiques de l'enquête judiciaire de l'Ancien Régime à la Restauration (1782-1832): le cas genevois.
Jury: Andreas Würgler (président, UNIGE), Pierre Karila-Cohen (Université de Rennes 2); Vincent Milliot (Université de Caen); Daniel Roche (Collège de France); Elio Tavilla (Università di Modena e Reggio Emilia), 17 septembre 2016.


MAUGUÉ Ludovic
Sous la direction de Michel Porret, juin 2016:
Crime, justice et société dans le département du Léman (1798-1813) : modèles, doctrines et pratiques.
(Directeur de thèse: Michel Porret, Composition du jury. Christoph Conrad, Michel Porret, Frédéric Chauvaud, Vincent Milliot, Dr Falk Bretschneider, Robert Roth).


GROSS Geneviève
Sous la direction de Irena Backus, décembre 2012:
Pratique du ministère et terrains d'activités de deux acteurs de la Réforme : Jean Raymond Merlin (1510-1578) et Jean Le Comte de la Croix (1500-1572).


GUILLAUME Garnier
Sous la direction de Michel Porret, octobre 2011:

L'oubli des peines. Dormir et rêver de 1700 à 1850: pratiques, perceptions et conflits.


SPINELLI Isabella
Thèse soutenue en 2013/2014 :
Il Clero davanti alla Giustizia (secoli XVI-XVIII). L'esempio dei balliaggi italiani della diocesi di Como.


BRANDLI Fabrice 
Sous la direction de Michel Porret, juin 2010:
Un nain est aussi bien un homme qu'un géant". Les relations diplomatiques entre la France et Genève au XVIIIe siècle, culture politiques et modalités de la représentation.
(Directeur de thèse : Michel Porret, Jury : Bronislaw Baczko, Marc Belissa, Dino Carpanetto, Gabriella Silvestrini, Président du Jury : Wladimir Berelowitch).

Depuis l’établissement de la résidence de France à Genève, en 1679, jusqu’à l’annexion de la petite République lémanique à la Grande Nation, en 1798, il s’agit de penser les pratiques de la diplomatie comme l’expérience sociale et politique de l’altérité entre le fort et le faible.

Comment la France, principale puissance continentale, peuplée d’environ 25 millions de sujets, modèle par excellence de la monarchie absolue de droit divin, la France de la révocation de l’Édit de Nantes (1685), entretient-elle des relations diplomatiques permanentes avec la République de Genève, cité-État identifiée au protestantisme réformé, espace frontalier morcelé sur moins de 9'000 hectares, renfermant à peine 30'000 habitants au plus fort de son développement démographique ? Les Révolutions française et genevoise modifient-elles la nature et le déroulement des rapports entre les deux États ? Quelle diplomatie est-il possible d’instituer lorsque les parties contractantes présentent au premier regard de telles différences en termes de régime de gouvernement, de culture politique et d’identité confessionnelle ?

Pour répondre à ces questions, l’analyse systémique des relations diplomatiques entre la France et Genève, soucieuse de leur donner sens à l’aune de l’ordre européen, se double d’une attention toute particulière à la dimension interpersonnelle de la diplomatie d’Ancien Régime. L’interprétation se construit à partir de notions telles que la sociabilité, l’interconnexion concurrentielle des réseaux sociaux ou encore la culture politique des agents de la diplomatie en renonçant à une division trop abstraite entre espace public et espace privé. A l’histoire politique et juridique des relations diplomatiques franco-genevoises s’ajoute une histoire culturelle des pratiques de la diplomatie attentive, notamment, aux modalités cérémonielles de la représentation.


CICCHINI Marco 
Sous la direction de Michel Porret, mars 2010:
La police de la République. Construire un ordre public à Genève au XVIIIe siècle .
(Directeur de thèse : Michel Porret, Jury : Livio Antonielli, Vincent Milliot, Daniel Roche, Xavier Rousseaux, Président du Jury : Christoph Conrad).

Centrée sur le cas de la République de Genève, cette thèse s’intéresse à l’institutionnalisation et à l’étatisation des relations de pouvoir en étudiant l’évolution des conceptions et des pratiques de police au XVIIIe siècle. Dans la théorie classique, la police est une pratique de gouvernement aux compétences très larges qui s’érige en pivot de l’ordre social ayant pour ambition de régler les comportements quotidiens en matière d’approvisionnement en vivres, de voirie, de sûreté, de santé, de morale, de commerce ou de travail. Au cours du XVIIIe siècle, la dimension gouvernementale – voire pastorale – et généraliste de la police s’estompe au profit d’une dimension plus étroitement sécuritaire et pénale. République urbaine au ressort limité, Genève est un observatoire fécond de cette importante reconfiguration policière et de ses multiples facteurs. Sur une échelle réduite, et grâce à de riches fonds d’archive, se lit ainsi l’évolution des équilibres institutionnels, entre recomposition des priorités administratives, nouvelles exigences en matière de justice pénale et affirmation du pouvoir militaire.

