Curzio Chiesa, né le 5 novembre 1953, avait étudié la philosophie à Genève, Paris et Cambridge. Il avait, en 1976, obtenu la licence spéciale de philosophie à l’université de Genève, pour un mémoire intitulé : « Forme et Instrument. La question du signe chez Jean de Saint Thomas » sous la direction du prof. André de Muralt. En Sorbonne, il avait soutenu un diplôme d’études approfondies, sur le thème : « Science grammaticale et philosophie du signe dans la Grammaire Spéculative de la fin du XIIIe siècle » sous la direction du prof. Maurice de Gandillac (Paris I Panthéon-Sorbonne). Assistant au Département de Philosophie de la Faculté des Lettres de l’Université de Genève (1978-1984), il y avait préparé une thèse de doctorat, « Sémiosis. Essai sur les théories du signe linguistique de Platon et d’Aristote », brillamment soutenue en 1984 devant un jury composé de MM. les prof. André de Muralt, (directeur de thèse), Henry Joly, président du jury, Jacques Bouveresse et Jacques Brunschwig, et publiée en 1991, dans une version remaniée, sous le titre de Semiosis — Signes — Symboles (Berne, Peter Lang). Maître-assistant au Département de Philosophie, de 1984 à 1989, « Visiting Scholar » à l’Université de Cambridge, Facultés de Philosophie et de « Classics », en 1989-1990, Curzio Chiesa, était depuis lors maître d’enseignement et de recherche en philosophie ancienne et médiévale à l’université de Genève.
La diversité de ses intérêts, l’étendue de sa culture philosophique, littéraire et artistique, sa grande ouverture d’esprit, son extrême générosité intellectuelle, sa constante disponibilité pour les étudiants, sa conscience professionnelle et son exemplaire dévouement en faisaient un collègue estimé et un enseignant recherché, dont on ne laissait pas de solliciter l’avis ou le conseil.
En dehors de ses activités pédagogiques — et d’alpiniste (il avait fait l’ascension du Mont-Blanc en 2005) —, Curzio Chiesa jouait un rôle majeur dans la vie philosophique suisse, et au-delà : secrétaire (1980-1989) puis président (1989-1992) du Groupe genevois de la Société Romande de Philosophie, qu’il continuait fidèlement à animer ; responsable du Centre Romand de la Bibliographie de la philosophie publiée par l’Institut International de Philosophie (1983-1993) ; membre du Comité international de la revue Histoire, Epistémologie, Langage (HEL), publiée par la Société d’Histoire et d’Epistémologie des Sciences du Langage à Paris (1986-1992) ; membre fondateur de la Société Platonicienne Internationale; il était aussi co-éditeur de Studia philosophica, l’Annuaire de la Société Suisse de Philosophie. Expert en philosophie ancienne, en philosophie médiévale, en philosophie du langage, d’Aristote à Chomsky, Curzio Chiesa savait, comme philosophe, sortir des limites de sa spécialité. Il avait ainsi créé et dirigé en 2007 un groupe de recherche soutenu par le FNS intitulé Identité, corps, sujet, et menait une réflexion éthique, aux confins de la philosophie, de la bioéthique, et de la politique, dont témoigne, notamment, la dernière livraison de l’Annuaire, intitulée: Aux limites de la condition humaine. Santé, justice, pouvoir (vol. 70, 2011).
Le département de philosophie de l’université de Genève, ses nombreux amis de la Faculté des Lettres, enseignants et étudiants, ses anciens collègues, en Suisse, en France, en Italie, s’associent à la douleur de ses proches, de son épouse Daniela et de ses enfants Sebastiano et Sarah.
Dernière mise à jour: 19 Sep 2012 15:33:06.
Webmestre et contacts
© 2006-2013 Département de philosophie, Université de Genève, sauf mention contraire.