Unité de grec moderne

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Depuis le décès prématuré de sa responsable Anastasia Danaé Lazaridis en février 2017, l’Unité de Grec moderne de l’Université de Genève ne dispense plus un cursus d’études néohelléniques complet, la formation désormais proposée se limitant au niveau du baccalauréat universitaire (BA). Toutefois, la pluridisciplinarité de l’enseignement permet d’assurer une approche large et solide aussi bien de la langue grecque moderne que de la littérature, l’histoire et la culture du pays.

Sans négliger la continuité de la langue grecque à travers les millénaires, qui en fait le vecteur de la pensée antique, des débuts de l’ère chrétienne, de la civilisation byzantine, des Lumières et des idées qui aboutirent à la formation de l’État grec dès 1827, puis de l’éclosion de la modernité à l’aube du XXe siècle, l’enseignement se concentre sur le grec parlé et écrit aujourd’hui – issu de plus d’un siècle de débats enflammés sur la langue – comme clé d’accès à la culture et l’histoire contemporaines de la Grèce.

La formation proposée s’articule selon quatre axes :

  • L’apprentissage de la langue ne requiert pas de connaissances préalables mais permet une bonne maîtrise du grec tant à l’oral qu’à l’écrit. L’acquisition des outils de communication est complétée par des cours d’histoire de la langue, selon une double approche fondée tant sur l’évolution diachronique du grec que sur la géolinguistique et la dialectologie en relation avec les langues balkaniques et méditerranéennes.

  • L’étude de la littérature, abordée à partir des premiers textes en « langue populaire » du XIIe siècle, porte principalement sur les XIXe, XXe et XXIe siècles. Elle allie histoire littéraire, analyse attentive des œuvres à travers le prisme de l’expression linguistique, de la théorie littéraire et des courants de pensée – avec un point de vue comparatiste sur les autres littératures – ainsi que ce mode de lecture « active » qu’est la traduction, dont le séminaire de version offre les premiers rudiments. Cette initiation aux richesses de la littérature grecque moderne, honorée par deux prix Nobel décernés aux poètes Georges Séféris en 1963 et Odysséas Elytis en 1979, souligne aussi son exceptionnelle vivacité contemporaine, insufflée par une pléiade d’auteurs souvent très avant-gardistes parmi lesquels la présence féminine n’est pas des moindres. L’accent est mis également sur l’interdépendance entre le phénomène littéraire et le devenir du pays, illustrée par de nombreux écrivains et artistes jouant un rôle majeur dans les débats idéologiques, intellectuels et esthétiques qui sous-tendent depuis deux siècles la vocation européenne de la Grèce.

  • L’histoire de la Grèce moderne, tout comme l’histoire de la langue, est étudiée à la fois sous l’angle diachronique – de la période qui a précédé et préparé la guerre d’Indépendance de 1821 aux évolutions les plus récentes qui secouent ce début de XXIe siècle – et d’un point de vue synchronique, avec une ouverture sur l’espace balkanique et méditerranéen.

  • Intrinsèquement liées à ces trois axes de l’enseignement, la civilisation et la culture néohelléniques sont envisagées selon une approche plurielle joignant à la documentation par les textes d’actualité – essais, chroniques et articles et de presse – la dimension esthétique : histoire de l’art, architecture, musique, photographie, cinéma…

L’Unité de Grec moderne, par ses enseignements et ses activités de recherche, mais également à l’occasion de conférences, de séminaires-débats et de rencontres avec des auteurs ou des spécialistes de domaines variés, assure un début de formation qui touche aux principaux champs de recherche des études néohelléniques. Elle offre la possibilité aux étudiant-e-s d’appréhender la complexité du monde grec actuel – tesselle non négligeable de la mosaïque européenne, dont la compréhension demeure un défi permanent – afin qu’ils puissent ultérieurement, dans une université hors de Suisse dispensant un cycle d’études néohelléniques complet, poursuivre leur cursus en vue de l’obtention d’une maîtrise (MA) et, pour les néohellénistes du futur, d’une thèse de doctorat.