La thèse est divisée en quatre parties. Dans la première sont étudiées les normes de police, à travers les dynamiques de leur élaboration, leurs modes de diffusion et les conditions de leur application. Cette approche d’ensemble permet d’identifier un régime d’action pluriel de l’économie normative, entre volonté de socialiser la population, de prévenir les dangers et de réprimer les comportements. La seconde partie se focalise sur le Tribunal du lieutenant, en insistant sur le statut et les fonctions de ses acteurs principaux (lieutenant, auditeurs). Le Tribunal du lieutenant est un élément essentiel de l’armature institutionnelle de la République et l’exercice de la police, pour les auditeurs, est un apprentissage du gouvernement de la cité. Dès 1750, sous une rigidité et continuité institutionnelle apparente, émerge, aux côtés des magistrats, un personnel subalterne mieux encadré (notamment des huissiers), appelé à étendre l’action de la police et à renouveler les modes opératoires, alors que les priorités gouvernementales évoluent en faveur d’une politique de sécurité. La troisième partie aborde la place de la force physique dans les pratiques de police. Elle montre comment l’enracinement de la garnison dans le paysage institutionnel et politique de la République, dès la fin du XVIIe siècle, accroît la présence des militaires dans les interventions de police et du maintien de l’ordre. Si les soldats deviennent des acteurs ordinaires du travail police, c’est moins par la volonté propre de leurs officiers, que par les attentes des édiles et de la magistrature, désireux de renforcer par la force les contrôles du territoire et l’exercice de la justice pénale. La dernière partie examine l’évolution des techniques et des pratiques policières, tels que les instruments de l’identification des personnes, du numérotage des maisons, de la gestion des foules, de l’éclairage urbain, des patrouilles secrètes de police. Ces différentes techniques de gouvernement évoluent, entre 1730 et 1780, aux croisements des exigences institutionnelles de la magistrature et des officiers militaires, mais aussi des attentes de la population. Les instruments du contrôle se développent parallèlement à la modification des équilibres sociaux dans la République et à la fragilisation des interconnaissances, d’une part, et, d’autre part, à l’essor des espaces de sociabilité dans la cité.

En étudiant les relations institutionnelles, sociales et politiques qui se nouent autour et dans les pratiques de police, ce travail met en exergue les questions et les tensions qui sont à l’origine de notre modernité politique et policière. Dans leurs efforts pour définir les actions nécessaires et légitimes de l’ordre public, les acteurs en présence font l’expérience inaugurale des difficultés et des contradictions qui n’ont jamais cessé de tarauder les sociétés modernes, entre respect des libertés et volonté de contrôle, entre garantie de la légalité et extension des pouvoirs. La police de la République livre la trame d’un ordre public qui n’est jamais que le résultat d’un consensus provisoire, toujours menacé, toujours fragile, qui nécessite d’être sans cesse repensé pour s’adapter à des attentes plurielles.


CHAZALON Christophe
Sous la direction de Irena Backus, mars 2009:
Les imprimeurs Jean de Laon actifs à Genève dans la seconde moitié du XVIe siècle.


VAUFREY BRIEGEL Françoise 
Sous la direction de Michel Porret, mai 2008:
Négocier la défense: les plaidoiries criminelles au siècle des Lumières à Genève.
Au cours du  siècle des Lumières, la République de Genève connaît de nombreux changements qui touchent les lois et les pratiques judiciaires. Dès 1734, les normes pénales légalisent l'avocat de la défense. Celui-ci peut consulter les pièces de la procédure, afin de rédiger une plaidoirie défensive qu'il présentera au moment de l'audience de jugement. Dans le plaidoyer, l'avocat convoque des circonstances atténuantes qui sont motivées juridiquement afin d'obtenir la clémence des juges: il brosse le portrait d'un prévenu qui n'est pas "responsable" du délit dont on l'accuse.
Or la défense n'est pas le seul article de loi en faveur des accusés. En effet, la République octroie des droits de plus en plus faborables aux accusés, jugés pour crimes graves. Ces nouveautés procédurales confèrent à la cause une publicité accrue au fil du siècle. Toutefois, malgré ces garanties, seuls quelques accusés usent de leur droit à la défense. Les pratiques judiciaires dans la République signalent que des transactions entre le tribunal, l'accusé ou sa famille sont engagées afin d'éviter que l'affaire criminelle ne connaisse une publicité malvenue: la défense devient alors un objet de négociation, susceptible de modérer la sentence. 


GIACOMINI Giulia
Sous la direction de Pitassi / Barras, novembre 2008
Gli imprudenti limiti della ragione helmontiana.


VIAL-BERGON Laurence
Sous la direction de Maria-Cristina Pitassi, février 2001:
La correspondance de Charles François de la Bonde d'Iberville, résident de France à Genève. Les années 1688-1690.


PORRET Michel
Sous la direction de Baczko B. et Favez J.-Cl., juin 1992:
Le crime et ses "circonstances". Punir à Genève au 18e siècle: institutions, discours, pratiques.